Vendredi 27 juillet 2007
Nous vous recommandons les deux conférences publiques ci-après sur la forme urbaine et la gouvernance du Grand Paris, qui nous ont été signalées par un enseignant-chercheur de l'Ecole Paris Val de Seine !


Conférence publique Paul Chemetov
"Le grand pari de l’agglomération parisienne"

Jeudi 20 septembre 2007 à 17h30

Conférence publique Yves Lion
"Le grand pari de l’agglomération parisienne"

Vendredi 21 septembre 2007 à 17h30

Organisées dans le cadre du programme interdisciplinaire de recherc he sur "L’architecture de la grande échelle"

Lieu :
École Nationale Supérieure d'Architecture Paris - Val de Seine
3/14 quai Panhard et Levasseur 75013 Paris
M° Bibliothèque F. Mitterrand (ligne 14) ou RER C
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Vendredi 27 juillet 2007
[TRIBUNE LIBRE]

LE FIGARO Publié le 27 juillet 2007

Rubrique Débats & Opinions


Par François Ascher, professeur à l'Institut français d'urbanisme (université Paris-VIII), président de l'Institut pour la ville en mouvement (PSA Peugeot Citroën).

Développer, aménager et gérer les régions mégapolitaines, dans lesquelles vivent et travaillent des millions de personnes, est un défi contemporain qu'aucun pays n'est encore parvenu à relever de façon totalement satisfaisante, et qui va bien au-delà de la question de l'avenir de la seule zone centrale. De fait, les problèmes sont d'une extraordinaire complexité et l'évolution du monde actuel ne cesse de rendre les choses plus difficiles : la globalisation, les changements sociaux et de modes de vie, les nouvelles technologies de l'information, les enjeux environnementaux, non seulement changent les donnes, mais créent toutes sortes d'incertitudes qui rendent les politiques urbaines à long terme très problématiques.

La question de l'avenir de l'agglomération parisienne est donc à situer dans ce contexte, avant toute mise en cause des politiques qui ont été menées... ou non menées. De même, si la dimension institutionnelle de l'affaire sera probablement in fine très importante, il est clair qu'elle ne peut être séparée de la question des choix stratégiques à effectuer. La première urgence n'est donc, ni de mettre sur pied un nouveau dispositif institutionnel, ni de lancer toute une série d'actions concrètes, mais d'élaborer les grands axes d'un projet mégapolitain adapté à ce monde et aux conditions propres de l'Ile-de-France.

Ce projet stratégique n'existe pas aujourd'hui. Le schéma directeur (Sdrif) qui a été préparé depuis deux ans a été l'occasion de riches débats, mais il est plus un catalogue d'actions possibles qu'un ensemble structuré de solutions clairement hiérarchisées.

Par ailleurs, beaucoup d'initiatives se sont développées depuis quelques années en Région Ile-de-France, qui sont également prometteuses : des coopérations intercommunales originales ont ouvert des perspectives innovantes, des modes nouveaux d'association du monde politique local et de la société civile ont été expérimentées, quelques opérations urbaines remarquables ont été réalisées, quelques projets d'infrastructures ont vu le jour. La Région n'est pas endormie, mais il lui faut un projet d'ensemble capable d'intégrer toutes les dynamiques locales dans une dynamique commune. La Région Ile-de-France n'est pas une mosaïque de territoires. Son aménagement et son développement exigent donc de prendre en compte sa dimension de système.

Le projet stratégique qu'il faut donc élaborer, ne doit évidemment pas résulter d'une démarche technocratique, car les solutions seront autant politiques que techniques, et la démocratie y sera aussi essentielle que l'expertise... et la contre-expertise.

Comment peut-on donc agir au stade où nous en sommes, étant entendu que les intérêts des élus de la Région sont incroyablement variés et contradictoires et relèvent tout à la fois des intérêts immédiats des populations et des territoires qu'ils représentent, des partis politiques auxquels ils appartiennent, ou de leur sensibilité particulière à tel ou tel enjeu ?

Une première étape pourrait consister à décider le plus légitimement possible du dispositif d'élaboration du projet qu'il s'agit de mettre en place au plus vite. Pourquoi ne pas constituer, par exemple, un comité qui ferait rapidement des propositions au gouvernement, en y joignant l'avis de tous les acteurs sociaux consultés à cette occasion ?

Pendant cette période et pour ne pas perdre de temps, un groupe d'experts pourrait être chargé d'expliciter les grands choix qui sont à faire, lister les priorités qui sont à établir, commander les études qui manquent encore. Par exemple, les grands projets de transports doivent résulter des choix d'aménagement, de la localisation des pôles à privilégier, des relations que l'on veut promouvoir entre les différentes composantes de la région ; et non l'inverse ! Plusieurs scénarios ou combinaisons sont probablement possibles, pour polariser, axialiser, articuler, répartir, réunir ou séparer les fonctions, les populations et les territoires. En témoignent les choix différents adoptés par Londres, Tokyo, la Randstad aux Pays-Bas, et par des régions un peu plus petites, comme celles de Madrid ou Berlin. Les choix franciliens actuels n'ont jamais été posés clairement en ces termes. Il est urgent de le faire et c'est tout à fait faisable.

Nous pourrions alors espérer au début de l'année prochaine, disposer d'une proposition de dispositif institutionnel et d'une formulation claire des choix à faire. La démocratie pourra trancher alors selon des modalités qui sont à préciser mais qui ne relèveront pas de la recherche d'un impossible compromis entre toutes les communes et entre tous les départements, et entre toutes les forces sociales et politiques. On ne peut en effet promouvoir l'intérêt général en suivant une logique de plus petit dénominateur commun.

Certains s'inquiéteront probablement des opérations politiques qui pourraient être menées à cette occasion. Ils n'ont pas tort et il faut éviter toute naïveté en la matière. Mais par ailleurs, étant donné ce qu'est notre pays, sa vivacité démocratique, le degré actuel de la décentralisation et la complexité du système urbain, aucun projet stratégique, quel qu'il soit, ne pourra être mis en oeuvre s'il ne recueille pas une large adhésion. La tâche à accomplir est ardue, mais la Région dispose déjà de beaucoup d'éléments, de connaissances, d'expérience du débat. Fin 2008 devrait donc être une échéance réaliste pour décider du projet francilien stratégique et mettre sur pied son dispositif de pilotage. Ensuite, l'imagination, la créativité et la combativité de tous les acteurs, le dynamiseront, le corrigeront, l'adapteront, autrement dit, rendront effectif et le potentialiseront.


par Grand Paris publié dans : Actualité Région IDF
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Jeudi 26 juillet 2007
Roger KAROUTCHI signe dans Le Figaro une tribune assez caricaturale sur le débat gauche droite en prônant plus de transports automobiles et moins de logements sociaux ! Sortons de ce paradoxe français pour rassembler les franciliens plutôt que de les opposer...

TRIBUNE LIBRE
LE FIGARO
Débats & Opinions

N'abandonnons pas l'avenir de l'Île-de-France aux idéologues
de l'écologie extrêmes
.
Publié le 20 juillet 2007

Par Roger Karoutchi, secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, président du groupe majorité présidentielle au conseil régional d'Île-de-France.

Qui connaît le SDRIF ? Le Schéma directeur de la Région Île-de-France (SDRIF) n'évoque sans doute pas grand-chose pour le grand public. Et pourtant, il s'agit d'un document de planification essentiel pour l'avenir de la Région capitale. Les enjeux sont considérables puisque ce schéma, opposable à l'ensemble des documents d'urbanisme, devra réglementer l'utilisation des sols de l'ensemble du
territoire francilien jusqu'en 2030 !

Concrètement, il s'agit de déterminer le nombre de logements que l'on doit construire, de décider si l'on doit densifierle coeur de l'agglomération ou urbaniser les zones rurales.
Les transports en commun sont-ils adaptés aux déplacements en grande couronne ? Les choix de développement économique vont-ils permettre de créer de l'emploi ?

Ne nous y trompons pas, il s'agit bien évidemment de définir l'Île-de-France de demain. En définissant le schéma directeur, nous devons répondre à une seule question : comment améliorer le quotidien des Franciliens ? Or, le schéma directeur tel qu'il est présenté ne se préoccupe pas de savoir si les Franciliens seront mieux logés, s'ils se déplaceront mieux ou s'ils trouveront plus facilement un emploi dans leur région. Non, ce schéma, qui a été adopté le 15 février dernier par la majorité PS-PC-Vert du conseil régional d'Île-de-France est un document idéologique et déconnecté des réalités et des attentes de nos concitoyens.
Il veut faire de l'Île-de-France un champ d'expérimentation des thèses environnementalistes extrêmes.


En matière de transport, par exemple, la quasi-totalité des grands projets routiers et autoroutiers est rejetée. Cela démontre une méconnaissance des déplacements des Franciliens. Si chacun s'accorde aujourd'hui sur la nécessité de favoriser l'utilisation des transports en commun, il n'est pas raisonnable d'écarter tous les projets routiers et autoroutiers structurants pour la région.
Parallèlement, la réflexion sur le maillage des transports publics, notamment en grande couronne, est insuffisante, encore beaucoup trop de crédits ne se concentrent que dans l'extrême centre de la Région.

De même, le document contient de graves dérives en matière de logement. Si l'objectif de construction de 60 000 logements par an, fixé avec les services de l'État, correspond à la demande et aux besoins du territoire francilien, les taux imposés de logements sociaux dans le projet de SDRIF outrepassent la loi. En effet, le taux global à atteindre dans vingt ans est de 30 % de logements sociaux, ce qui est irréaliste pour de nombreuses communes.
Cela implique un rythme de construction qui devrait être de 53 % du total des logements construits chaque année avec des sanctions financières ou des modulations négatives de subventions régionales à la clé !

En ce qui concerne la création d'emplois, là encore, le SDRIF fait preuve d'une idéologie aveugle. Sous couvert d'un rééquilibrage Est-Ouest, le schéma écarte purement et simplement le plan de développement de la Défense sans rien proposer de manière concrète pour un grand pôle à l'est... Tout cela pénalise l'ensemble du territoire francilien et son attractivité.


Sur la forme, les élus locaux n'ont pas été suffisamment consultés. Le document tel qu'il est présenté va générer de l'insécurité juridique et des contentieux. En effet, la cartographie approximative qui définit le SDRIF risque de fragiliser l'ensemble du document et engendrer une multitude de recours et annulations de plans d'occupation des sols (POS) ou de plans locaux d'urbanisme (PLU). Pour preuve, la mise en oeuvre du SDRIF suscite de nombreuses craintes de la part des communes et de l'ensemble des conseils généraux de droite comme de gauche de la Région Île-de-France. Ainsi, les conseils généraux des Yvelines, des Hauts-de-Seine et du Val-d'Oise ont émis un avis négatif sur le SDRIF. De même,
les chambres consulaires (chefs d'entreprise, artisans, commerçants...) ont condamné ce schéma, qui est un frein au développement économique et à l'emploi.

De nombreuses lacunes et dérives entachent ce document. Ainsi, le groupe majorité présidentielle UMP que je préside au conseil régional avait voté contre la délibération au mois de février 2007, l'exécutif PS-PC-Vert ayant refusé la plupart des amendements que nous avions proposés.

Aujourd'hui, alors que l'autorité administrative de l'État vient de rendre un avis environnemental réservé sur l'avant-projet de SDRIF et que le premier ministre, François Fillon, vient de préciser au président de la Région Île-de-France l'opposition de l'État à l'actuelle rédaction, il est nécessaire de revoir les grandes lignes de ce schéma qui ne satisfait personne.

Je propose donc la mise en place d'un nouveau groupe rédactionnel composé d'élus régionaux de toutes sensibilités politiques en liaison avec le préfet de région, pour parvenir à l'établissement d'un SDRIF plus réaliste, plus équilibré et plus consensuel qui permette de définir une stratégie globale de développement pour l'avenir de l'Île-de-France.

Au-delà des clivages politiques, il y va de l'amélioration de la vie quotidienne en Île-de-France pour les générations futures.

par Grand Paris publié dans : Tribunes Grand Paris
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Jeudi 26 juillet 2007

Comme nous l'avons souvent souligné, la concentration trop forte de logements sociaux dans certains territoires asccentue les discrimination ssociales et urbaines. Il devient nécessaire de plafonner le seuil de logements sociaux dans chaque commune afin d'éviter l'effet "ghetto", qui crée une spirale défavorable (niveau scolaire, commerces, etc) !...

[PRESSE]

 

Objectifs


Le Schéma directeur de la région Ile-de-France vise à rapprocher logements, emplois et transports en commun pour lutter contre l'étalement urbain. D'ici 2030, le Sdrif prévoit la création de 60 000 logements par an soit 1,5 million en vingt-cinq ans. La construction annuelle moyenne entre 1990 et 2005 a été de 40 800. Elle chute depuis 2000. Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne devront construire 29 400 logements par an contre 20 800 en moyenne depuis 1990.


Agenda


Du 15 octobre au 8 décembre. Enquête publique.


A l'été 2008, au plus tôt, adoption du texte définitif par la région. Pour entrer en application, il devra être validé par le Conseil d'Etat. La décision de le transmettre relève du gouvernement.


LE MONDE | 25.07.07 | 14h02 •


Jusqu'ici les attaques frontales et médiatiques sont venues de la droite. Le 26 juin, Nicolas Sarkozy a tiré, le premier, contre le schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif). Elaboré par le conseil régional présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon, ce document - encore au stade de projet - a pour ambition de planifier l'aménagement du territoire à l'horizon 2030.


Le 18 juillet, le premier ministre, François Fillon, a prévenu M. Huchon que le gouvernement ne donnerait pas son feu vert si la copie définitive du Sdrif n'intégrait pas certaines demandes de l'Etat, à l'issue de l'enquête publique prévue d'octobre à décembre.


Plus discrètes jusque-là, les critiques commencent aussi à se faire entendre à gauche. Certains élus socialistes franciliens reprochent au Sdrif, en imposant un programme trop lourd de logements sociaux à l'est, de tourner le dos à son objectif affiché : permettre aux départements les plus pauvres de rattraper leur retard économique par rapport à l'ouest.


Pour répondre à la demande de logements et enrayer l'étalement urbain, le Sdrif, élaboré sous la houlette de Mireille Ferri, vice-présidente (Verts) à la région, prévoit que, sur les 60 000 logements à construire chaque année à l'échelle régionale, près de 30 000 le soient à Paris et dans les trois départements limitrophes. La Seine-Saint-Denis devra ainsi augmenter de 109 % sa construction totale de logements, le Val-de-Marne de 60 %, les Hauts-de-Seine de 21 %.


Ces trois départements devraient créer environ 5 000 logements sociaux par an chacun, ce qui suppose un effort de rattrapage plus important pour les Hauts-de-Seine que pour le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Mais, si les objectifs du Sdrif sont respectés, ce dernier département verra, au final, sa proportion de logements sociaux passer de 36 % en 2005 à 44 % en 2030 : un niveau toujours nettement plus élevé que la moyenne régionale (33 %).


"La concentration de logements continue d'être imposée aux mêmes, s'insurge Gilbert Roger, le maire PS de Bondy (Seine-Saint-Denis). C'est bien en Seine-Saint-Denis que les pouvoirs publics veulent construire toujours plus et rien dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines. Pourquoi ?"


Les conseils généraux (PCF) de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont donné un avis favorable au Sdrif. M. Roger reproche aux élus communistes de son département "une erreur de stratégie". "Ils veulent engranger des logements sociaux pour se constituer un stock électoral, dit-il. Les mauvais résultats des dernières législatives du PCF montrent que ce n'est plus payant. Face aux problèmes sociaux, une partie de l'électorat de gauche finit au contraire par quitte le département." Le maire de Bondy entend faire du logement un thème de la campagne du PS local pour la conquête du conseil général aux cantonales de 2008.


"La Seine-Saint-Denis, dirigée par le PCF, ne doit pas continuer à supporter seule la demande croissante de logements sociaux dans la région, estime Bertrand Kern, le maire PS de Pantin (Seine-Saint-Denis). Il nous faut sortir du partage historique de la région entre les gaullistes à l'ouest et les communistes à l'est." Pour Olivier Galiana, conseiller régional PS, "le Sdrif a prévu beaucoup de logements sociaux en Seine-Saint-Denis parce que le pouvoir régional n'a pas voulu en imposer suffisamment à Paris. L'exécutif de la région s'est autocensuré pour ne pas fragiliser Delanoë".


"Un mauvais procès", réplique Pierre Mansat, adjoint PCF de Bertrand Delanoë chargé des relations avec les collectivités territoriales. Le Sdrif assigne à la capitale l'objectif de création de 20 % de logements sociaux d'ici à 2030 contre 15 % aujourd'hui. Un effort très important compte tenu "des contraintes foncières de l'espace parisien", a rappelé Bertrand Delanoë, le 16 juillet. Le maire de Paris s'est toutefois engagé à dépasser l'objectif du Sdrif pour atteindre la barre des 25 % d'ici à 2030. Confronté à la montée des réticences des élus de la gauche francilienne, M. Huchon n'entend pas, du coup, transiger avec les exigences du Sdrif en matière de logement dans les Hauts-de-Seine. "Je continuerai à plaider notamment auprès de l'Etat pour que le plan de renouveau du quartier d'affaires de La Défense - avec à la clé 150 000 m2 de nouveaux bureaux - inclue davantage de logements", affirme le président de la région.


Inscrite dans le Sdrif, cette recommandation est "impossible à réaliser", prévient d'emblée Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional. "Les derniers terrains disponibles pour construire des logements près de La Défense ont été transférés à la ville voisine communiste de Nanterre, par le gouvernement de Lionel Jospin", affirme-t-il. Egalement secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, il aimerait lui aussi que le Sdrif revoie à la baisse ses exigences en matière de logement dans l'agglomération parisienne.


par Grand Paris publié dans : Actualité Région IDF
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Mardi 17 juillet 2007

[TRIBUNE LIBRE]

Tribune par François de PANAFIEU, Claude GOASGEN

La capitale et l’Ile-de-France doivent envisager l’avenir en imaginant un système urbain multipolaire.


LIBERATION / QUOTIDIEN : mardi 17 juillet 2007

Le temps est venu, en effet, ainsi que l’a évoqué Nicolas Sarkozy de «repenser l’organisation des pouvoirs» dans la première région de France. Très précisément, le Président a exprimé son désaccord quant à l’adoption du nouveau Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) tant que la question de la communauté urbaine ne serait pas tranchée.

C’est une autre vision de Paris que nous devons faire naître. En installant une Conférence métropolitaine, Bertrand Delanoë s’est limité à une apparence de concertation qui s’est figée dans un dialogue factice et sans lendemain, puisque sans aucun moyen d’action technique et financier. Alors, que faut-il faire dans la perspective de la tenue du Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIADT) consacré à l’Ile-de-France fin 2008 ? Tout d’abord, un constat s’impose : Paris vit mal dans ses limites du Second Empire, Paris est trop confiné dans ses 105 km2, trois fois et demi plus petit que Londres, et sept fois plus petit que Madrid. Cette mondialisation des métropoles est incontournable. Paris et l’Ile-de-France sont, en partie, dépendants de l’économie mondiale. Paris est passé, en quarante ans, de l’agglomération unipolaire à un système urbain complexe et multipolaire ; le centre du pouvoir économique a peu à peu glissé vers la petite couronne, puis en deuxième couronne.

Dans le même temps, Paris a perdu de nombreux emplois et doit donc imaginer et mettre en œuvre des projets communs. A cet égard, le président de la République a montré le chemin : créer une nouvelle dynamique au service d’une vision coordonnée de l’organisation urbaine. Celle qui consiste à définir, notamment, une nouvelle stratégie en matière de transports en commun : près d’un actif parisien sur trois part travailler en banlieue, et 900 000 actifs résidant en banlieue viennent travailler à Paris. La vraie réponse réside dans l’amélioration substantielle des conditions de transport, dans les lignes de RER et de métro, et le maillage du réseau transports en commun en banlieue pour le projet Arc express ou Métrophérique. Les Parisiens attendent d’abord l’amélioration véritable de la qualité du service dans les transports collectifs existants, en particulier le métro et le bus. L’autre priorité doit porter sur les travaux d’infrastructures essentiels, tels que le renforcement de capacité de la ligne 13, la création de nouvelles gares face à la croissance du nombre de voyageurs, et pour réduire les nuisances qui impactent les riverains. La couverture du périphérique est également prioritaire. Elle doit associer collectivités publiques et entreprises dans un partenariat public-privé, gage d’une rapidité d’intervention. La question du logement constitue aussi un dossier central dans cette nouvelle vision à définir pour Paris et l’Ile-de-France. Comment accepter que le Sdrif 2007 prévoie moins de logements à Paris que celui fixé en 1994 ? Comment s’en étonner si l’on considère le nouveau Plan local d’urbanisme de Paris, défendu par Bertrand Delanoë, qui rend très difficile la construction de logements. Il n’y a pas de fatalité à reconduire une telle politique en matière de logement social qui a fait fuir les familles et les classes moyennes de Paris. S’agissant du développement économique et de l’emploi, les bonnes intentions ne suffisent pas.

C’est dans cet esprit que la majorité des représentants des Chambres de commerce et d’industrie (CCI) d’Ile-de-France, les conseils généraux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, ainsi que le Medef et la CGPME (syndicat des PME), ont déploré dans ce Sdrif le manque de volonté et d’orientation claires pour permettre à Paris et aux départements d’Ile-de-France de rattraper le retard sur ses principaux concurrents européens. Faisons nôtre, l’indication de Nicolas Sarkozy pour travailler à la naissance de cette structure de coordination et d’impulsion «c’est la rigidité des structures qui met en cause l’unité». L’avenir de la région capitale dépend justement de notre capacité à inventer, dans le respect de l’identité des collectivités locales et départementales, un nouvel horizon pour la prospérité, des onze millions d’habitants de Paris et de l’Ile-de-France.

par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Mardi 17 juillet 2007

[TRIBUNE LIBRE]

Le Grand Paris doit se fonder à partir des grands pôles existants et avec la coopération de leurs élus.


Par Par PATRICK BRAOUEZEC, , député de Seine- Saint-Denis, président de l’agglomération Plaine- Commune., Patrick Braouezec, député de Seine- Saint-Denis, président de l’agglomération Plaine- Commune.


LIBERATION / QUOTIDIEN : mardi 17 juillet 2007

La question du Grand Paris revient, par la voix du président de la République. A sa façon autoritaire habituelle, sous couvert d’efficacité, et sans s’embarrasser de détours théoriques, celui-ci invoque le principe d’urgente nécessité comme une évidence simple. Ce n’est pas parce qu’on ne tourne plus autour du pot que l’on n’est pas dans une démarche politicienne de court terme. Et cela, sans le moindre égard pour l’ensemble des élus locaux et pour les quartiers populaires.

La question du Grand Paris et du devenir de la région capitale est tout sauf une question technique de bonne administration ou de bonne entente entre les élus locaux. C’est vrai aussi dans le cadre de notre coopération avec la capitale. La conférence métropolitaine témoigne à sa façon de l’ambiguïté de l’exercice. Si le thème du Grand Paris y est le plus souvent éludé, il constitue en fait un non-dit aveuglant, structurant de nombreux documents d’étude. Or, il ne s’agit pas seulement de donner un espace nouveau à un simple besoin de dialogue, avec l’objectif affiché de régler de façon consensuelle des problèmes flagrants, après des décennies de mépris et de relégation entre Paris et ses banlieues populaires.

C’est une question de société, une question de valeurs et d’avenir à construire. Nous nous devons d’en relever les enjeux. En effet, il y a un point qui fait consensus, que toutes les études sur le Sdrif (schéma directeur de la région Ile-de-France, ndlr) mettent en avant comme un problème majeur : ce sont les inégalités sociales et économiques dont souffre cette région pourtant la plus riche de France (avec les plus bas revenus par famille concentrés dans la banlieue nord de la capitale).

Décréter le Grand Paris de cette façon, c’est renforcer les mécanismes en cours et c’est un développement de l’Ile-de-France de plus en plus inégalitaire. Les familles modestes et les couches moyennes se verront ainsi constamment reléguées toujours plus loin de la centralité parisienne. C’est dangereux socialement, en termes de développement durable, c’est renforcer l’étalement urbain, et c’est un frein à la compétitivité de notre région. Deux ans de travail et d’échanges entre les collectivités territoriales sur le Sdrif ont permis d’aboutir à un schéma de développement qui prend en compte des orientations favorisant le rééquilibrage. Balayer cela au détour d’un discours, en laissant croire à l’indétermination et à la frilosité des élus, est évidemment une insulte pour la démocratie et pour les populations.

La communauté d’agglomération que je préside est la preuve que des coopérations intercommunales très étroites et cohérentes sont possibles en Ile-de-France, sur d’autres critères que la concurrence, l’hégémonie ou la préservation de l’entre-soi des riches. Nous relevons le défi d’un développement solidaire tendant à faire de notre bassin de vie une centralité urbaine émergente, attractive, pôle de dynamisme économique mais aussi social, urbain, environnemental. Avec une ambition majeure : ne pas chasser de cette centralité les populations dans leur diversité.

Car la bonne santé de notre société repose sur la cohésion sociale qui est aussi la capacité à vivre ensemble, à faire de la ville le terreau d’un mélange de cultures, de créativités, de projet collectif où chacun aurait sa part active. Nous ne vivrons pas bien si nous sommes enfermés chacun dans un parcours prédéterminé. Déplacer le curseur administratif parisien pour y englober la petite couronne, c’est poursuivre simplement une histoire d’hégémonie monocentrée dont il est urgent de sortir. D’autant que se joue pour nous le devenir d’un territoire comme La Plaine- Saint-Denis, riche de potentialités de toutes sortes, où se cristallisent enjeux et convoitises.

Il est urgent de porter un autre regard sur ces territoires. Il s’agit de définir plusieurs pôles de centralité. On peut d’ores et déjà en déterminer cinq ou six existants, en plus de Paris, qui a bien sûr une place déterminante dans ce réseau : Plaine-Commune - Plaine-de-France, Seine-Amont, l’Est parisien, au même titre que la Défense ou Issy-les-Moulineaux. Ainsi on peut envisager des dynamiques nouvelles, fondées sur des synergies et des coopérations, un rééquilibrage régional avec des centralités qui ne soient pas synonymes d’exclusion, comportant l’ensemble des services qui font la qualité de la ville dense, pour tous, y compris les familles modestes.

Cela suppose des politiques publiques affirmées à tous les niveaux, depuis l’Etat jusqu’à la commune, avec des choix d’investissement ; et en accompagnant la création des intercommunalités indispensables à une gouvernance collective, à la bonne échelle de territoire. Ainsi nous participerons tous à un élan nouveau au service des populations en même temps qu’à l’attractivité de notre région.

par Grand Paris publié dans : Actualité Région IDF
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Mardi 17 juillet 2007
[TRIBUNE LIBRE]
Imaginer une circulation à vélo au-delà du périphérique aurait été un pas vers le Grand Paris.
Par l’association, la Périfée­rique.
LIBERATION / QUOTIDIEN : mardi 17 juillet 2007
    
 
Paris doit sortir de son isolement et jouer la carte de la coopération métropolitaine pour le développement des vélos en libre-service à l’échelle de l’agglomération. Avec Vélib’, la mairie de Paris a inauguré un parc de 20 000 vélos mis à la disposition du grand public. Comme en témoignent les expériences réussies de plusieurs grandes villes françaises et européennes, le dispositif, voulu par Bertrand Delanoë, devrait permettre de faire changer d’échelle l’usage de la bicyclette à Paris, et s’inscrit ainsi dans le cadre du Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) qui vise à réduire de 40 % la circulation automobile dans la région d’ici à 2040.
Cependant, on peut s’interroger sur le périmètre visé par ce dispositif. Pourquoi limiter la mise à disposition des bicyclettes au seul territoire de Paris, alors que c’est sur la région tout entière que doivent porter les efforts pour changer les habitudes de déplacement ? Selon le dernier rapport annuel de l’Observatoire des déplacements à Paris, 55 % des déplacements dans Paris intra-muros se font à pied et 5 % à vélo. Entre Paris et la banlieue, la proportion des trajets effectués à pied et à vélo tombe respectivement à 2 % et 1 % de la totalité des déplacements quotidiens. En clair : on ne franchit le périphérique que propulsé par un moteur, que ce soit celui d’un transport collectif ou de son véhicule personnel. Cet immense anneau de bitume qui encercle la capitale apparaît donc comme une frontière infranchissable pour les circulations douces. Or la vie des Franciliens n’est plus structurée, d’un point de vue territorial, par des frontières administratives.
Près d’un million de personnes viennent quotidiennement travailler à Paris et 300 000 Parisiens font le chemin inverse vers la banlieue. Ainsi, alors que les lignes de métro desservant la banlieue sont saturées, la politique ambitieuse de la municipalité parisienne pour la réduction du trafic automobile ne peut être ressentie par les banlieusards que comme un rejet derrière une zone qui retrouve ainsi son ancienne vocation de fortification. L’Observatoire des déplacements montre également que trois quarts des trajets à vélo sont des déplacements professionnels et que la durée moyenne d’un déplacement est de vingt-cinq minutes, ce qui représente une distance de 5 à 10 km. Sachant que l’A86 est située à environ 10 km du centre de la capitale, ces chiffres montrent que le vélo peut remplacer la voiture et les transports en commun pour l’essentiel des déplacements à Paris et en proche banlieue.
Ajoutons que le vélo peut offrir une solution efficace pour les déplacements transversaux, entre communes de banlieue, là où l’offre de transport en commun est notoirement insuffisante. L’enjeu est donc de taille : le développement du vélo peut modifier profondément les habitudes de déplacement urbain. Il suffit de quelques minutes pour se rendre à bicyclette d’Arcueil à la place d’Italie, de Vincennes à Nation, de Montrouge à Montparnasse ou d’Asnières à Saint-Lazare. Les canaux, les bois, la coulée verte et les bords de Seine ne sont utilisés que le dimanche par des parisiens émerveillés de découvrir la nature à leurs portes. Pourquoi ne pas en faire des voies de circulation pour des déplacements quotidiens entre des arrondissements et des communes qui partagent un espace commun ?
La Périféerique a organisé, en mai 2006, l’opération «Cœur ou moteur ?», test comparatif des différents modes de transport, entre Clichy et Gentilly, soit une traversée de Paris du nord au sud. En quarante minutes, un cycliste, évoluant à vitesse moyenne et respectant intégralement le code de la route, a démontré la supériorité de la propulsion humaine sur le moteur à essence, face à un automobiliste coincé plus d’une heure dans les embouteillages du périphérique. Cette avance aurait considérablement fondu si le cycliste avait été obligé de changer deux fois de vélo, en entrant dans Paris, puis en ressortant de la capitale, simplement parce que les trois collectivités traversées n’auraient pas opté pour des dispositifs de mise à disposition de vélos compatibles entre eux !
La municipalité parisienne doit d’urgence engager une concertation avec les maires de la première couronne. Un cadre partenarial nouveau existe pour cela : la conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne, inaugurée par les maires des villes limitrophes et de Paris en juillet 2006. Destinée à mettre en cohérence les politiques publiques locales du cœur de la région, elle pourrait se voir confier une mission de concertation et de coordination entre les communes pour la création d’un service public de mise à disposition de bicyclettes, unifié et étendu - au moins - aux villes de la première couronne.
C’est en partageant son ambition et ses efforts avec ses voisines, indépendamment des contingences électorales, et en cherchant à casser la frontière que représente le périphérique que Paris pourra efficacement lutter contre l’invasion automobile, et permettre aux habitants des villes et arrondissements limitrophes de se découvrir enfin voisins.
La Périféerique milite depuis 2003 pour l’ouverture sur une journée du boulevard périphérique aux piétons et aux sportifs, pour le renforcement des liens sociaux entre Paris et la banlieue. Cette initiative a déjà reçu le soutien de 15 000 Franciliens et de 140 maires d’Ile-de-France, dont le maire de Paris.
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Lundi 16 juillet 2007

[PRESSE]

LE FIGARO

LAURENCE CHAVANE.

Publié le 16 juillet 2007


François Fillon a écrit à Jean-Paul Huchon pour lui demander de surseoir à l'enquête publique sur la révision du SDRIF.

L'ÉPREUVE de force est engagée entre l'État et le conseil régional d'Ile-de-France sur le rôle de la première région française dans la compétition mondiale. Selon nos informations, le premier ministre, François Fillon, a envoyé, jeudi 12 juillet, une lettre au président de Région Jean-Paul Huchon (PS) lui demandant de surseoir à l'enquête publique sur la révision du SDRIF, le schéma directeur de la région Ile-de-France. Il y rappelle les ambitions internationales de Nicolas Sarkozy pour le coeur de la France.

Ce n'est pas un hasard si ce même jeudi, le président de la Région a annoncé haut et fort qu'il venait de signer l'arrêté portant ouverture de l'enquête publique. Il pousse les feux en faisant franchir sans tarder une nouvelle étape au projet d'aménagement adopté par la Région en février dernier.

Certes, l'affaire prend à ce stade apparemment l'allure d'une bataille de procédure, voire d'une nouvelle bisbille politique entre la droite et la gauche. Mais l'État et la Région sont incontestablement en désaccord sur le fond. Ils n'ont pas la même vision des enjeux de développement et divergent sur la façon de relancer l'attractivité de l'Ile-de-France dans la course où s'affrontent les grandes puissances.

La région parisienne a un rôle particulier à jouer par rapport aux autres « régions capitales » européennes. Du fait de son histoire et de sa géographie, c'est elle qui entraîne - qu'on le veuille ou non - le reste du pays. Et l'affaiblissement des positions de l'Ile-de-France dans le paysage national se confirme d'année en année. Les dernières statistiques 1997-2006 (Acoss) montrent que l'emploi a progressé de 16 % en Ile-de-France contre 17,1 % pour la moyenne nationale, dont 24,7 % en Paca. Et l'activité se déplace de Paris vers les petite et grande couronnes.

Paris n'est pas à l'abri du monde

Cela signifie que les embauches sont moins porteuses dans les endroits les plus accessibles du marché de l'emploi. Que Paris ne tire plus autant leur croissance. Dans une étude Une région de projet : l'avenir de Paris, publiée fin 2006 par la Diact, l'urbaniste Paul Chemetov et l'économiste Frédéric Gilli mettent aussi en garde : « Paris doit rester un indiscutable centre du monde, il serait funeste de se tromper d'échelle. » L'échelle, c'est ce qui oppose l'État, les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise, les Yvelines et les chefs d'entreprises (Medef, CGPME, CCI) à la Région qui craint le développement du territoire à deux vitesses. Les points de désaccord portent sur l'extension du pôle de la Défense, l'équilibrage entre l'Ouest et l'Est et la liaison rapide CDG -Express. L'État veut relancer le quartier de bureaux emblématique et n'accepte pas que la Région contrecarre cette « opération d'intérêt national ». Il privilégie le développement des « territoires économiques majeurs » et veut conforter Roissy comme grande porte d'entrée européenne.

Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, l'élue régionale Catherine Candelier et Mireille Ferri, vice-présidente de la Région, qualifient dans Le Monde du 13 juillet la liaison avec Roissy d'« infrastructure ferroviaire dédiée aux golden boys afin qu'ils puissent rejoindre plus rapidement l'aéroport de Roissy sans s'arrêter dans les contrées défavorisées de l'Est pour éviter d'y côtoyer la plèbe ». Cela en dit long. Pour ces élus, la France doit se développer dans la bulle de Globalia à l'abri du monde. Rien que la ruée des Britanniques sur l'immobilier hexagonal démontre le contraire.

L'avis du Conseil de Paris sur le futur SDRIF est attendu demain. Il donnera aussi le ton sur la création d'un Grand Paris, une autre bataille de pouvoir qui oppose cette fois-ci le maire de Paris au président de Région. Car une intercommunalité entre la capitale et les communes alentour qui est jugée utile par le chef de l'État, affaiblirait le poids politique de l'élu régional.

par Grand Paris publié dans : Actualité Région IDF
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Vendredi 13 juillet 2007

[TRIBUNE LIBRE]

Le pari du Grand Paris

Le projet d’une structure intercommunale vient d’être relancé par le chef de l’Etat.

Par Roland Castro, architecte urbaniste.

LIBERATION / QUOTIDIEN : vendredi 13 juillet 2007


Au boulot ! Il est urgent de construire un Paris véritablement métropolitain et de passer ainsi d’une capitale de 10 kilomètres sur 10 à une métropole de 30 sur 30. Ce Grand Paris est une réponse à la ségrégation urbaine de Paris à l’encontre de sa banlieue, dont les émeutes de novembre 2005 étaient révélatrices.

On ne peut plus vivre à cette échelle avec un centre omnipotent et de plus en plus petit par rapport à l’urbanisation générale de la ville. Il faut répartir les centres. En terme de territoire, c’est presque revenir au département de la Seine et porter un regard inversé sur la périphérie : polycentrer la métropole parisienne. Un tel projet implique d’étendre le droit au logement opposable à un droit à l’urbanité. Cela implique que chaque point du territoire métropolitain en vaille bien un autre, la cité-jardin de Suresnes ou l’avenue Foch. Le droit à l’urbanité englobe un bon logement, un plaisir d’habiter, une reconnaissance de son immeuble, le sentiment d’un quartier qui renvoie une image de citoyen, d’un promeneur citadin et pas seulement d’un habitant qui marche de son parking à sa porte d’entrée.

Lorsque j’ai remodelé des grands ensembles, à Lorient ou ailleurs, les habitants nous ont dit que, depuis, ils voulaient à nouveau recevoir chez eux. Le remodelage des grands ensembles permet d’aller plus loin que de simples opérations de réhabilitation. Il intervient autant sur l’image d’un bâtiment que sur l’amélioration de l’habitat : les logements bénéficient d’extensions, les séjours sont agrandis, la «cage à lapins» devient immeuble résidentiel. Le remodelage envoie, de plus, un message positif de respect des habitants et de la mémoire des lieux.

Le droit à l’urbanité se pose donc comme une égalité républicaine, en réponse à la ville à deux vitesses dans laquelle des quartiers se différencient de plus en plus les uns des autres, où le droit et la République tendent à disparaître. C’est dire que chaque HLM doit être digne, ce que tout le monde appelle beau. C’est dire aussi que chaque commune de ce territoire doit être désenclavée et attractive à l’échelle de toute la métropole. Vu de Montfermeil ou de Clichy-sous-Bois, cela signifie plus un seul bâtiment moche, plus de quartier sinistre, et aussi une multitude de possibles à moins d’une demi-heure de trajet.

Il s’agit aussi d’inventer de bonnes raisons pour tous les métropolitains de se rendre à Montfermeil ou à Clichy : la cinémathèque ou la direction de la SNCF, voire les deux. Le musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne à Vitry est un bon exemple : voilà un musée d’art contemporain plutôt mieux que celui du Palais de Tokyo moins destroy, branché, cynique, plus proche du MoMa de New York. Déjà, en 1983, dans le cadre de la mission Banlieue 89, j’avais proposé à François Mitterrand d’implanter la Grande Bibliothèque à l’emplacement du Stade de France à Saint-Denis, et de construire l’opéra au confluent de la Seine et de la Marne. Hélas il choisit le Paris des rois, alors qu’il aurait pu donner un signe public fort en décidant d’investir la banlieue avec de grands lieux de culture : la mémoire du monde se serait trouvée à Saint-Denis, à deux pas des rois de France et du quartier des Francs-Moisins. C’était l’anoblissement de la banlieue.

Remodeler les bâtiments, on sait faire, métamorphoser un quartier aussi (à Villeneuve-la-Garenne, La Caravelle a été transformée en douze ans et n’a pas connu d’émeutes à l’automne 2005 alors qu’elle alimentait régulièrement la chronique), désenclaver - le tram de Saint-Denis-Bobigny en est l’exemple -, créer des équipements attractifs comme à Vitry. Finalement, on sait tout faire. Grâce à deux ou trois concepts de plus, on peut passer d’un rapport inégal entre le centre historique et la périphérie, à un rapport polycentrique égalitaire à l’échelle du territoire métropolitain : de Galilée à Copernic. Il faut organiser une centralité périphérique inventant des trajets de banlieue à banlieue et brisant le réseau en toile d’araignée actuel. J’ai proposé d’installer les ministères et les grandes institutions de la République sur cette ligne. Et à Saint-Denis, on pourrait même imaginer l’Elysée.

Il faut faire de la topolitique : c’est penser toutes les décisions d’aménagement, d’implantation avec l’obsession de rendre visible la République en tout point de la métropole. Il faut réinventer des interventions urbaines à la hauteur de l’ambition d’un Haussmann, sans le caractère homogénéisant que tout le monde connaît sur les grands boulevards, mais plutôt en dessinant une unification en patchwork de pièces urbaines et paysagères variées et baroques. C’est-à-dire respecter l’éclectisme des faubourgs tout en le ponctuant de bâtiments générateurs de sens. Il faut, par exemple, implanter la gare de l’Eurostar à Saint-Denis. Les institutions d’Etat, à la manière des Finances déménageant à Bercy, doivent, sans barguigner, se relocaliser au milieu du peuple. Le ministère de l’Intérieur a d’ailleurs commencé à Levallois-Perret, Asnières ou Saint-Denis.

Aujourd’hui, en Italie, Vittorio Gregotti, architecte et urbaniste majeur, défend aussi l’idée de créer des centres historiques en périphérie de ville, ce qui se fait à Rome et à Milan. La représentation politique doit bouger à la hauteur du problème et de l’ambition. De nouvelles représentations sont à inventer : une assemblée de maires de cent communes et des vingt arrondissements peut fabriquer une véritable supracommunalité. Elle serait représentée par un maire du Grand Paris dont l’autorité s’exercerait sur les coutures et les liaisons du patchwork. Il disposerait d’une autorité absolue sur les questions de solidarité nationale telle que l’application de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains), alors que la liberté et l’autonomie communale seraient renforcées. Les regroupements communaux de type Plaine Commune (Seine-Saint-Denis) seraient encouragés. Ce serait une construction mixte, jacobine et girondine. Sur les curriculum vitae, tous les habitants du Grand Paris habiteraient Paris.

Ainsi, si l’embellissement est la règle, le désenclavement la condition, l’attractivité multisites la décision commune, se fabriquerait une première mondiale : une métropole signifiant visiblement et sensiblement l’égalité de chacun. Cette ambition urbaine devrait se compléter du droit de vote des étrangers aux élections locales, afin qu’à la citadinité retrouvée corresponde la citoyenneté indispensable. Jaurès, en faisant édifier dix-sept cités-jardins dans le Grand Paris, a montré la voie de l’urbanité républicaine. C’est aujourd’hui sur cette trace qu’il faut penser la construction de la métropole du XXI e siècle.


Dernier ouvrage paru : Faut-il passer les banlieues au Kärcher ?, l’Archipel, 2007.

par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Jeudi 12 juillet 2007


Point de vue

Nicolas Sarkozy, le grand "recentralisator",

par Denis Beaupin, Catherine Candelier et Mireille Ferri

Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, chargé des transports ;

Catherine Candelier, vice-présidente du groupe Verts au conseil régional d'Ile-de-France ;

Mireille Ferri, vice-présidente du groupe Verts au conseil régional d'Ile-de-France, chargée de l'aménagement du territoire


LE MONDE | 12.07.07 | 14h38 • Mis à jour le 12.07.07 | 14h38


Depuis le 6 mai, nous sommes entrés dans un nouveau régime : celui du président omniprésent, omniscient, omnipotent. Non content d'empiéter quotidiennement sur les plates-bandes de ses ministres, de mettre au pas l'UMP, de nommer ses fidèles aux postes clés de la préfectorale et des médias, il veut maintenant faire main basse sur les régions, à commencer par la première d'entre elles, l'Ile-de-France. Sarkozy, ça n'aura jamais été l'Etat impartial, mais c'est déjà l'Etat "imperator", "recentralisator".


Au moment où les grandes démocraties européennes fondent leur développement sur la dynamique régionale et le fédéralisme, la France serait-elle en passe d'en revenir aux archaïsmes du jacobinisme, de la centralisation à outrance, de la mise sous tutelle des collectivités locales ? Selon l'ancien maire d'une des communes les plus riches de France (Neuilly) et de l'ancien président du conseil général du plus riche département français (les Hauts-de-Seine), il serait temps de reprendre en main le schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif), le "Grand Paris" et ses infrastructures.


Son offensive principale porte sur le Sdrif. C'est tout sauf anodin. A l'issue de la plus grande concertation jamais menée en Ile-de-France, avec l'ensemble des élus, des acteurs économiques, sociaux et associatifs et avec les citoyens - au travers de questionnaires et de conférences citoyennes -, le conseil régional a en effet adopté, en février, son projet de schéma directeur qui entend faire de l'Ile-de-France la première éco-région d'Europe.


Pour affirmer cette ambition, ce schéma directeur s'attaque à toutes les vaches sacrées du développement économique gaullo-productiviste : il souligne le nécessaire rééquilibrage Est-Ouest, il prône la fin de l'étalement urbain par une densification raisonnée du coeur d'agglomération, la construction de 60 000 logements par an (dont 30 % de logements sociaux y compris dans les villes les plus riches), la priorité aux transports collectifs. Le Sdrif remet en cause les vieilles conceptions de l'aménagement du territoire qui ont amené à ce que des villes et des quartiers soient laissés en déshérence. Il promeut un aménagement qui anticipe les mutations climatiques et énergétiques à venir en mettant en avant le concept de ville dense et multifonctionnelle. Crime de lèse-majesté, enfin, il n'hésite donc pas à s'opposer à l'extension du quartier d'affaires de la Défense et à la construction de nouvelles autoroutes dans la région.


Ceux qui avaient naïvement cru que la signature du pacte de Nicolas Hulot, la nomination d'un super-ministre du développement durable et la convocation d'un Grenelle de l'environnement valaient conver