Vendredi 6 novembre 2009

Valérie Pécresse, chef de file de l'UMP pour les régionales en Ile-de-France, a dénoncé vendredi le "pauvre bilan" du président (PS) de l'exécutif francilien Jean-Paul Huchon, en matière de logement, et fait des propositions. "La région ne construit pas assez de logements: il en faudrait 35.000 de plus par an", affirme dans un communiqué la ministre qui a tenu vendredi une convention régionale sur le logement au Plessis-Robinson dans les Hauts-de-Seine. "Les premières victimes de l'immobilisme de la gauche, ce sont les classes moyennes : trop riches pour le parc social, trop pauvres pour le parc privé", a-t-elle dit. "Toujours rien pour les personnes à mobilité réduite", ajoute Mme Pécresse qui souligne l'insuffisance des 447 logements adaptés depuis 2004. "Toujours rien pour les jeunes", "rien pour les seniors" avec une pénurie de places dans les établissements, ou "pour les familles" qui ne bénéficient d'aucune "aide régionale pour l'accession à la propriété", selon Mme Pécresse. Elle propose de construire "70.000 logements par an", avec une aide financière de la région en direction des communes "qui construisent en favorisant la mixité sociale et l'habitat durable". La candidate UMP préconise également un plan "1er logement" pour les jeunes Franciliens, qui vise à "doubler" le nombre de logements étudiants, et à ouvrir ces logements "aux apprentis". Elle veut aussi créer des "résidences de personnes âgées en centre ville". Il faut "favoriser l'accès à la propriété en versant une prime à toutes les familles qui bénéficient d'un prêt à taux 0", ajoute Mme Pécresse. L'UMP entend par ailleurs "conditionner le financement des logements sociaux au respect des normes Haute Qualité Environnementale" et "doubler le nombre d'éco-quartiers d'ici 2014". Elle veut aussi "mobiliser tous les espaces disponibles : terrains militaires (Taverny), friches industrielles (Aubervilliers), voies ferrées désaffectées (Batignolles), et les fleuves pour des résidences flottantes".

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Vendredi 6 novembre 2009
Vinci a remis mercredi au ministère de l'Ecologie son offre finale pour la réalisation et l'exploitation de la liaison CDG Express, qui doit relier Paris à Roissy, ont indiqué vendredi le ministère et le groupe de BTP et de concessions, confirmant une information du magazine Ville, Rail et Transport. Le magazine indique que Vinci doit encore "obtenir la validation de son pool bancaire", ce que n'a pas voulu confirmer le groupe. Après analyse de l'offre, le gouvernement doit établir un contrat de concession, qui, après le passage devant le Conseil d'Etat, doit être signé au début 2010, a précisé le ministère de l'Ecologie. Les négociations ont été lancées en juillet 2008, avec à l'époque l'objectif d'une mise en service vers 2014. Celle-ci ne devrait pas intervenir avant 2016, dit-on désormais au ministère. Vinci était le seul candidat en lice pour réaliser et exploiter cette liaison ferroviaire directe entre la Gare de l'Est à Paris et l'aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy. De nombreux experts jugent cette réalisation risquée pour le concessionnaire, dans la mesure où elle doit se faire sans subvention publique, mais où les trains du CDG Express seront obligatoirement tirés par des locomotives SNCF. Cette liaison doit être en outre en concurrence avec le RER B prochainement rénové et sans doute avec le métro régional voulu par Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au Développement de la région capitale.

AFP 06/11/09
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Vendredi 6 novembre 2009

L'ex-secrétaire d'Etat André Santini et le Nouveau centre ont présenté vendredi les 50 mesures de leur "projet" pour l'Ile-de-France, où M. Santini envisage de conduire une liste indépendante au premier tour des régionales en mars 2010. La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, chef de file UMP pour les régionales en Ile-de-France, a cependant déclaré mercredi avoir "très bon espoir" de parvenir à une liste unique UMP-Nouveau Centre. En attendant, le Nouveau Centre a présenté son programme en souhaitant "dépasser l'opposition stérile entre Etat et Région sur le Grand Paris", évoquant une "Grande Ile-de-France", en préambule aux 50 mesures. Le Nouveau centre évoque la création d'un "Pass Francilien" pour payer l'ensemble des transports en commun en Ile-de-France et les parkings. Le Nouveau Centre veut aussi créer deux zones de tarification, étendre les horaires de nuit aux RER et transiliens, la gratuité des parkings à proximité des principales gares et la gratuité des transports en commun pour les enfants jusqu'à 6 ans. Pour le logement, il propose un "syndicat régional du logement", opérateur unique du logement en IdF qui pourrait mener une vaste opération d'acquisition du foncier. Est aussi envisagé le doublement du nombre de places en crèches, des colocations pour étudiants dans led parc social public. Le Nouveau Centre propose d'imposer 40% de bio dans l'alimentation, faire de l'IdF la première région d'Europe pour la production d'une énergie renouvelable. Il propose aussi la création d'un service régional de l'emploi des jeunes, et pour les entreprises une refonte des systèmes d'aide existants. Enfin, il souhaite "contenir les dépenses de fonctionnement du conseil régional afin de maîtriser la fiscalité régionale".

AFP I PARIS, 6 nov 2009 - 18h51

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Vendredi 6 novembre 2009
Tribune libre de Paul Chemetov

Dans un article récent, Jean Nouvel décrivait la succession des méandres dans lesquels s'étaient ensablés les projets de la consultation internationale sur la métropole parisienne. Entre le discours inspiré du président de la République sur la colline de Chaillot pour l'inauguration de l'exposition du Grand Paris et son avatar actuel : le "grand huit", les grands gestes architecturaux et le grand Monopoly pour financer le tout, les mirages annoncés se sont dissipés.

Faudrait-il changer un secrétaire d'Etat qui n'aurait pas compris le message présidentiel ? Le changer ou le supprimer, non l'homme mais le poste ? En effet, si tous se plaisent à souligner le bon fonctionnement des métropoles provinciales, est-ce en nommant un gouverneur du Grand Paris, un résident comme s'il s'agissait d'une île des DOM-TOM d'avant la départementalisation, que l'on donnera un lendemain au projet métropolitain ?

L'intitulé même de la fonction : secrétaire d'Etat pour la Région capitale montre qu'il faut, a minima, rassembler trois volontés, celles de l'Etat, de la région, de la capitale et de leurs élus, pour provoquer le consensus nécessaire à tout projet et singulièrement à ce projet.

Car sinon, la désignation d'un ministre pour une seule ville, une seule agglomération, une seule région, voudrait dire un régime d'exception sans égal dans aucune démocratie en Europe.
Tirer la synthèse des travaux

Christian Blanc qui négocia avec habileté les accords de Nouméa serait parfait pour construire le consensus nécessaire à un tel projet, s'il voulait tirer la synthèse des travaux exposés à la Cité de l'architecture, et surtout des milliers de pages, de plans et de schémas qui les ont accompagnés, fruit du travail de plus de 500 chercheurs et praticiens de toutes disciplines.

Certes, ils n'ont travaillé que moins d'une année, mais avant de réduire, par la méthode Jivaro, leur apport à un tube automatisé de 130 km passant sous et au-delà des problèmes et des hommes du cœur de la métropole, un périphérique de très grande volée en quelque sorte, il faudrait les entendre, les lire, les écouter. Le monde de demain, ce n'est pas le monde d'avant les crises économiques et écologiques, prolongé sur son erre et ses errements, c'est un autre monde, dont la capacité d'action réside avant tout dans la transformation de l'existant par l'ajout d'implants neufs. Il faut voir ce qu'il y a de mobile dans l'existant et le mettre en mouvement.

Quelle est la synthèse que l'on peut dès à présent dégager du travail des équipes consultées ? Je peux en témoigner puisqu'avec Michel Lussault, géographe et universitaire, j'ai présidé le conseil scientifique de la consultation. L'Atelier du Grand Paris que réclame Jean Nouvel et que je posais comme condition à toute issue positive des travaux engagés doit rassembler certes les dix équipes, mais aussi les élus de la Métropole, l'Apur (Atelier parisien d'urbanisme) et l'Iaurif (Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France), la Diact (délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires) et évidemment l'Etat.
Remédier aux maux

Si le temps historique de la transformation des villes est long, le temps des humains, celui des passagers harassés de la ligne 13 et des RER, ceux des exilés, captifs dans les fins fonds de la Seine-et-Marne, ceux des isolés dans des territoires exclus de la métropole et pourtant situés à quelques kilomètres de la capitale, se compte en semaines, en mois, en années. A leurs maux, il faut remédier dans l'urgence.

La question urbaine est la question politique centrale de notre temps. Peut-on l'administrer comme un protectorat ou doit-elle être la question même qui sous-tend la vie politique, l'engagement des élus, l'intervention des citoyens.
Car, avant toute chose, vouloir relier les Hauts-de-Seine à Roissy, projet certainement utile, est-ce vraiment anticiper les évolutions du trafic, et les conséquences de la crise écologique : combien de tonnes de CO 2 produit un vol transatlantique ? L'avenir des transports est terrestre et maritime. Et la nouveauté en France, et demain en Europe, c'est tout de même les TGV qui ont changé la carte de la France et son espace-temps.

L'interconnexion des TGV entre Massy, Chessy et Roissy est certainement prioritaire, comme l'ouverture de nouvelles lignes, celle du Havre en particulier, mais tout autant Lyon-Turin, une voie plus courte vers l'Angleterre et le tunnel transmanche, les liaisons vers Barcelone ou Francfort. Est-ce parce que Christian Blanc présida Air France et la RATP qu'un tube vers un aéroport est son seul souci ?

Le projet du "grand huit" a un autre défaut, il étend les territoires de la métropole, car son économie même est basée sur les plus-values foncières escomptées au nord comme au sud. Pour reprendre la forte formule de Jean Nouvel, "étendre la ville (à l'heure de l'après-Kyoto) est aujourd'hui criminel pour notre descendance". Rappelons que la chenille spéculative du "grand huit" voudrait dire l'urbanisation de terrains grands comme quatre fois la surface du Paris intramuros.
Relever les défis

Quels sont les défis réels qui doivent être relevés pour assurer la compétitivité parisienne ?

- 1. Enrayer la stagnation démographique et pour cela éviter le départ des familles avec enfants, éviter le départ des jeunes retraités. Pour y répondre, construire en quantité des logements au plus près des transports et des services actuels. Le président de la République parlait de 70 000.

- 2. Mailler les transports existants, en commençant par les liens de banlieue à banlieue, car c'est ainsi que l'on peut remédier à la profonde inégalité des territoires, des poches de pauvreté et de richesse qui s'installent et se renforcent, de la difficulté d'accès aux bassins d'emploi, de la dévalorisation de fonciers pourtant déjà équipés en partie. Il est peu admissible qu'il faille 1 h 40 pour relier Clichy-sous-Bois au centre de Paris et trois fois moins pour atteindre la même distance dans l'Ouest parisien. L'équipe Secchi estimait qu'il manque à ce jour 600 km de lignes de tramway.

- 3. Cesser d'épurer par le haut - la formule est de Guy Burgel - les activités métropolitaines. Toujours plus d'emplois dans les technologies de pointe et les secteurs intellectuels supérieurs et aucune offre dans la production matérielle ; la dévalorisation corrélative de la force-travail conduit à un chômage structurel, à une perte de pouvoir d'achat qui rend impossible la solvabilité recherchée pour les logements qui manquent.

- 4. Equiper massivement ; il manque des équipements métropolitains dans Paris même et que dire des pôles de la périphérie ! Equiper, c'est vrai pour l'enseignement et la formation, pour le commerce et la culture de proximité au détriment des hypers et des multiplexes de rase campagne.

- 5. Enfin, favoriser l'agriculture vivrière de proximité et planter de la biomasse. Le groupe Descartes a calculé que la seule reforestation des aires inconstructibles de Roissy ferait baisser de 2° la température de la métropole.

Pour tout cela, il faut de l'argent. Beaucoup d'argent. On est loin des vingt milliards estimés du seul "grand huit". Il faut pouvoir - si la France veut garder à sa capitale son rang mondial - investir cent milliards en dix ans. C'est beaucoup, cela suppose les apports du public et du privé, cela prend en compte des sommes déjà budgétées et planifiées par toutes les collectivités, mais c'est moins, pour la part de l'Etat, que la somme des avantages fiscaux accordés successivement à divers groupes de pression, sans aucune retombée économique.

Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment I 06/11/09
Par Association Grand Paris - Publié dans : Débat sur le Grand Paris
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Jeudi 5 novembre 2009
L'assouplissement de la carte scolaire, instauré à la rentrée 2007, renforce la ghettoïsation des collèges "ambition réussite", ces établissements scolaires dont les élèves cumulent les difficultés sociales et scolaires. C'est ce que souligne un rapport de la Cour des comptes présenté mardi 3novembre devant la commission des finances du Sénat.
C'est au détour d'une enquête sur les dispositifs éducatifs dans les quartiers sensibles que les rapporteurs de la Cour ont découvert un phénomène de renforcement de la ghettoïsation des établissements difficiles, conséquence de l'assouplissement de la carte scolaire. Nombre d'observateurs s'en doutaient, mais personne ne pouvait en apporter la preuve, le ministère de l'éducation nationale refusant de communiquer sur le sujet. Désormais, une première indication chiffrée existe.

Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, sur un total de 254collèges "ambition réussite", 186 ont perdu "jusqu'à 10%" de leurs élèves du fait de la réforme de la carte scolaire voulue par Xavier Darcos.

Alors ministre de l'éducation, il avait jugé que la carte scolaire, qui affecte un élève dans un collège ou un lycée en fonction de son lieu de résidence, "n'assure plus l'égalité des chances et ne répond plus aux attentes des familles", car elle est "régulièrement contournée".

Même s'il chiffre à 7 %, et non pas 10 %, la perte d'élèves par certains collèges difficiles, l'actuel ministre de l'éducation, Luc Chatel, n'a pas contesté ces résultats. M.Chatel dit attendre, "d'ici à la fin de l'année, une étude plus détaillée" par ses services, le rapport rendu public par Jean Picq, président de la troisième chambre de la Cour des comptes, ne reposant que sur six collèges "ambition réussite" de trois académies: Aix-Marseille, Lille et Versailles.

Plutôt que sur la fuite des collèges difficiles par leurs élèves, le ministre préfère mettre l'accent sur "50 établissements “ambition réussite” qui sont devenus plus attractifs et ont gagné des élèves", et sur les familles qui "sont satisfaites de l'assouplissement de la carte scolaire". "D'ailleurs, le gouvernement entend poursuivre jusqu'à sa disparition", note-t-il.

De son côté, M.Picq admet que "six collèges difficiles, ce n'est pas très représentatif." "Mais personne n'a remis en cause nos conclusions, remarque-t-il. Nous avons vraiment rencontré tout le monde: principaux, équipes pédagogiques, recteurs, inspecteurs d'académie, élus, associations… Tous ont relevé un aspect positif: des élèves boursiers ont pu aller étudier dans de meilleurs établissements. Et un aspect négatif: la perte d'élèves." La Cour prône de ce fait l'accentuation de la lutte "contre la constitution de “ghettos scolaires”".

Le libre choix des familles mis en avant par MM. Darcos et Chatel n'en est pas un aux yeux de la sociologue Agnès van Zanten, pour qui "le choix de l'établissement n'a de sens que s'il y a une vraie offre. Or les familles doivent se déterminer entre un bon et un mauvais établissement, ce qui n'est pas un choix. Et comme elles choisissent toutes les mêmes établissements, cela crée de l'insatisfaction".

Pour l'auteure de Choisir son école (éditions PUF), le rapport de la Cour des comptes n'est pas une surprise: "L'idée était de récompenser les bons élèves des classes populaires. Les enseignants eux-mêmes les invitent à quitter les mauvais établissements, ce qui conduit à la fuite des “têtes de classe” et à la ghettoïsation." Même dépit du côté du SNES, principal syndicat du secondaire: "Le message d'origine qui était celui de la méritocratie scolaire, devient “quittez votre quartier”. Au bout de deux ans, on a des collèges qui ont perdu jusqu'à 40% de leurs effectifs", déplore Daniel Robin, co-secrétaire général.

Comment corriger ces effets pervers? Le SNES réclame plus de moyens. M.Chatel propose, entre autres, d'ajouter aux critères permettant l'accès à un meilleur établissement (boursiers, handicapés), le fait d'être élève d'un collège "ambition réussite". Ce changement pourrait cependant augmenter la ghettoïsation desdits collèges. MmevanZanten imagine, elle, d'"instaurer des quotas par catégories d'élèves (bons, moyens, mauvais) dans les établissements, comme l'Angleterre qui prend des mesures contre le libre choix".

La Cour des comptes estime, quant à elle, que la lutte contre l'échec scolaire fondée sur l'aide individualisée, ne peut plus reposer sur le volontariat des enseignants et des élèves. "Il faut intégrer cette aide dans les obligations de service, mais ça risque d'être la révolution", prévient M.Picq.
Marc Dupuis I LE MONDE 05/11/09
Par Association Grand Paris - Publié dans : Solidarités
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Jeudi 5 novembre 2009
Grand gaillard aux yeux bleus, la soixantaine, Olivier Laffon, atteint, dès l'âge de 38 ans, de la maladie de Parkinson, marche avec peine. Mais dans sa tête, il court pour atteindre son objectif : donner un toit et des mètres carrés au maximum d'associations et autres entreprises solidaires.
Promoteur immobilier, il a décidé de mettre l'essentiel de son patrimoine et son savoir-faire au service de ce type d'organisations : "Les associations ont du mal à acheter des biens immobiliers, car il faut agir vite, ce qui n'est pas compatible avec leur processus de décision", explique-t-il. Si les jeunes créateurs d'entreprise solidaire donnent vie à leurs projets, dans les bureaux paysagers de la Ruche, dans le 10e arrondissement de Paris, c'est grâce à lui. Si les mêmes, ou d'autres, trouvent un lieu pour se réunir dans l'une des salles du Comptoir général (qui jouxte La Ruche) ou à la Maison des associations de solidarité (MAS), dans le 13e, c'est aussi grâce à lui.

Car il sait repérer les biens à vendre, et les négocier rapidement. Spécialiste des centres commerciaux, ce diplômé de Sciences Po a appris le métier dès la fin des années 1960, aux côtés de Jean-Louis Solal, le fondateur des premières grandes galeries marchandes telles Parly 2 ou Vélizy 2.

Avant de se lancer, en 1983, avec sa propre société, Commerce et développement, et assurer la promotion de centres comme Plan-de-Campagne, dans les Bouches-du-Rhône, ou Marques Avenue, magasins d'usine de Troyes. "Avec des retours sur investissements de 15 % à 20 %, on levait des fonds rapidement", se souvient-il. Et on gagnait aussi très bien sa vie. Mais, à la fin des années 1990, il s'associe à un autre promoteur pour monter une opération d'envergure, celle de Bercy Village à Paris, et se retrouve berné, victime d'escroquerie (Le Monde du 5 février 2008). "Cela m'a beaucoup affecté", dit-il, maniant la litote.

Sa maladie progresse. Il décide de se faire opérer. "Je me suis dit que, si j'en revenais en meilleure forme, j'allais changer de vision des affaires." L'issue est heureuse, et il tient parole. Il donne l'usufruit de son patrimoine - 30 millions d'euros, prix de vente des actifs de sa société - à l'Union régionale interfédérale des oeuvres et organismes sanitaires et sociaux (Uriopss), pour cinq ans. Et acquiert deux immeubles de 4 500 mètres carrés, dans le 13e arrondissement parisien. Ce sera la MAS.

Des bureaux sont loués à des associations, pour 150 euros le mètre carré, soit moins de la moitié du prix du marché. Ce qui assure quand même à l'opération une rentabilité de 5 % à 6 % et "(lui) évite de s'enrichir, mais aussi de s'appauvrir".

Idem à La Ruche, "premier lieu collaboratif pour entrepreneurs sociaux", estime Arnaud Mourot, directeur général d'Ashoka, dont les bureaux y sont hébergés. "Le lieu est propice à la création de synergies entre les locataires. Les abeilles se complètent plus qu'elles ne se concurrencent", poursuit M. Mourot. Effectivement le lieu bourdonne. On y côtoie Saïd Hammouche, le fondateur de Mozaik RH, cabinet de recrutement spécialisé dans le placement de personnes issues de la diversité. Ou l'équipe d'Equitel, qui met en relation des ONG et des entreprises désireuses de s'engager dans des actions citoyennes. Entre autres.

Juste à côté, au Comptoir général, au-dessus de la grande salle louée, ce jour-là, au prix fort, à une entreprise pour une opération promotionnelle, on croise Augustin Legrand, le porte-parole des Enfants de Don Quichotte, qui milite pour les SDF, et dont les installations de tentes pour sans-abri le long du canal Saint-Martin, tout proche de son actuel bureau, avaient fait grand bruit. Mais, actuellement, il mûrit un autre projet. Celui de transformer un ancien carmel, situé dans le Gers, et qu'Olivier Laffon projette d'acheter, pour y héberger des agriculteurs retraités "et vaincre la solitude, l'ennui, la pauvreté", explique-t-il. Les pensionnaires entretiendront l'endroit et accueilleront les hôtes payants de passage, tels, notamment, les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Avant la transformation du carmel, deux autres sites promus par Olivier Laffon auront ouvert leurs portes : le Divan du monde "lieu de fête pour ONG" et Commune Image, centre dédié à la création audiovisuelle, à Saint-Ouen.

Toutes ces réalisations, ou tous ces projets, fonctionnent selon un principe commun : à l'instar des entreprises sociales hébergées à La Ruche, ils doivent pouvoir s'autofinancer pour durer, bien que leur objectif soit social et non financier.

Mais, après avoir investi 10 millions d'euros à la MAS, et 5 millions dans chacun des trois autres lieux en fonctionnement ou sur le point de l'être, Olivier Laffon reconnaît qu'il "arrive au bout de mes fonds", reconnaît. Mais pas au bout de ses projets. Il a trouvé la solution à cette apparente contradiction. Elle passera par la création d'une société "foncière éthique", qui acquerra les immeubles pour les associations. "Elle assurera une petite rentabilité à ses investisseurs, particuliers ou institutions, qui accepteront un rendement plus faible mais sécurisé, pour un placement intelligent", explique Olivier Laffon. Le système existe en Grande-Bretagne. Aucune raison de ne pas l'introduire ici, estime le promoteur.

Pour rendre davantage service. Mais aussi se faire davantage plaisir. "Tout entrepreneur mesure son succès à l'argent qu'il gagne. Moi, mon critère est la satisfaction que ces projets me donnent. Quand je trouve un bel immeuble, je cherche des gens sympas pour l'occuper. Je trouve plus intéressant de faire des projets tournés vers les autres que de gagner 1 million d'euros de plus. Je ne comprends pas pourquoi les gens riches veulent continuer à s'enrichir. Ils accumulent. Je suis sûr qu'il existe des entrepreneurs qui auraient envie de faire la même chose que moi. Il faut un déclencheur." Il doute néanmoins que la crise et les remises en cause qu'elle provoque ne suffisent à susciter des vocations. Aurait-il tort ?
Annie Kahn I LE MONDE 04/11/09
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Jeudi 5 novembre 2009

Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a dénoncé jeudi le non respect des engagements de l'Etat sur le financement des écoles de la deuxième chance. Lors de l'inauguration de l'Ecole de la deuxième chance (E2C) du Mantois en présence d'Edith Cresson, présidente de la Fondation de ces écoles, M. Huchon a estimé que "le gouvernement n'honore pas les engagements du Président de la République sur le financement des écoles de la deuxième chance". "Avec 2,3 millions d'euros sur 2009, soit environ 20% du fonctionnement des E2C, a-t-il dit, nous sommes loin du compte, d'autant que l'Etat compte parallèlement diminuer l'intervention du Fonds social européen dans les mêmes proportions ! Nous n'avons de plus aucune assurance quant à la pérennité de ce soutien ". "Pour la Région Ile-de-France, offrir une seconde chance à des jeunes sortis sans qualification du système scolaire est une priorité absolue, encore plus en cette période de crise" a-t-il affirmé, rappelant que "depuis 2002, la Région soutient le développement des E2C franciliennes, dont elle est le premier financeur, avec 30% du budget de fonctionnement et 45% des coûts globaux en intégrant la rémunération des stagiaires." "Cela représente 14 millions d'euros entre 2002 et 2008, et plus de 5 millions en 2009. L'objectif reste de doubler en deux ans les places offertes en E2C, pour atteindre 2400 places en 2011", a-t-il dit. Des E2C fonctionnent aujourd'hui dans six des huit départements franciliens. La Région "assure chaque année la formation de plus de 30.000 jeunes qui connaissent des difficultés d'insertion", soulignent les services du conseil régional. Elle consacre 381 millions d'euros en 2009 à l'apprentissage.

AFP 04/11/09

Par Association Grand Paris - Publié dans : Logement, Immobilier
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Jeudi 5 novembre 2009
Trente personnes se sont rendues jeudi devant la préfecture d'Ile-de-France à Paris pour demander le respect d'une décision de justice, rendue il y a dix mois, sur le relogement d'une mère de famille dans le cadre du Droit au logement opposable (Dalo). Le 5 février, le tribunal administratif avait enjoint le préfet de région, préfet de Paris, "d'assurer le logement" de Khadija Elaouli, 50 ans, qui vit depuis 2002 dans une chambre d'hôtel avec deux de ses deux enfants, âgés de 19 et 18 ans. Cette décision avait été prise dans le cadre de la loi Dalo après le passage devant la commission de médiation, le 14 avril 2008, de Mme Elaouli, déclarée "prioritaire devant être relogée en urgence". Le tribunal avait accompagné sa décision d'une astreinte de 100 euros par jour à payer au Fonds d'aménagement urbain. Les manifestants se sont rassemblés, à l'appel des comités "Solidaires pour les droits" (ATD Quart Monde, d'Amnesty international et Secours catholique) devant la préfecture, 38 rue Barbet-de-Jouy (VIIe), bordée d'hôtels particuliers et de bâtiments administratifs en pierre de taille. Dans cette rue du très chic Faubourg Saint-Germain, une agence immobilière propose à l'achat un "pied à terre" de 61 m2 pour 620.000 euros. Kahdija Elaouli, divorcée après des "violences conjugales", montre la facture de sa chambre de 12 m2 dans un hôtel rue la Réunion (du XXe) : 2.356 euros par mois, dont elle règle 700 euros. Le Comité de suivi du Dalo a assuré la semaine dernière que ce droit "n'est pas assumé partout, et notamment en Ile-de-France", et "alerté le gouvernement sur le non-respect de la loi". Au cabinet du préfet de Paris, on assure que les services de la préfecture "ont toujours essayé de trouver un logement" de type F4 pour Mme Elaouli et ses deux enfants. Les services "sont soumis à deux types de contraintes" : la localisation souhaitée par la famille dans un certain nombre d'arrondissements et les ressources de la famille. "Nous sommes mobilisés sur ce dossier, comme sur tous ceux qui nécessitent une solution rapide et nous entendons bien appliquer la loi Dalo", affirme-t-on de même source.
AFP 04/11/09
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Jeudi 5 novembre 2009
Distribution de bons points et échanges d'expériences : le ministère de l'écologie récompensait les bons élèves de l'urbanisme "vert", mercredi 4 novembre, à Paris, à l'occasion de la première Conférence nationale sur la ville durable. Le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, et son secrétaire d'Etat chargé de l'urbanisme, Benoist Apparu, devaient y dévoiler les lauréats de l'appel à projets écoquartiers - au premier rang desquels la caserne De Bonne à Grenoble, Grand Prix national - et de la "démarche écocité". Deux vitrines attendues du plan ville durable lancé par M. Borloo en octobre 2008.
Ce plan devait également faire l'objet d'une communication en conseil des ministres, mercredi, pour mieux souligner l'importance accordée par le gouvernement à la question de la mutation des villes. Ce déploiement a aussi pour but de faire oublier le retard français en la matière, alors que l'Allemagne et les pays scandinaves ont mis en chantier leurs premiers écoquartiers il y a déjà vingt ans.

Qui veut parler d'écoquartiers cite Vauban à Fribourg (Allemagne), Hammarby-Sjöstad à Stockholm ou Bo01 à Malmö (Suède). Jamais la France. Selon Jean-Louis Borloo, il s'agit de "réparer une forme d'injustice" : "L'attention se focalise depuis plusieurs années sur les expériences menées en Europe du Nord. Mais on connaît mal ou trop peu les centaines d'expérimentations menées en France", devait déclarer le ministre.

Pas moins de 160 projets d'écoquartiers - pour beaucoup encore à l'état d'esquisses - ont répondu à l'appel du ministère, qui en a été le premier surpris. "On s'attendait à une quarantaine de candidatures", reconnaît-on dans l'entourage de Benoist Apparu. Signe d'un réveil français, alors que la généralisation des écoquartiers figure parmi les engagements du Grenelle de l'environnement ? Sans doute, mais un réveil encore balbutiant. "Seuls neuf projets étaient assez avancés et réunissaient l'ensemble des qualités pour prétendre au Grand prix", indique-t-on au cabinet du secrétaire d'Etat.

Multipliant les catégories - projets ruraux, projets d'avenir, eau, déchets, énergie, densité, mobilité... -, le ministère a décerné, en plus du Grand prix national, un total de vingt-sept récompenses. "Une aberration", pour Catherine Charlot-Valdieu, présidente du Réseau européen pour un développement urbain durable : "Découper les objectifs en tranches, sans même fixer de seuil minimal pour les autres indicateurs, c'est nier le caractère obligatoirement transversal de toute démarche de développement durable."

Une critique qui fait d'autant plus mouche que seules les questions liées à l'environnement étaient prises en compte, et non les aspects économiques et sociaux, autres piliers du développement durable. "Un écoquartier ne doit être ni un lotissement de maisons passives ni une enclave pour bobos, juge Catherine Charlot-Valdieu. Il doit s'intégrer dans une stratégie de développement et d'attractivité à l'échelle de la ville."

Reste qu'aucune définition officielle ni grille d'évaluation n'encadrent l'appellation. A cet égard, le ministère de l'écologie devait annoncer, mercredi, la création d'un club d'échanges et de formation réunissant les villes lauréates et les services de l'Etat pour aboutir, en deux ans, à l'adoption de ces références qui permettraient au ministère de décerner un label écoquartier, à défaut de subventions.

Il y a de l'argent à la clé, en revanche, pour la démarche écocités, destinée à "inventer" la métropole durable du XXIe siècle en accompagnant le développement urbain de grandes agglomérations. Critères : compter plus de 100 000 habitants et prévoir de s'accroître d'au moins 30 % d'ici vingt-cinq ans. Bref, "assurer une croissance soutenue tout en l'organisant de façon soutenable".

Sur dix-neuf candidatures, treize ont été retenues, parmi lesquelles celles de Nantes-Saint-Nazaire, Bordeaux, Marseille, Strasbourg-Kehl et Plaine-Commune (Seine-Saint-Denis). Recalé, en revanche, le projet de Neuilly-sur-Seine de faire passer l'enfouissement de la RN13, cher à la famille Sarkozy, pour une démarche d'écocité : "Pas à l'échelle", a tranché le jury.

Après une phase de concertation, ces projets devraient aboutir, début 2011, à des contrats entre les collectivités et l'Etat, afin de limiter leur impact sur la fiscalité locale. Le ministère de l'écologie pourrait ainsi financer des études d'ingénierie à hauteur de 15 millions d'euros sur trois ans et créer des prêts bonifiés pour la mise en oeuvre opérationnelle. Durant les dix-huit mois qui viennent, ces dispositifs devraient faire l'objet d'intenses négociations.
Grégoire Allix I LE MONDE 05/11/09
Par Association Grand Paris - Publié dans : Ecologie & Développement durable
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Jeudi 5 novembre 2009
Le président du conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul Huchon (PS) a ironisé mercredi sur "l'autoritarisme contractuel inventé" par le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale Christian Blanc dans le projet de loi sur le Grand Paris. Entendu par la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, M. Huchon a expliqué que les communes pourront passer des contrats de développement territorial avec l'Etat mais que si elles ne l'ont pas fait "au bout de 18 mois", "l'Etat fera ce qu'il voudra". Il en résultera selon lui une grande "fragilité juridique", les contrats de développement territorial devant être rendus compatibles avec un document d'urbanisme. Or, le gouvernement refusant de transmettre au Conseil d'Etat le projet de schéma directeur régional (SDRIF) voté par la région, le texte de référence est toujours le SDRIF de 1994, "complètement dépassé", et il va y avoir des "contentieux", a averti M. Huchon. Au total, "au lieu de gagner un an ou deux sur les procédures" pour réaliser un projet de métro automatique autour de Paris reliant des pôles économiques, "on va ajouter trois à quatre ans", a-t-il estimé. "Je crains que le projet de loi présenté par M. Blanc comme un formidable accélérateur de décisions et de travaux soit un formidable ralentisseur, un multiplicateur de contentieux à l'intérieur du droit de l'urbanisme", a-t-il dit. M. Huchon, qui préside aussi le syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF), a reproché au gouvernement de "détricoter l'unité du réseau" et souligné que "les Franciliens demandent d'abord que marchent" le métro et les RER. Il a suggéré que l'on étoffe les services du STIF plutôt que de créer une "Société du Grand Paris", nouvelle "crème épaisse dans le millefeuilles" administratif, qui "va fonctionner avec beaucoup d'autoritarisme". Il s'est dit d'accord pour qu'à l'intérieur du STIF, on crée deux conseils d'administration, une entité se chargeant du projet de métro automatique dont on lui dit qu'"il sera financé essentiellement par l'Etat", une unité réalisant les projets urgents de transports prônés par le conseil régional. "Si l'Etat veut mettre de l'argent", M. Huchon "n'a pas de raison de (lui) refuser l'entrée au STIF".
AFP 04/11/09
Par Association Grand Paris - Publié dans : Actualité Grand Paris
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