Jeudi 26 juin 2008
PRESSE

Ce rassemblement a du coup incité Christian Blanc, nommé en mars secrétaire d'Etat à la région capitale par Nicolas Sarkozy pour mettre en musique le projet présidentiel de Grand Paris, à sortir de sa discrétion médiatique. M. Blanc a approuvé la création de ce fameux "syndicat mixte". Ce, pour ne pas rester en dehors de cette opération. Et afficher une volonté de concertation, quitte à légèrement amender le scénario qu'avait conçu M. Sarkozy. "D'abord les projets, ensuite la gouvernance", avait pourtant insisté le président de République en recevant, samedi 21 juin, les élus UMP parisiens. "Je ne serai pas un technocrate enfermé dans sa tour de silence qui, le moment venu, sortira une vérité", a expliqué pour sa part le secrétaire d'Etat. "Je présenterai d'ici la fin 2008 les prémisses d'un projet pour la région parisienne et avant la fin 2009 un projet de gouvernance", a-t-il exposé. Mais "je m'appuierai sur le syndicat mixte", s'est-il engagé. Pour les élus de gauche proches du maire de Paris, Bertrand Delanoë, à l'initiative de la manoeuvre, le syndicat mixte "est la première étape vers la création d'une future nouvelle collectivité locale", comme le résume Pierre Mansat, adjoint PCF au maire de la capitale.

 

COMMUNAUTÉ D'AGGLOMÉRATION

 

"Les élus veulent pouvoir orienter les décisions que l'Etat pourrait prendre, notamment en matière de redistribution des richesses entre les communes", a ajouté Philippe Laurent, maire (app. UMP) de Sceaux (Hauts-de-Seine), favorable à terme à la création d'une communauté d'agglomération à l'échelle de la petite couronne.

"Ce syndicat mixte doit d'abord nous inciter au partage", a insisté Bertrand Delanoë. Le maire de la capitale s'est dit de nouveau prêt, mercredi, à "mutualiser" les recettes de taxes professionnelle de Paris avec les collectivités d'Ile-de-France. Nous devons "être imaginatifs" pour mettre en commun d'autres ressources, a-t-il insisté. "Dès le 1er janvier 2009, il suffirait d'un amendement dans la prochaine loi de finance" pour mutualiser ces taxes sur les transactions immobilières, a fait valoir Claude Bartolone, président socialiste du département de Seine-Saint-Denis. La manne fiscale des droits de mutation profite aujourd'hui surtout à Paris et aux Hauts-de-Seine. Son éventuelle redistribution est surveillée de près par les élus UMP. "Je suis d'accord pour partager mais l'égalité entre les territoires se fera aussi par la création de richesses", a ainsi prévenu M. Devedjian. "Le développement économique" avant tout, a appuyé M. Blanc.

Ce dernier a surpris l'auditoire en évoquant les priorités en matière d'infrastructures. "Il ne faudra pas se tromper dans les investissements", a-t-il insisté. Sans mettre en cause l'idée d'un métro en rocade autour de Paris, il a déclaré : "Dans quinze ans, toutes les voitures seront électriques. Si on ne construit plus du tout de routes, nos concitoyens ne comprendront pas."

Béatrice Jérôme
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Lundi 23 juin 2008
PRESSE
JDD
Dimanche 22 Juin 2008
Propos recueillis par Bertrand GRECO
 
Candidat UMP aux élections régionales en Ile-de-France en 2010, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, snobait la Conférence métropolitaine. Il a changé d'avis et se rendra mercredi aux "Assises de la métropole". Les maires de la petite couronne et les élus de la région plancheront cette fois sur la "gouvernance de la métropole".

Pourquoi participez-vous mercredi à la Conférence métropolitaine de Bertrand Delanoë, alors que vous la boycottiez jusqu'ici?
Au début, cette Conférence métropolitaine était une opération publicitaire visant à montrer que Paris discutait avec ses voisins. Mais chaque fois qu'un problème concret se posait, Bertrand Delanoë décidait de manière unilatérale, sans consulter les communes limitrophes. Ainsi, il a fermé le tunnel de Charenton ou la sortie sur Vanves, il a déclassé des logements sociaux à la Garenne-Colombes, sans informer les maires concernés. Nous n'avions aucun intérêt à être les figurants de cette mise en scène. Ceci dit, on observe un changement ces derniers temps. Je constate que Bertrand Delanoë, Claude Bartolone ou d'autres, acceptent désormais de dialoguer avec la droite et le gouvernement sur la question du Grand Paris. Dès lors, dans la mesure où le débat est lancé, toutes les tribunes doivent être utilisées. Il ne s'agit pas d'institutionnaliser la Conférence métropolitaine, qui n'a pas de base légale, ni aucun pouvoir de décision. Mais de diagnostiquer ensemble ce qui ne va pas dans cette région et tenter de trouver des solutions.

Quelles propositions concrètes comptez-vous faire?
Je dirai que la définition d'un Grand Paris ne doit pas être classiquement territoriale, mais construite sur de grands projets, permettant la relance de l'emploi, de la croissance, du logement, des transports... en petite comme en grande couronne. Avant de penser à la structure, il faut d'abord se mettre d'accord sur ces grands projets. J'ai proposé la création d'un ou deux grand campus universitaires, d'un grand pole d'affaires à l'Est (Val-de-Marne ou Seine-et-Marne), d'une ou deux écopolis en grande couronne. Je défends non seulement Métrophérique, en proche couronne, mais aussi la rocade ferrée SNCF reliant les tangentielles. Bien sûr, je soutiens à fond le développement d'un grand pole d'innovation et de technologie sur le plateau de Saclay ou encore le pole aéroportuaire de Roissy, souhaités par le Président de la République. Le Grand Paris doit être une chance à saisir, au-delà des clivages politiques. Et surtout, il faut absolument refuser l'enfermement de Paris sur lui-même, ou sur les communes limitrophes. Une marginalisation de la grande couronne remettrait en cause la totalité des solidarités en Ile-de-France.

"Nous sommes en compétition"

Cette Conférence métropolitaine a pour thème la "gouvernance de la métropole"...
La priorité, ce sont les projets. Après, on réfléchira à un modèle le plus léger possible. Je ne crois pas à la création d'une nouvelle entité territoriale qui se rajouterait au mille-feuilles déjà très lourd en Ile-de-France. Imaginons une structure ad hoc, définie par une loi cadre _en 2009_, qui regrouperait tous les acteurs et permettrait des actions et des financements complémentaires. Aujourd'hui, les contraintes légales et réglementaires sur les grands chantiers nous freinent: nous mettons des années de plus qu'il y a vingt ou trente ans pour réaliser des opérations. Or, nous sommes en compétition avec le Grand Londres, Berlin, Barcelone, Amsterdam... Il faut donc une loi cadre, pour faciliter les grands chantiers par des dérogations aux normes et règles trop tatillonnes.

Le Grand Paris ne risque-t-il pas de "faire pschitt", comme le pronostique Jean-Paul Huchon?
Il y est opposé depuis le début. C'est une position absurde. On n'est pas là pour défendre nos chapelles. A part lui, tout le monde _à droite comme à gauche_ est conscient que quelque chose ne marche pas dans notre région. La dynamique régionale est en panne. Il est de notre devoir de trouver des solutions pour relancer la machine. Il ne s'agit pas de déclarer la guerre aux institutions, mais à l'immobilisme.

Nicolas Sarkozy a évoqué l'idée d'un référendum sur cette question. Qu'en pensez-vous?
Il en a parlé. Je ne sais pas s'il imagine un référendum sur la gouvernance ou sur un projet global. Il en dira plus à l'automne. Je ne vois pas pourquoi on ne demanderait pas aux Franciliens leur avis. Ils pourraient choisir entre deux projets, par exemple. Pour cela, il est sage d'attendre les propositions que feront les dix équipes d'architectes et urbanistes mandatées par le Président. Et celles de Christian Blanc, qui, pour l'instant, consulte et prépare le grand projet commun.

Les présidents des conseils généraux de gauche en Ile-de-France se sont réunis cette semaine. Ils réclament une "solidarité financière"...
Je m'étonne de voir ces cinq départements de gauche Paris n'était pas invité, d'ailleurs organiser des réunions... sans la région. Cela ressemble fort à un désaveu, une remise en cause de la région. Ce n'est pas la volonté du Président de la République lorsqu'il lance le Grand Paris. Quant aux "solidarités financières", on verra. D'abord, mettons nous d'accord sur ce qu'on veut réaliser ensemble, ensuite on parlera des financements. Il faut faire les choses dans l'ordre.
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Lundi 23 juin 2008
PRESSE
LE MONDE | 20.06.08

Convaincu que "les têtes qui se trouvent au sommet de l'Etat ne pensent qu'à (le) dézinguer", Jean-Paul Huchon, le président PS de la région Ile-de-France, a décidé de passer à la contre-offensive. Cible de Nicolas Sarkozy - qui déplore son "immobilisme" dans la modernisation du RER A et relaye du coup la campagne très active de Roger Karoutchi, candidat (UMP) déclaré à la présidence de la région -, l'actuel patron de l'Ile-de-France a présenté, jeudi 19 juin, un plan de 17,8 milliards d'euros pour les transports franciliens.

M. Huchon a mobilisé les grands élus PS d'Ile-de-France : Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Michel Berson, celui de l'Essonne, Vincent Eblé, celui de Seine-et-Marne, ainsi que Bertrand Delanoë, maire de Paris, tous soucieux de "ne pas laisser la région perdre ses prérogatives en matière de transports" au moment où M. Sarkozy évoque "une reprise en main par l'Etat".

Pour eux, il faudrait 13,7 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2020 pour répondre aux besoins de déplacements des Franciliens. 4,1 milliards d'euros sont aujourd'hui consacrés par l'Etat et les collectivités à ce secteur. Dans les dix ans à venir, la priorité devrait être donnée, estiment-ils, à la rénovation du réseau RER et des trains de banlieue et à "l'accélération" de trois grands chantiers : la prolongation de la ligne 14 du métro parisien pour désaturer la ligne 13, du RER E jusqu'à la Défense (projet Eole) et la création d'un métro circulaire autour de la capitale.

"Arc-Express devrait être mis en oeuvre d'ici dix ans et à terme faire le tour de Paris", a souhaité M. Huchon qui ne s'est jamais montré aussi déterminé à soutenir ce projet. Alors que seulement 25,5 millions d'euros d'études sont prévus dans le contrat de plan Etat-région 2007-2013 pour cette rocade, la réalisation de la boucle complète est estimée à 6 milliards d'euros.

M. Huchon et ses collègues de gauche proposent que la région et les 8 départements d'Ile-de-France contribuent pour un tiers à l'effort supplémentaire de 13,7 milliards d'euros pour les transports. Le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) qui finance le fonctionnement des transports, presque exclusivement à la charge de la région et des départements depuis 2006, pourrait contracter "un grand emprunt de 3 à 4 milliards", a proposé M. Huchon, qui préside cet organisme. Des partenariats public-privé, notamment pour Arc-Express, et une participation plus importante des entreprises assureraient le second tiers. Reste à convaincre l'Etat pour le tiers restant.

Conviés jeudi par M. Huchon, ni Dominique Bussereau, ministre des transports, ni Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, n'ont répondu à l'invitation. M. Borloo a proposé en revanche à M. Huchon et aux élus franciliens de les recevoir le 9 juillet à son ministère pour discuter du plan de la région.

Béatrice Jérôme


par Grand Paris publié dans : Actualité Région IDF
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Vendredi 20 juin 2008
La mutualisation de la  Taxe professionnelle est l'un des enjeux du Grand Paris afin d'améliorer la solidarité territoriale. Voici la répartition actuelle des montants perçus entre les départements de la première couronne.
On constatera que Paris et les Hauts de Seine perçoivent actuellement 72.5% des recettes globales. Ces fortes inégalités récurentes ne permettent pas actuellement de mener des politiques structurelles d'harmonisation urbaine, économique et sociale.


> Les bases de la TP. Elle correspondent aux sommes soumises à cet impôt et reflètent le potentiel économique réel des territoires

Paris 5,6 millards € ( 39,5 % des bases)
Hauts de Seine 4,7 milliards € (33%)
Seine Saint Denis 2,2 milliards € (15,5 %)
Val de Marne 1,7 milliards (12%)

> les produits de taxe professionnelle résultent du mixte entre la base et les choix de fiscalité
cet impot rapporte  3 039, 58 millions € pour Paris, le 92, 93,94.

Hauts de Seine  915,18 millions € (30%) > 640,4 €/habitants
Seine Saint Denis 803,47 millions € (26,4 %) > 581 €/habitants
Val de Marne 529, 09 millions € > 431,1 habitants
Paris 791 millions € (26,4% ) > 368,6€/ habitants
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Vendredi 20 juin 2008
PRESSE
Le Journal du Dimanche 
Dimanche 15 Juin 2008
Propos recueillis par Hervé GUENOT


Laurent Lafon, maire (Nouveau Centre) de Vincennes, président du groupe Centre à la région Île-de-France et membre du secrétariat de la Conférence métropolitaine, explique comment il aborde les prochaines assises de la Métropole. Il plaide pour que les élus élaborent d'abord "une méthode" et précise pour le JDD ses trois priorités pour l'Ile-de-France.

Les Assises de la Métropole se tiennent dans le cadre de la Conférence métropolitaine le 25 juin à La Plaine-Saint-Denis. De quoi se compose la Conférence métropolitaine et quelle est sa fonction?
La conférence métropolitaine a été lancée avant même que le Grand Paris ne soit l'objet de débats publics. Les élus de première couronne, de toutes tendances, souhaitaient disposer d'un lieu de dialogue. Pourquoi cette instance? Parce que nous avons constaté, nous, élus, que certaines politiques publiques dans l'agglomération parisienne ne sont pas menées avec assez d'efficacité: transports, logements, développement économique, disparités sociales et territoriales. Sur ces quatre sujets, nous sommes confrontés à des problématiques spécifiques, d'où la nécessité d'entamer ce dialogue entre nous. C'est l'émergence du fait métropolitain qui soutend la conférence métropolitaine aujourd'hui. Nous souhaitons lui donner une visibilité plus grande à travers ces assises de la métropole. Tous les maires sont invités, les responsables associatifs et économiques aussi, de même que le secrétaire d'Etat au développement de la région capitale, Christian Blanc. Pour que l'Etat puisse également nous écouter.

Une partie de la droite francilienne a traîné les pieds pour participer à cette conférence métropolitaine. Est-ce parce que c'était au départ une idée du maire de Paris?
Je ne peux répondre à la place de ceux qui n'étaient pas là au départ: moi, j'y étais. Je constate que les positions évoluent... Tant mieux. Sur ce dossier du Grand Paris ou de Paris Métropole, nous ne pouvons pas rester au simple stade des prises de position à travers les médias. Il est temps désormais de discuter entre nous. C'est pourquoi le secrétariat de la conférence métropolitaine invite tous les élus à participer à ces assises.

"Le Grand Paris n'a pas vocation à tout faire"

Quels thèmes aimeriez-vous voir aborder lors de ces assises? Mode de gouvernance? Solidarité Est-Ouest?
Il faut éviter certains écueils. Le Grand Paris n'a pas vocation à tout faire. Certaines politiques publiques, gérées par les communes, sont efficaces grâce à leur proximité. Pas question de transférer la gestion des cimetières ou la gestion des théâtres locaux. Mais il y a quatre dossiers à traiter au niveau du Grand Paris: les transports, le logement, le développement économique et un autre, transversal: les disparités sociales, fiscales. Car un territoire ne peut se développer si ces disparités ne sont pas davantage maîtrisées. Et réduites.

Qu'attendez-vous comme décisions concrètes de ces assises?
Les dossiers sont complexes, nous avons donc besoin d'une méthode de travail. J'attends qu'on élabore cette méthode. Comment avancer? L'Etat a défini son calendrier. A nous maintenant de travailler parallèlement pour définir notre vision du Grand Paris. Les assises doivent nous permettre de définir le cadre et le calendrier de travail des prochains mois. Si nous voulons que nos propositions soient prises en compte, c'est maintenant qu'il fait les élaborer. Demain, il sera trop tard.

Quelle est votre position sur le Grand Paris? Faut-il supprimer les départements? Aller vers une communauté urbaine?
Pour l'heure, la structure institutionnelle du Grand Paris n'est pas la question essentielle. En posant aujourd'hui la question de la structure, on risque de polariser le débat sur les institutions existantes. Alors qu'il faut créer une structure spécifique pour l'agglomération parisienne. Travaillons d'abord sur les politiques publiques (transports, logement) et sur la question essentielle du financement. Et la structure découlera de ces champs de réflexion. Cela étant, la création d'une agglomération parisienne ne s'oppose pas aux départements ou à la région, de même les villes de seconde couronne ont intérêt à ce que toute la région soit tirée par une métropole active.

Quel rôle alors pour la région?
En tant que conseiller régional, je regrette que la région ait une position défensive sur ce sujet majeur. Elle aurait au contraire avantage à ce que le coeur central soit mieux structuré. Que je sache, la région Rhône-Alpes a bénéficié du dynamisme de l'agglomération lyonnaise. Avec le Grand Paris, la région Ile-de-France sera tirée vers le haut. Mais il faut reconnaître que, quelles que soient les alternances politiques, la région n'a pas été en mesure de porter des politiques fortes depuis 1976. Malgré tous les contrats de plans, la région n'a pas sorti un seul projet véritablement structurant en matière de transport. Même remarque sur le logement. La région n'a pas répondu aux problèmes du coeur central de l'agglomération: il faut bien en tirer les conclusions.

"La crédibilité est le premier défi du Grand Paris"

Certains estiment que Christian Blanc joue le rôle d'un superpréfet, chargé de mettre sous tutelle une région Ile-de-France et une capitale qui votent à gauche. Bref, le gouvernement voudrait récupérer par l'administratif un pouvoir perdu dans les urnes. Qu'en pensez-vous?
Je pense que la nomination de Christian Blanc est une bonne chose pour l'Ile-de-France, d'abord parce que l'homme a des qualités indéniables. C'est aussi la preuve que l'Etat a un intérêt particulier à voir se structurer l'agglomération parisienne. Des élus locaux en régions seraient ravis qu'un secrétaire d'Etat soit nommé pour aider au développement de leur territoire. Pourquoi n'en serait-il pas de même en Île-de-France? Je crois qu'il est logique que l'Etat ait un rôle à jouer en Île-de-France, notamment dans les financements.

Quelles sont, selon vous, les priorités absolues en Ile-de-France?
Trois priorités. D'abord les transports. La situation actuelle ne peut durer: le retard s'accumule. Le constat est connu, et nous avons des projets pour débloquer la situation. Mais on butte sur deux écueils: la question du financement et la complexité des procédures. Un vaste débat doit être engagé pour proposer des pistes concrètes pour le financement: emprunt public, fiscalité, partenariat, toutes les options doivent être évaluées. Ensuite, c'est la question du logement pour laquelle il faudra une intervention publique forte. Comment agir et avec quels moyens? Enfin, il faut réduire les fortes disparités sociales et fiscales qui déséquilibrent l'Ile-de-France et fragilisent sa situation sociale: tout le monde sait que les émeutes de banlieue peuvent se reproduire. Agir pour le développement de tous, c'est un véritable enjeu.

Sur ces dossiers, il y a une urgence. Comment gérer cette urgence?
Il y a urgence, c'est vrai. Mais la difficulté vient de la dichotomie entre l'urgence à trouver des solutions aux problèmes quotidiens des Franciliens et les politiques de long terme à mettre en oeuvre pour améliorer le dynamisme et l'attractivité de l'Ile-de-France. C'est cette dichotomie qui crée une tension supplémentaire. D'où encore la nécessité de ces assises de la conférence métropolitaine.

On parle beaucoup de transports collectifs - RER A, ligne 13, Tangentielle Nord. Cette fébrilité des pouvoirs publics ne cache-t-elle pas une inquiétude après des années d'inertie?
Cela illustre, encore une fois, que la gouvernance du territoire métropolitain n'est pas satisfaisante. Il y a un an, l'Etat et la région élaboraient le contrat de projets 2007-2013 pour définir les financements publics alloués par l'Etat, la région et les départements. Nous avons fait des demandes précises en matière de transports. Nous ne parvenions pas à débloquer les financements. Puis, tout d'un coup, en raison d'un emballement médiatique et d'une pression des usagers, on promet une pluie de milliards sur l'Ile-de-France. Cela ne donne pas une image de sérieux et de crédibilité. La crédibilité, c'est finalement le premier défi du Grand Paris.
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Vendredi 13 juin 2008

Grand Paris

Association pour une gouvernance métropolitaine

http//grandparis.over-blog.com

Paris, le 12 juin 2008

COMMUNIQUE DE PRESSE

L'aménagement du coeur d'agglomération doit faire l'objet d'un consensus !



Le Premier Minitre François Fillon s'est opposé à l'approbation du Shéma Directeur d'Aménagement d'Ile de France (SDRIF) en l'état, notamment en raison du manque d'ambition économique et des contraintes jugées trop fortes en matière de logement.

L'Association Grand Paris demande que l'aménagement du coeur d'agglomération fasse l'objet d'une ambition forte entre l'Etat et la Région Ile de France en concertation avec les citoyens pour améliorer au quotidien la vie des habitats et permettre un développement soutenable de la métropole.

La volontée actuelle de densifier la première couronne est nécessaire pour améliorer l'urbanité durable de la capitale, rapprocher les lieux de résidence des pôles d'activités et renforcer le développement des transports en communs. L'amélioration de la qualité de vie de l'agglomération est une condition indispensable au renforcement de son attractivité et à son développement économique. La mise en oeuvre d'une plus grande solidarité entre les communes, notamment dans la politique urbaine et l'application de la loi S.R.U. en matière de logement social est indispensable et montre la nécessité d'une gouvernance commune de la métropole parisienne !

La consultation d'architectes menée par le Chef de l'Etat doit se mener en étroite concertation avec les acteurs métropolitains et s'intégrer aux objectifs stratégiques du Shéma Directeur.



L'Association Grand Paris prépare un Livre Blanc du Grand Paris, qui sera soumis aux pouvoirs publics et au débat citoyen en novembre 2008 afin de contribuer à l'élaboration d'une véritable intercommunalité. Il comportera des propositions pour l'aménagement de la métropole.

par Grand Paris publié dans : Presse : communiqués Ass GP
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Vendredi 13 juin 2008
PRESSE
LE MONDE | 11.06.08

Après Nicolas Sarkozy, François Fillon confirme la volonté de l'Etat de reprendre en main le destin de l'Ile-de-France. Une semaine après que le président a convié à l'Elysée une pléiade d'architectes pour leur confier la mission de dessiner le Grand Paris, le premier ministre a adressé, mardi 10 juin, une lettre au président socialiste de la région, Jean-Paul Huchon, dans laquelle il lui reproche de porter "une vision d'une région urbaine en recul, en repli, qui n'est pas celle d'une métropole du plein emploi". Dans ce courrier, que Le Monde s'est procuré, M. Fillon déplore le manque d'"ambition" du projet de schéma directeur de l'Ile-de-France (SDRIF) élaboré par la région. "Le gouvernement n'envisage pas d'approuver le document dans sa version actuelle", indique le premier ministre.

Son refus se justifie, à ses yeux, par le "modeste objectif" de croissance annuelle "de 2 %" prévu par le SDRIF et la "perspective" de création "de 28 000 emplois" par an. Le premier ministre rappelle que la croissance francilienne était de 2,4 % entre 1995 et 2002 et que "depuis plusieurs années, l'Ile-de-France enregistre entre 40 000 et 70 000 emplois nouveaux annuels".

Faisant état de "divergences" portant notamment sur l'aéroport de Roissy, que M. Sarkozy veut développer alors que la Région défend le principe d'un "couvre feu" la nuit, M. Fillon rappelle à M. Huchon qu'il appartiendra désormais à Christian Blanc, secrétaire d'Etat au développement de la région capitale, "d'élaborer pour la région parisienne une vision fondée sur une ambition beaucoup plus forte en matière de développement économique". La Région ne sera donc plus pilote en matière d'aménagement : le premier ministre indique qu'elle sera associée à un "travail partenarial" mené par M. Blanc. M. Fillon conteste aussi " les orientations très contraignantes" pour les communes du Sdrif en matière de logement.

Le courrier du premier ministre est parvenu à M. Huchon alors que ce dernier espérait recevoir, mercredi, un "avis favorable" de la commission d'enquête publique appelée à se prononcer sur la copie régionale avant sa rédaction définitive.

Béatrice Jérôme



par Grand Paris publié dans : Actualité Région IDF
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Jeudi 12 juin 2008

PRESSE

20 MINUTES - Grand Paris - 12/06/2008

Un feu vert et une polémique relancée entre la région et le gouvernement. Une commission d'enquête indépendante a rendu hier un avis favorable sur le schéma d'aménagement d'Ile-de-France (Sdrif), un document qui fixe les priorités en matière d'urbanisme sur les vingt prochaines années et qui pourrait servir de référence pour la création du Grand Paris. Outre quatre réserves de forme, la commission a émis quinze recommandations, que le président socialiste de la région, Jean-Paul Huchon, s'est engagé à appliquer avant le vote de l'assemblée régionale en septembre. Mais le Premier ministre, François Fillon, ne l'entend pas de la même oreille et dénonce des carences du Sdrif en matière économique. Dans un courrier adressé hier à la région, il menace de ne pas approuver le document « dans sa version actuelle ». C'est en effet l'Etat qui signera, ou pas, le décret de mise en oeuvre. Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France, en a profité pour attaquer de nouveau ce projet qu'il conteste. « Un schéma avec une croissance à 2 %, alors que Barcelone est à 6 % et le Grand Londres à 4,5 %, ce n'est pas attractif pour l'emploi. Le Sdrif a une image totalement immobile et décalée », a-t-il relevé. De quoi fâcher tout rouge Jean-Paul Huchon, qui a dénoncé « le risque d'un effondrement économique pour de basses raisons politiques ». Signe du bras de fer qui s'engage, la région prévoit de saisir trois éminents juristes pour savoir qui aura le dernier mot. 20 Minutes a décidé de donner la parole à deux acteurs du Grand Paris extérieurs à ces joutes politiciennes.


A. S. et C. B. - ©2008 20 minutes


 

 

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Jeudi 12 juin 2008

PRESSE

20 MINUTES - Grand Paris - 12/06/2008

Magali Gruet - ©2008 20 minutes

 


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Jeudi 5 juin 2008
LIBERATION
QUOTIDIEN : mercredi 4 juin 2008
SIBYLLE VINCENDON

Les dix équipes d'architectes et d'urbanistes sélectionnées ce matin vont devoir définir leur perception de la future métropole. Premières pistes évoquées.

Ce matin, Nicolas Sarkozy dévoilera la liste des dix équipes d’architectes et urbanistes sélectionnées pour dessiner l’avenir du Grand Paris. La liste n’est plus guère un secret depuis qu’une commission d’appel d’offres l’a dressée le 21 mai et que Libération et le Moniteur expert l’ont révélée (1). Richard Rogers (Royaume-Uni), Finn Geipel (Allemagne), le groupement MVRDV (Pays-Bas), Bernardo Secchi (Italie) et, côté français, Djamel Klouche, Yves Lion, Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, Antoine Grumbach et Roland Castro enverront un représentant à l’Elysée. Chaque groupe aura cinq ou six phrases pour expliquer au Président sa vision du «Grand pari de l’agglomération parisienne», titre de la consultation.

Quarante-trois équipes avaient déposé un dossier pour faire partie des dix. Les retenus doivent maintenant réfléchir pendant sept mois sur «la métropole du XXIe siècle de l’après-Kyoto» et appliquer le fruit de leur pensée au cas particulier de Paris. Ils devront aussi creuser un thème de leur choix : mobilités, habitat, économie… Trois séminaires émailleront ces travaux, mi-septembre, mi-novembre et mi-janvier. Enfin, l’ensemble sera exposé à la Cité de l’architecture à Paris.

Il n’y aura donc pas une solution, mais des pistes multiples. Lancée par Sarkozy à l’automne, cette consultation aurait pu être l’alignement de quelques vedettes de l’architecture mondiale plus ou moins inspirées. Son organisation au sein du ministère de la Culture lui a donné une orientation beaucoup plus «jus de crâne», même si la liste des dix ne brille guère par ses découvertes de talents méconnus. Il est vrai que la réorganisation d’une métropole comme Paris n’est pas non plus un exercice pour débutants.

Tout ça pour quoi ? Avoir des idées et essayer d’y voir clair. La démarche de création d’une métropole a été entamée par Paris, avec la conférence métropolitaine initiée par Pierre Mansat, adjoint PCF aux Relations avec les collectivités territoriales. Elle s’est emballée depuis que Nicolas Sarkozy l’a prise en main, à sa manière ultravolontariste, avec évocation d’une communauté urbaine et, surtout, nomination d’un secrétaire d’Etat à la région capitale. Depuis, c’est guéguerre politique tous les jours sur ce qu’il y aura à gouverner.

Un peu d’urbanisme, donc, pour faire une pause. Déjà, les équipes ont esquissé stratégies et méthodes. Voici un best-of, glané au fil des dossiers.

(1) Libération du 23 mai.

Qu’est ce que la métropole ?

«La métropole a cessé d’être un lieu (que l’on peut dessiner) pour devenir une condition (que l’on peut, plus ou moins, décrire pour tenter de la définir).» Equipe Klouche

C'est quoi, une métropole ? Toutes les équipes disent en gros que ce n'est pas une ville, un endroit géographique, mais des réseaux et des flux. Il y a, écrit MVRDV, «un fonctionnement métropolitain de fait. [.] On peut très bien imaginer des cartes métropolitaines de flux et de réseaux, de bassins d'emploi, de logements et d'équipements complètement décalées entre elles, dans l'espace et dans le temps». La métropole, c'est aussi une organisation par pôles, tout le contraire de la ville «radioconcentrique» (un centre vers lequel tout converge). L'équipe Klouche évoque les développements de la grande périphérie : «D'autres modes de vie, [.] comme si la ville n'était plus du tout ce qu'on croyait ou ce qu'on voudrait qu'elle soit.» Enfin, sur le plan économique, la métropole est aussi une «position concurrentielle à l'échelle mondiale», écrit l'équipe Portzamparc. L'organiser, c'est éviter qu'elle ne soit que cela.

Quelles frontières ?

«Comment penser aujourd’hui Paris quand cette métropole est vendue par les guides Michelin avec Eurodisney en ouverture ?» Equipe MVRDV

Question majeure : jusqu'où va la métropole parisienne ? Réponse carrée de l'équipe Castro : «Le Grand Paris transforme une capitale de 10 kilomètres sur 10 en une métropole de 30 sur 30.» Réponse audacieuse de l'équipe Grumbach : le Grand Paris est «un territoire englobant à la fois Paris, Rouen et Le Havre». Toutes les grandes métropoles, estime-t-elle, «ont accès à la mer». Les autres urbanistes vont moins loin. «La perspective n'est pas un plus grand Paris, toujours plus grand, mais un Paris autre», note l'équipe Klouche. Le propos est subtil, mais n'aide guère à tracer une frontière. L'équipe Lion tente une ébauche : «Le centre économique principal va désormais de Nanterre à Montreuil et de Saint-Denis à Boulogne.» D'autres englobent l'Ile-de-France dans son ensemble, comme l'équipe Rogers, qui compte 11,3 millions d'habitants dans la métropole, soit «plus que Londres ou New York». La notion d'«archipel» revient souvent dans les dossiers, ce qui ne facilite pas non plus les tracés nets.

Quel lien au public?

«Une campagne de photographies aériennes sera menée lors de la phase initiale du travail [.] sous un angle type "vue d'oiseau".» Equipe Geipel

Comment montrer ce qu’on projette ? Problème clé de l’urbanisme. Les dix équipes doivent produire de quoi nourrir l’exposition qui clôturera le processus en janvier 2009. Pas facile. Deux maquettes de 2 mètres sur 3 sont demandées, mais l’avenir d’une agglomération ne se représente pas avec des maisons miniatures. Les résultats pourraient frôler l’art contemporain, avec ce que cela implique d’abstraction. Or, il faut aller vers les profanes. «Faire de l’urbanisme dans la région parisienne avec l’objectif de construire sur des territoires déjà construits implique d’emblée une relation forte avec le public», note l’équipe Lion, qui milite pour «une exposition itinérante et ambitieuse».

Cartes, plans, graphiques seront dans tous les dossiers, avec aussi de la vidéo à haute dose (équipe Lion), des films d’animation et un grand tableau multimédia (équipe Klouche) ou des atlas (équipe Grumbach).

Les maquettes géantes seront sans doute les rendus les plus spectaculaires. Mais pas forcément les plus faciles à décrypter, car elles risquent d’être très conceptuelles.

Quels thèmes ?

«Le paysage d'Ile-de-France n'est pas assez honoré. Où est la Marne, où est la vallée ? Pourtant, les ciels y sont exceptionnels, le climat plutôt confortable.» Equipe Lion

La consultation demande aux équipes de creuser des thèmes. Certaines annoncent clairement la couleur, comme celle de MVRDV, qui traitera de l'habitat et explorera «l'histoire des Paris du futur». En clair, un travail historique sur les plans et prospectives appliqués à Paris par le passé. L'équipe Klouche se penchera sur «les réseaux, les déplacements, les mobilités». Au fil des dossiers apparaissent les thématiques qui s'imposent dans une consultation sur la métropole «de l'après-Kyoto». «La problématique la plus structurante risque d'être la lutte contre le changement climatique», pose ainsi l'équipe Portzamparc. Pas facile avec Paris au milieu. «La patrimonalisation du bâti», qui empêche de modifier les immeubles, «constitue un obstacle spécifique au traitement [.] des "épaves thermiques" quasi-impossibles à rénover», pointe-t-elle. La question des espaces naturels, l'artificialisation des sols, revient souvent. L'équipe Grumbach veut développer «l'agriculture urbaine». Les quartiers sensibles sont peu évoqués, sauf par l'équipe Castro, spécialiste du sujet.

Quelle méthode ?

«L'historien, le philosophe, le géographe, l'économiste, le sociologue, l'ingénieur, l'architecte urbaniste, le piéton. tous parlent de la même chose, aucun n'en parle sur le même plan.» Equipe Portzamparc Les dix équipes retenues fédèrent, sous la houlette d'un architecte urbaniste, des laboratoires de recherche urbaine, des paysagistes, des ingénieurs, des économistes, des graphistes, sans compter les multiples compétences sur lesquelles elles s'appuieront. Certaines équipes revendiquent jusqu'à 250 experts. D'où l'importance des méthodes de travail. «Le risque est grand pour cette étude de devenir une synthèse de l'art sur le Grand Paris», pointe justement l'équipe Lion. Une note méthodologique était demandée à chaque groupe. On y trouve des principes généraux, du type : «Proposer des stratégies et des desseins plutôt que des projets et leurs dessins» (équipe Nouvel). Mais aussi des organisations précises : master class avec l'université technique de Berlin, le MIT et Harvard (équipe Geipel), analyse statistique fouillée avec la London School of Economics (équipe Rogers). L'équipe Portzamparc désigne un directeur de projet et celle de Nouvel un comité de pilotage.

Qui gouvernera ?

«Une gouvernance urbaine efficace est la condition la plus importante pour permettre le changement urbain.» Equipe Rogers

Comment diriger le futur Grand Paris ? Epineuse question face à la mosaïque institutionnelle actuelle. Seul le Britannique Rogers promet la «définition d'un système de gouvernance [.] démocratique, efficace et capable de rendre des comptes». L'équipe Lion fait «le pari que c'est le grand projet qui inspirera le changement des règles et non l'inverse».
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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