Jeudi 29 mai 2008

PRESSE
LE MONDE | 28.05.08

En annonçant, mardi 27 mai, une rallonge de "250 à 300 millions d'euros" à destination de la RATP pour moderniser le RER A, Nicolas Sarkozy a repris l'offensive contre Jean-Paul Huchon, le président (PS) de la région Ile-de-France qui pilote le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF). "Il y a un problème de gouvernance" dans la région, a déploré M. Sarkozy. Dans un entretien au Monde, M. Huchon, qui vient de proposer à l'Etat de participer à un plan de développement des transports franciliens de 17 milliards d'euros sur dix ans, répond aux attaques.

N'êtes-vous pas affaibli par les critiques de M. Sarkozy ?

On dirait que je suis devenu l'ennemi public numéro un ! C'est un honneur d'être ciblé ainsi ! Si Nicolas Sarkozy m'attaque autant, c'est parce que les Franciliens voient ce que la région fait pour eux. C'est cela qui doit gêner Roger Karoutchi (le président du groupe UMP au conseil régional) ou Yves Jego (élu UMP de Seine-et-Marne) qui trépignent en disant : "La région ! La région !" Je les attends avec beaucoup de tranquillité. Le jour de l'épreuve électorale, ils auront des difficultés car j'ai une vraie proximité avec le grand public.

Patrick Devedjian vous reproche une mauvaise gestion des transports.

M. Devedjian n'a pas de leçon à me donner. A la tête de l'UMP, il a tout raté. A la tête du conseil général des Hauts-de-Seine, il est assis sur un tas d'or qu'il ne veut pas partager avec personne et surtout pas avec les départements défavorisés.

M. Karoutchi vous accuse de "matraquage fiscal" et de gaspiller l'argent de la région dans des opérations à l'étranger ?

C'est une plaisanterie ! La taxe foncière - la seule que la région perçoit sur les ménages - n'a augmenté en moyenne que de 6 à 8 euros depuis 2004 pour chaque foyer. M. Karoutchi n'a jamais compris l'importance de la coopération décentralisée. Et pour cause, il ne voyage pas.

Pourquoi dénoncez-vous l'idée du Grand Paris ?

Je suis régionaliste - et même fédéraliste. Je ne veux pas d'une nouvelle structure qui affaiblirait la cohérence du projet régional. Une communauté urbaine de 7 millions d'habitants, ce serait la mort de la région Ile-de-France dans sa cohésion et sa solidarité. Heureusement l'idée, lancée par M. Sarkozy, a fait long feu.

Christian Blanc, secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Le développement du plateau de Saclay (Essonne, Yvelines), qu'il juge prioritaire, ne fait pas l'unanimité parmi ses amis politiques. Ses collègues ministres, Valérie Pécresse et Nathalie Kosciusko-Morizet, élues de ce territoire, ne veulent pas voir surgir 50 000 logements dans les champs de blé actuels ! Comme M. Blanc, j'ai envie que Saclay devienne une Silicon Valley. La région est très impliquée dans ce projet comme elle l'est dans celui de Plaine-de-France (Seine-Saint-Denis) ou dans le développement de Roissy que M. Blanc veut accélérer. Je ne suis pas certain que pour orchestrer de tels projets, un ministre ou un préfet aient plus de légitimité qu'un président de région élu par 6,5 millions de personnes.

Propos recueillis par Béatrice Jérôme
par Grand Paris publié dans : Actualité Région IDF
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Mercredi 28 mai 2008
Association GRAND PARIS
Mail : associationgrandparis@gmail.com
Blog : http//grandparis.over-blog.com

Le Président,
Antonio Duarte
Architecte-Urbaniste

Paris, le 28 mai 2008

COMMUNIQUE DE PRESSE
Les Tours ne doivent pas masquer le manque d'urbanité !

La question du Grand Paris ne doit pas se résumer à la construction de nouvelles tours !
Alors que La Défense va inaugurer trois nouvelles tours, que Paris envisage d'édifier des immeubles de grande hauteur en bordure du périphérique, la métropole parisienne souffre d'un manque d'unité architecturale, urbaine et paysagère qui ne va pas être masquée avec des tours... Le Grand Paris nécessite une véritable ambition urbaine qui passe par la suppression de la coupure sociale et physique du boulevard périphérique, par une politique urbaine intercommunale coordonnée avec des éco-quartiers exemplaires qui créent un tissu urbain homogène et continu pour les franciliens. Cela passera à terme par l'élaboration d'un Shéma de Cohérence Territoriale (SCOT) commun au communes de l'agglomération comme dans l'ensemble des grandes villes françaises...

Le coeur de l'agglomération parisienne présente une continuité bâtie qui nécessite une  gouvernance et des politiques d'urbanisme, de logement et de transport fortes et concertées, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
La volonté du Président de la République de créer des « nouvelles villes » aux franges de l'agglomération peut à ce titre être étudiée dans le cadre de la révision du SDRIF (Shéma Directeur Régional d'Ile de France). Il est temps que l'Etat, la Région, les Départements et les Maires se retrouvent autour de la même table pour esquisser l'avenir de la métropole parisienne, délaissée à un dédale institutionnel et politique incompréhensible pour les citadins !

L'Association Grand Paris prépare un Livre Blanc du Grand Paris, qui sera soumis aux pouvoirs publics et au débat citoyen à l'automne 2008 afin de contribuer à l'élaboration d'une véritable intercommunalité.

par Grand Paris publié dans : Presse : communiqués Ass GP
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Lundi 26 mai 2008
PRESSE

Sibylle Vincendon
LIBERATION - QUOTIDIEN : vendredi 23 mai 2008

Souvenez-vous : parmi les 20 000 dossiers dont le Président s’occupe personnellement, il y a le Grand Paris. C’est lui qui a souhaité, l’an dernier, «que huit à dix agences puissent travailler sur un diagnostic», fifty-fifty françaises et étrangères.

Eh bien, c’est fait. Dix équipes sur quarante-trois ont été retenues mardi par une commission d’appel d’offres. Les résultats devraient être proclamés le 4 juin par Nicolas Sarkozy. Dans ces procédures, la confidentialité est de mise et les membres des commissions s’y tiennent. Mais la petite ruche de l’architecture bourdonnait hier autour de la liste suivante : seraient retenus, côté français, les équipes menées par Roland Castro, Antoine Grumbach, Djamel Klouche, Yves Lion, Jean Nouvel et Christian de Portzamparc; et côté étrangers, celles de Finn Geipel (Allemagne), du groupement MVRDV (Pays-Bas), de Bernardo Secchi (Italie) et de Richard Rogers (Royaume-Uni). Leurs dossiers comprenaient la composition de l’équipe et des intentions. Leurs travaux commencent maintenant.

Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’un concours d’architecture. C’est une consultation «de recherche et développement». Que vont faire ces gens ? Phosphorer. Proposer des pistes pour organiser la «métropole du XXIe siècle de l’après-Kyoto». Ils doivent d’abord la définir dans une première partie conceptuelle. Puis appliquer le fruit de leur réflexion à l’agglomération parisienne. Ils creuseront aussi un thème de leur choix (transports ou logement par exemple). Et devront enfin «quantifier, qualifier, situer et représenter les orientations» de leur diagnostic. En clair, pas question de ne produire que de grands textes. Mais on n’aura pas non plus des dessins détaillés de bâtiments.

Car les chefs de file ont beau être architectes pour la plupart, souvent connus et assez prévus, les équipes comprennent des urbanistes, des chercheurs, des intellectuels, des bureaux d’étude, des associatifs. Des participants étrangers ont rejoint des équipes françaises. Le milieu s’est mobilisé sérieusement et le «résultat attendu est bien supérieur à ce qu’on pouvait craindre vu le lancement», commente un connaisseur du dossier. Autrement dit ? On a évité la«tentation d’aligner dix stars de l’architecture mondiale».

Les dix rendront des travaux lors de trois séminaires, les 15 septembre, 14 novembre et 14 janvier. Pendant ce temps-là, le tout nouveau secrétaire d’Etat à la région capitale, Christian Blanc, commandera des missions sur la Plaine-Saint-Denis, le plateau de Saclay, les rocades de métro et de train. Paris et d’autres communes tiendront les Assises de la conférence métropolitaine en juin. En attendant de revenir début 2009 à la politique (qui gouvernera, qui paiera), on va penser aménagement.

par Grand Paris publié dans : Articles Grand Paris
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Vendredi 23 mai 2008
Patrick DEVEDJIAN, Président du Conseil Général des Hauts de Seine et Secrétaire Général de l'UMP prend officiellement position pour une Communauté Urbaine à l'échelle du Grand Paris.

Nous nous félicitons de la progression effectuée par Mr DEVEDJIAN dans ce débat, qui prend une option claire pour un shéma institutionnel amibitieux, proche de celui prôné par Y. JEGO. Cette position était loin d'être évidente pour le patron des Hauts de Seine, Département qui bénéficie directement de la richesse de La Défense et de son trésor de guerre de Taxe professionnelle !...
Espérons que cela fera évoluer les positions du Maire de Paris qui demeurent timides à ce jour, tant dans les compétences mutualisables, du mode de gouvernance que du calendrier...

Nous demeurons plus sceptiques sur la volonté de "recentralisation" affichée par Mr DEVEDJIAN pour les transports publics franciliens ! La Présidence du STIF a été transférée au Président de Région et il n'est pas imaginable de revenir en arrière.

Antonio Duarte


PRESSE


ENTRETIEN PATRICK DEVEDJIAN (HAUTS-DE-SEINE)
LE MONDE | 23.05.08

Nicolas Sarkozy a relancé avec force, mardi 20 mai, le débat sur les transports en Ile-de-France. "Si l'Etat doit reprendre la main, l'Etat la reprendra", a déclaré le président de la République, à Orléans, à propos du RER A. La ligne qui traverse Paris d'est en ouest est la plus chargée d'Europe. Une pétition d'usagers circule pour dénoncer la saturation du réseau. Le président (PS) de la région, Jean-Paul Huchon, qui préside aussi le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF), a aussitôt rappelé que l'Etat, "seul actionnaire de la RATP", était comptable des engagements "non tenus" de l'entreprise publique.

Dans une interview au Monde, Patrick Devedjian, président (UMP) du conseil général des Hauts-de-Seine, revient à la charge, en imaginant la création d'un "STIF d'Etat".

L'Etat doit-il piloter les transports en Ile-de-France ?

L'Etat doit se saisir, d'une façon ou d'une autre, de l'ensemble de la politique des transports dans la région. Le STIF, présidé par Jean-Paul Huchon, n'est pas à la hauteur de la tâche. Dans le cadre du Grand Paris, je propose que l'Etat reprenne en main le STIF et élargisse ses compétences aux grands axes routiers (A86, périphérique...). Il serait alors en mesure de proposer un projet à vingt ans d'équipements, financé bien sûr notamment par les collectivités locales.

La décentralisation du STIF a été engagée par la loi du 13 août 2004. Vous étiez alors ministre. Regrettez-vous cette décision ?

Je ne veux pas revenir au système précédent. Avant 2004, le STIF était déjà dominé par la RATP, qui a ses propres objectifs de développement sans vision globale, et par Paris. Résultat : Paris absorbait déjà l'essentiel des crédits de transports à son profit. Depuis que le STIF est piloté par la région, cela s'est aggravé. Le tramway parisien des Maréchaux a pompé une bonne partie des moyens du STIF, alors qu'il ne profite guère aux banlieusards.

Paris a la meilleure offre de transports du monde et la moins coûteuse pour les usagers. A contrario, les habitants de la grande couronne, souvent plus modestes, payent leur Carte orange deux fois plus cher que les Parisiens pour des transports vétustes qui ne fonctionnent pas.

Faut-il enfouir la RN 13, qui relie Paris à la Défense ? Le nouveau maire de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromantin (div. droite), ne veut pas "porter seul" le projet longtemps défendu par M. Sarkozy.

Le nouveau maire veut que cette autoroute urbaine, une des plus chargées d'Europe, qui traverse sa ville, soit enfouie ; mais il ne veut ni payer ni subir les désagréments des travaux. C'est à mon avis une position un peu démagogique.

Pour le financement, il faut des solutions innovantes, comme par exemple la construction de quatre tours à Neuilly qui rapporterait à la ville de quoi participer au chantier. Le département pourrait aussi contribuer.

Les Hauts-de-Seine partageraient-elles leurs recettes de taxe professionnelle avec Paris et les autres collectivités comme le réclame Bertrand Delanoë, le maire de la capitale ?

Je suis prêt à créer une taxe professionnelle unique. Mais je ne suis pas d'accord pour payer pour la Seine-Saint-Denis par exemple. Les deux départements ont été créés en même temps, en 1967. Ils étaient sur un pied d'égalité. La droite a bien géré les Hauts-de-Seine, la gauche a fait d'autres choix, dont la Seine-Saint-Denis paie les conséquences. C'est un peu sommaire de nous dire aujourd'hui : "Vous avez bien investi, donnez-nous une part de votre argent pour financer nos politiques sociales !"

De même, arrêtons de vouloir punir la Défense au motif qu'elle se développe. C'est le poumon de la croissance en Ile-de-France.

Vous prônez une communauté urbaine pour le Grand Paris. N'est-ce pas illusoire ?

Toutes les grandes villes de France l'ont fait, sauf Paris. Si M. Delanoë est prêt à mettre en commun ses recettes fiscales, pourquoi ne propose-t-il pas de créer une communauté urbaine (qui permet la mise en place d'une taxe professionnelle unique) ? En vérité, il ne veut pas partager la richesse de Paris. La capitale est pourtant une ville de privilégiés. Outre les transports, moins chers qu'ailleurs, les impôts locaux y sont très faibles.

M. Delanoë continue d'enrichir le budget de la ville en transformant des logements en bureaux, ce qui explique que la capitale n'ait que 14 % de logements sociaux. Et qu'une partie de ses habitants sont contraints de se loger ailleurs. En Seine-Saint-Denis par exemple.

Propos recueillis par Béatrice Jérôme
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Mardi 20 mai 2008
TRIBUNE LIBRE
LE MONDE | 20.05.08

par Stéphane Gatignon et Pierre Mansat

Stéphane Gatignon
, maire de Sevran, conseiller général de Seine-Saint-Denis
Pierre Mansat
, adjoint au maire de Paris

Maire de Sevran, commune parmi les plus pauvres de la métropole, et adjoint au maire de Paris, capitale riche et attractive, ensemble nous prenons position : la métropole est la bonne échelle pour résoudre les inégalités entre nos villes. Nos réalités sont distinctes, notre avenir est commun. Le statu quo serait à coup sûr source d'étouffement. Il faut inventer un cadre démocratique, une gouvernance pour ce territoire. if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; }

La métropole parisienne est un lieu de vie, d'échanges. Les villes, les départements qui la composent sont dépendants les uns des autres. La métropole a besoin de penser les politiques publiques en phase avec cette communauté de destin. A défaut, les écarts pourraient se creuser entre les territoires trop souvent oubliés et les autres. Très loin d'une relation de domination entre Paris et la "banlieue" sur laquelle s'est construite l'histoire de l'agglomération, il faut maintenant passer à la culture de coopération et de solidarité.

Les inégalités sont éthiquement inacceptables, socialement inopérantes. Nous ne croyons pas à l'illusion de territoires dorés côtoyant les zones de grande pauvreté. Une ville, un département ne peuvent se développer au détriment de leurs voisins. Pour les grands projets - transports, logements, écologie, emplois -, les décisions doivent être cohérentes, les ressources comme les bénéfices doivent être partagés.

Prenons les transports. Aujourd'hui, tout le monde est d'accord : il faut construire le métrophérique (métro de la petite couronne). Nous n'acceptons pas que ce projet mette trente ans pour voir le jour. Il est urgent de permettre aux habitants de banlieue de pouvoir se déplacer sans passer par le centre. Il est urgent de désengorger les lignes de métro intra-muros, et plus encore le réseau express régional (RER), dont les dysfonctionnements deviennent des obstacles à l'embauche. Mettre cette question au coeur des préoccupations est une des clés du développement et du respect de l'environnement. Alors il faut faire vite. Il faut griller les étapes. Il faut que tous les partenaires de la métropole en prennent la décision ensemble ; et en donnent les moyens au syndicat des transports (STIF).

Autre enjeu, le logement. Pour sortir de la crise du logement, il faut construire 60 000 logements par an, dont beaucoup de logements sociaux. Cela dans un contexte de raréfaction des terrains et de flambée des prix du foncier en petite couronne. Nous ne relèverons pas ce défi chacun dans notre coin. Il faut mutualiser les moyens, chercher de nouveaux financements, inventer de nouveaux règlements. Il faut créer un nouvel équilibre entre l'est et l'ouest.

A la croisée de ces deux sujets, une meilleure répartition territoriale des pôles de développement est nécessaire, autant pour l'équilibre de la métropole que pour le rapprochement des bassins d'emploi et d'habitat. Les collectivités concernées doivent travailler ensemble pour apporter des réponses à ces questions d'intérêt général sans a priori concernant les formes de gouvernance et loin des débats d'ego. Une réforme de la fiscalité locale fondée sur la péréquation financière doit permettre la mutualisation des moyens.

Une nouvelle culture doit éclore. Le travail en commun, la transversalité, le respect autour de projets cohérents et crédibles à l'échelle métropolitaine en sont la base. Et puis, il faut des actes pour contribuer à l'émergence d'une identité commune. Par exemple, des lieux culturels communs.

La conférence métropolitaine réunira en juin des assises de la métropole parisienne, pour porter le débat devant la population. Nous y serons porteurs de cette nouvelle vision de notre avenir commun. Avec l'ambition de contribuer avec les représentants de toutes les collectivités de la métropole, toutes sensibilités confondues, à construire ensemble une métropole attractive et solidaire.


par Grand Paris publié dans : Tribunes Grand Paris
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Mardi 20 mai 2008

PRESSE

LE FIGARO 19/05/2008

Propos recueillis par Guillaume Perrault

Alors que le Conseil de Paris se réunit lundi, le député maire du XVIe lance un courant au sein du groupe UMP de la capitale.

LE FIGARO. Près de deux mois après sa défaite, où en est la droite à Paris ?
Claude GOASGUEN. Notre grande erreur pendant la campagne municipale a été de faire la danse du ventre aux bobos. Du coup, les Parisiens n'ont plus perçu une différence très nette entre Bertrand Delanoë et nous. Il aurait mieux valu s'adresser aux couches populaires. La victoire spectaculaire de la droite populaire à Rome et à Londres nous montre le chemin. Il n'y a pas de fatalité à ce que les capitales européennes soient dirigées par la «gauche caviar».

Mais les couches populaires ont souvent dû quitter la capitale pour la banlieue…
Justement, on peut enrayer cette évolution en construisant le Grand Paris, comme Nicolas Sarkozy l'a préconisé en juin. Je veux défendre ce «grand dessein» au niveau parisien. Aussi, je lance aujourd'hui un courant pour le Grand Paris au sein du groupe UMP de la capitale. Jusqu'alors, l'UMP avait l'habitude de s'organiser en fonction des sensibilités de chacun, gaullistes, libéraux, centristes. Je préconise de nous regrouper désormais autour de thèmes fédérateurs. C'est le moyen d'en finir avec le manque de débat interne, qui est un des maux de la droite.

Roger Karoutchi, chef de file UMP au conseil régional d'Ile-de-France, s'est emparé de ce thème. Que proposez-vous de nouveau ?
Élu des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi a une vision très restrictive du Grand Paris. Il propose un simple syndicat mixte pour mettre en œuvre des projets communs à plusieurs collectivités locales en matière de transports ou de logement. C'est très insuffisant. En réalité, Roger n'a pas envie d'avoir des difficultés avec les barons de l'UMP dans les départements de la petite et de la grande couronne, parce qu'il ambitionne de conduire la droite aux régionales de 2010. Il faut en finir avec cette frilosité des élus locaux attachés à leur fief, et donner la parole aux Franciliens aux régionales. Nicolas Sarkozy ne devrait pas voir mon projet d'un mauvais œil, même si, j'en conviens, cela ne se fera pas sans soubresauts.

Êtes-vous partisan d'une communauté urbaine à Paris ?
Ce serait l'idéal, car Paris est la seule agglomération de France à ne pas avoir de communauté urbaine avec les communes limitrophes. Mais il me paraît plus réaliste de créer une communauté d'agglomération, qui exerce de droit certaines compétences développement économique, politique de la ville et laisse aux communes le choix de mettre ou non en commun d'autres dossiers comme l'assainissement des eaux ou les équipements culturels et sportifs. Créer une communauté d'agglomération, c'est un projet exigeant, mais on peut y parvenir.

par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Dimanche 18 mai 2008
Le Président de la Région IDF demeure sceptique sur la création d'une véritable intercommunalité à l'échelle métropolitaine. Nous regrettons sa position qui n'est justifiée que par un protectionnisme excessif de l'échelle régionale. Il faut rappeller que Paris et la première couronne ne représentent que 6% du territoire régional !!!

L'existence d'un Grand Paris, au-delà de son extrème nécessité pour régler les problèmes urbains, sociaux,  économiques et administratifs du coeur d'agglomération, ne représente guère une menace sérieuse sur les prérogatives régionales. La plupart des projets" annoncés par Christian Blanc, notamment en matière de transport, vont dans le sens d'une réelle amélioration des transports régionaux et vont nécessiter une contribution de l'Etat qui facilitera leur mise en oeuvre et soulagera les finances régionales...

Jean-Paul Huchon devrait prendre la mesure de l'enjeu politique et citoyen de la réalisation d'un Grand Paris et se rallier à la cause...

Antonio Duarte



Propos recueillis par Bertrand GRECO
Le Journal du Dimanche

Le président PS du Conseil régional d'Ile-de-France, également président du Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif) et fidèle strauss-kahnien, répond à Christian Blanc sur "Région capitale", Jean Sarkozy sur la RN13, évoque ses relations avec le maire de Paris Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn. Il revient aussi sur les "élucubrations du sénateur Dallier".

Christian Blanc, le secrétaire d'Etat chargé de la "Région capitale", est sorti de son silence cette semaine. Etes-vous rassuré par ses intentions?
Je m'attendais à une issue de ce type. Je note avec plaisir qu'il n'est plus question des billevesées institutionnelles. Le secrétaire d'Etat exclut même le vocable "Grand Paris". Il ne parle plus de bâtir une hypothétique nouvelle institution venant surajouter une structure au mille-feuille francilien et créant une sorte d'agglomération dans l'agglomération. Fini de jouer, on passe enfin à un travail sur les projets. Je connais bien Christian Blanc, c'est un homme qui ne parle pas sans réfléchir et qui a beaucoup de bon sens; et il est arrivé à la même conclusion que moi.

Vous avez l'air de penser que le Grand Paris est enterré. Dans sa lettre de mission, Nicolas Sarkozy requiert pourtant "l'invention d'un nouveau mode de gouvernance et de financement"...Franchement, le machin fait un peu pschitt! Christian Blanc dit que la priorité, ce sont les projets. Ensuite seulement, on pourra examiner les questions de gouvernance, sur lesquelles personne n'est d'accord. L'échéance est fixée à fin 2009, on peut donc considérer qu'il donne du temps au temps. Quand vous proposez de faire voter une loi en pleine campagne électorale des régionales de 2010, il y a deux significations possibles: soit vous voulez faire un coup politicien électoral -je ne suis pas tellement sûr que ce soit le style de Christian Blanc-, soit vous enterrez le machin de façon habile. Je vous parie que ça n'aboutira pas.

Au départ, vous vous sentiez menacé par la nomination de Christian Blanc...
Il y avait de bonnes raisons de penser que la cohérence et l'unité de la région pouvaient être menacées par des velléités scissionnistes. Regardez les élucubrations du sénateur Dallier qui voudrait supprimer les départements centraux. L'Etat semble enfin s'être rappelé que la Région existe... et qu'elle a des moyens! Rien ne peut se faire sans la Région.

Ne trouvez-vous pas suspect que le secrétaire d'Etat à la Région capitale soit précisément un ancien rocardien, que vous connaissez très bien, depuis très longtemps?
Que certains au gouvernement veuillent lancer ainsi la campagne des régionales, c'est leur problème. Christian Blanc reste mon ami et, visiblement, nous sommes à peu près sur la même longueur d'onde. Il y a trois points sur lesquels je me sépare de lui. 1) Moi qui suis attaché à la décentralisation, je ne comprends pas qu'on puisse nommer un ministre sur une région. C'est une vision jacobine. 2) Je ne crois pas que l'Ile-de-France soit en déclin. Je constate même le contraire: jamais elle n'a été aussi attractive, le taux de chômage est nettement plus bas ( 6,9%) que dans les autres régions, l'implantation de sièges de grandes entreprises internationales bat des records, devant le Grand Londres. D'ailleurs, je suis sûr que les décideurs économiques et ceux qui célèbrent le mythe du Grand Londres vont commencer à déchanter, avec la crise des subprimes. 3) Je ne vois rien, dans le projet de Christian Blanc, sur l'urgence absolue de résoudre la crise du logement, qui est aussi un élément d'attractivité..

Deux grands projets sont évoqués par Nicolas Sarkozy et Christian Blanc: un "cluster technologique et scientifique d'envergure mondiale" à Saclay et l'aménagement de la Plaine de France, entre Roissy et Saint-Denis. Ça vous convient?
Bien sûr. Je dis depuis longtemps que le plateau de Saclay est la future Silicon Valley de l'Ile-de-France et qu'il faut lui donner les moyens de se développer. C'est d'ailleurs la Région qui finance l'essentiel des outils de recherche, le Synchrotron, les nanotechnologies, Neurospin,la rénovation de l'université d'Orsay, etc. Quant au grand centre d'affaire à l'est, complémentaire à la Défense, je salue cette idée avec d'autant plus de ferveur que je l'ai inscrite à notre schéma directeur, comme un élément de rééquilibrage à l'Est de l'activité. C'est même un des points sur lesquels l'Etat nous critiquait, nous reprochant de ne pas assez défendre la Défense. Je vois que le Grenelle de l'environnement et que la réflexion personnelle de Christian Blanc ont permis à l'Etat de s'aligner sur nos positions. Il se trouve que je suis le président de l'établissement public de la Plaine de France. On a justement pleins de projets sur cette zone, comme la prolongation de la ligne 7 jusqu'au Bourget ou l'extension du grand musée de l'air (l'équivalent du musée de Washington sur l'espace).

Comment financer ces grands projets?
J'ai bien compris que le secrétaire d'Etat n'a aucun moyen financier. Et il n'a dégagé aucune piste de ressources supplémentaire, alors que le projet Arc Express [la rocade de banlieue], qu'il n'a même pas évoqué, a un coût estimé entre 6 et 10 milliards d'euros. J'attends toujours que le gouvernement m'explique comment il compte financer ces travaux. Et j'attends toujours la part que l'Etat, s'est engagé à mettre sur le contrat de Projet 2007-2013: il est en retard de plus de 110 millions par an. Mes adversaires politiques disent que l'Etat doit se "réinvestir" en Ile-de-France. Pour cela, il faut d'abord investir. Moi, je n'ai pas peur de dire que la Région devra lancer un grand emprunt pour réaliser Arc Express. La seule idée nouvelle émanant du gouvernement semble résider dans ce qu'on appelle la récupération de la rente foncière: quand on fait une opération de promotion immobilière ou d'activité, une partie des ressources de cette opération doit être utilisée à développer des infrastructures et des services publics. Ce peut être une piste intéressante.

Que pensez-vous de l'idée de Jean Sarkozy d'organisez un référendum à Neuilly sur l'enfouissement de la RN13 entre la Porte Maillot et la Défense?
Lors du Grenelle de l'environnement, Jean-Louis Borloo a dit qu'il manque 28 milliards d'euros pour rénover et améliorer le système de transports en Ile-de-France. Vous croyez que je vais utiliser un milliard pour couvrir l'avenue du général de Gaulle, alors que le projet n'est pas techniquement au point et que le maire de Neuilly lui-même, M. Fromantin, ne semble pas très motivé? Jean Sarkozy peut penser ce qu'il veut, il est jeune, plein de fougue, mais il doit peut-être travailler sa vision de l'intérêt général.

Alors que la ministre de l'Intérieur s'apprête à annoncer un plan d'amélioration de l'offre de taxis, Bertrand Delanoë propose la création d'une "agence du taxi" à l'échelle de la métropole. Y êtes-vous favorable?
Pourquoi pas? Mais il aurait été utile de me consulter... surtout si c'est à l'échelle de la métropole. Quant à la l'idée de réserver une voie aux taxis sur l'A1, j'y souscris totalement. Je suis même prêt à payer la peinture pour matérialiser la séparation.

A propos de la crise du logement, Christine Boutin _ministre du Logement_ et le préfet de région ont clôturé cette semaine des états généraux. Partagez-vous leurs propositions?
J'ai participé loyalement à ces états généraux, mais je n'ai pas attendu Mme Boutin pour faire un constat alarmant. Il faut construire 60.000 logements en Ile-de-France, 374 000 personnes sont en attente d'un logement social. Problème: l'Etat ne fait pas appliquer la loi SRU [20% des logements sociaux]. Mme Boutin propose de territorialiser les objectifs, je dis banco... et bon courage! Elle propose aussi de diminuer le plafond de ressource HLM, c'est-à-dire d'exclure 10% des demandeurs (près de 50.000 personnes): cela revient à casser le thermomètre pour ne pas voir la fièvre. Et à pénaliser la classe moyenne. Mme Boutin voudrait aussi proposer des solutions d'hébergement temporaires, de piètre qualité pour les plus pauvres, et vendre une partie du parc HLM, alors qu'il faut en construire davantage. Je ne peux pas être d'accord. Avec les mesures de Mme Boutin, la situation du logement ne va pas bouger d'un caramel.

Que proposez-vous pour le logement?
Il faut que le gouvernement accepte de financer un grand plan pour le logement social. Il faut multiplier par trois, quatre ou cinq les pénalités de la loi SRU, si l'on veut créer une incitation à construire. Actuellement, elles sont d'un montant ridicule. Je propose enfin la création d'un Syndicat du logement (Slif) -sur le modèle du Stif (transports)- qui aurait autorité sur la programmation de construction de logements.

Le Schéma directeur de la région (Sdrif) -projet d'aménagement pour les 30 prochaines années- en discussion depuis trois ans doit bientôt être définitivement voté. L'Etat ne l'approuvait pas jusqu'ici. Etes-vous optimiste?
Le 11 juin, la commission d'enquête publique remettra son rapport. Début septembre, le conseil économique et social de la région donnera son avis. Et la dernière semaine de septembre, le conseil régional adoptera le Sdrif définitif... bien avant les propositions du secrétaire d'Etat. Après, le gouvernement peut ou non décider de transmettre le dossier au conseil d'Etat. S'il ne le transmet pas, on revient au schéma de 1994. Mais j'ai des raisons de penser que le gouvernement ne s'opposera pas frontalement au Sdrif. Car le dossier a beaucoup évolué. Nous avons pris beaucoup de précautions pour rapprocher les points de vue entre le gouvernement et la Région. Quand il sera mis en oeuvre, le Sdrif deviendra une loi prescriptive, c'est-à-dire qu'il s'imposera à tous les PLU des communes franciliennes.

Vos relations avec Bertrand Delanoë se sont-elles dégradées? Pourquoi n'avez-vous pas signé sa contribution pour la rénovation du PS?
Pour la signer, il aurait fallu qu'il me l'envoie. Je n'ai pas été sollicité. En tout état de cause, je pense qu'il nous faut un dirigeant qui se préoccupe surtout de remettre le parti sur ses pieds idéologiquement et d'organiser une opposition intelligente face à la majorité. Il faut protéger nos présidentiables. Mes relations avec Bertrand Delanoë ne sont pas dégradées: je lui donne un sacré coup de main sur le tramway, sur la navette fluviale, sur le logement social, sur l'amélioration de la station Châtelet-Les-Halles... Je continue à aider Paris chaque fois qu'il en a besoin. Par ailleurs, je suis un ami de Dominique Strauss-Kahn et je n'ai pas renoncé à l'idée qu'il soit candidat en 2012.

De battre, ma gauche s'est arrêtée, de Jean-Paul Huchon et Denis Jeambar (Seuil, 2008).
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Mardi 13 mai 2008
Christian Blanc a annoncé les grandes lignes de son projet pour la métropole parisienne, qui doit selon lui précéder les modalités d'organisation institutionnelles du "Grand Paris.
Il annonce ainsi son soutien aux deux projets de transports structurants "métrophérique" (RATP) ainsi que "Arc Express" (SNCF) pour renforcer les liaisons de banlieue à banlieue. Il va mettre en place une administration légère pour définir ces projets, dont quelques grands projets architecturaux et urbains qui font penser aux Grand Travaux de F. Mitterrand.

Alors que Nicolas SARKOZY avait annoncé la création d'une communauté urbaine, l'Etat recule sur le plan institutionnel pour s'immiscer dans la gestion de la métropole de manière plus interventionniste. Cela semble marquer un coup d'arrêt à la décentralisation et conforter l'exception parisienne en France !...
Il serait temps de prendre la question du Grand Paris à bras le corps, mais avec l'ensemble des acteurs franciliens. On ne fera pas le Grand Paris contre les Maires de la métropole, les Départements ou la Région Ile de France. Alors que le SDRIF est toujours bloqué, on attend davantage de l'Etat un rôle d'impulsion que de contrôle...

Antonio Duarte




PRESSE

LE MONDE | 13.05.08

Le "grand Paris" passe par de grands "projets" et non par un redécoupage des frontières de la capitale. C'est la feuille de route qu'a fixée Nicolas Sarkozy au secrétaire d'Etat à la région-capitale, Christian Blanc. Dévoilée mardi 13 mai par M. Blanc, cette lettre de mission devrait rassurer les élus franciliens qui redoutaient que le chef de l'Etat envisage d'amputer le conseil régional, les départements ou les communes limitrophes de Paris de leurs prérogatives pour créer une grande agglomération. if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; }

En juin 2007, M. Sarkozy avait envisagé la création d'une "communauté urbaine" englobant Paris et les communes limitrophes. Il ne renonce pas à son ambition de faire de "la capitale "une ville-monde" ouverte dynamique, attractive, créatrice de richesses et d'emplois". Il rappelle, certes, que "l'agglomération doit avoir la masse critique pour rivaliser avec les grandes capitales internationales". Mais il relègue au second plan la question de l'architecture administrative et politique de la métropole : "La vision doit précéder le projet et le projet conduire au choix de l'organisation et de la gouvernance."

M. Blanc aura pour tâche de proposer "une vision globale du périmètre et de l'organisation de l'agglomération parisienne à l'horizon 2030". En revanche, M. Sarkozy demande à M. Blanc de donner un coup d'accélérateur aux grands "projets structurants" du territoire francilien.

Le secrétaire d'Etat aura pour mission d'en arrêter la liste et de trouver de nouveaux modes de financement en faisant appel aux partenariats public-privé. Deux chantiers prioritaires sont fixés par M. Sarkozy : la création d'un "cluster (pôle) technologique et scientifique de rang mondial autour du plateau de Saclay" (Essonne) et le développement du territoire la Plaine-de-France (Seine-Saint-Denis) autour du Stade de France. M. Blanc a prévu de lancer ces deux grands chantiers fin 2008.

DOUBLE ROCADE

Au printemps 2009, il devra choisir d'autres programmes, en tenant compte des propositions des dix cabinets d'architectes et d'urbanistes, sélectionnés au terme de la consultation internationale lancée par le ministère de la culture pour "l'avenir du Paris métropolitain". Ces équipes devront rendre leurs travaux début 2009.

M. Blanc pourrait retenir le projet d'une double rocade autour de Paris (un métro à huit kilomètres de la périphérie de Paris, un chemin de fer à une trentaine de kilomètres). Un nouveau grand campus universitaire et un pôle d'affaires à l'est de la région, pour contrebalancer la Défense, pourraient être créés.

M. Blanc compte s'appuyer sur une "administration de mission" composée d'une cinquantaine de fonctionnaires détachés. L'ancien patron d'Air France devrait aussi recruter dans le privé. Son équipe sera pilotée par Pierre Veltz, ancien directeur de l'école des Ponts-et-Chaussées.

Béatrice Jérôme

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Mardi 13 mai 2008
PRESSE

Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région-capitale, dévoile aujourd'hui sa lettre de mission sur le "Grand Paris". Quelle forme, selon vous, devrait prendre cette évolution de la Région-capitale ?

Avant de se mettre d'accord sur un système de gouvernance, il est nécessaire de savoir pour quoi faire. Nous avons fait un constat : le système fonctionne mal, quelles que soient les structures du millefeuille institutionnel de la région. Le dynamisme francilien est faible par rapport aux grandes capitales européennes. Il faut définir des grands projets capables de redonner à la région son attractivité. C'est la tâche ardue mais passionnante qui incombe à Christian Blanc. Pour ma part, je pense que les transports publics sont un élément-clé du développement et de l'aménagement du territoire. Je suis favorable à la construction du Métrophérique, une ligne de métro qui fera le tour de Paris à 7-8 kilomètres de la capitale, qui desservira Val-de-Marne, Hauts-de-Seine et Seine-Saint-Denis. Je suis également pour une seconde rocade à 26-27 kilomètres, par voie ferrée, liant toutes les tangentielles. Ce sont deux éléments structurants qui vont concourir à l'aménagement du territoire, avec prolongation des lignes de métro jusqu'au Métrophérique et un gros effort pour les lignes grandes banlieues rattachées à la rocade ferrée. Toujours dans le domaine des transports, le projet "Charles-de- Gaulle Express" pourrait être prolongé et relier Roissy, la gare de l'Est, Haussmann et La Défense.

On me dit que La Défense capte l'essentiel de l'emploi et provoque un déséquilibre dans la région. Créons alors un pôle d'affaires à l'est et essayons d'attirer les entreprises en Val-de-Marne et Seine-et-Marne. Nous pourrions également créer un grand campus universitaire dont la région est démunie. Nous pouvons aussi envisager des grands gestes urbanistiques. Nous le voyons faire à Londres ou à Shanghai. Il est possible de construire des tours qui servent de figure de proue à une dynamique architecturale. Une tour n'est pas forcément synonyme de verrue urbanistique. Je suis favorable à la création d'une ou deux nouvelles villes "Ecopolis". Nous avons en Ile-de-France de considérables problèmes de logement. On construit trop peu… Prenons l'initiative de construire des villes performantes, écologiques, à proximité des lignes de transports publics, qui permettent d'attirer des populations. Enfin, il faut un pôle technologique et scientifique de rang mondial autour du plateau de Saclay et assurer le développement de la Plaine de France au nord-est de Paris qui pourrait devenir un pôle sportif et culturel.

Avec quelle gouvernance ?

Une fois que les choix des grands projets qui changeront la face de la capitale seront faits se posera la question de la gouvernance. Nous devrons adopter une loi-cadre pour la Région-capitale qui changera la donne législative et normative. La nouvelle structure devra associer l'Etat, la région et les collectivités concernées. Je ne crois pas utile de créer une nouvelle strate administrative de gestion mais plutôt une structure de mission dédiée aux seuls grands projets. Il faut trouver dans ces opérations d'intérêt national des dérogations pour aller plus vite. Les Franciliens ne peuvent pas attendre vingt ans de plus pour avoir leur station Métrophérique.

Quid du financement ?

Là encore, c'est l'une des tâches de Christian Blanc d'imaginer de nouveaux équilibres. On peut envisager de mettre en place des partenariats public/privé (PPP). On peut trouver des financements innovants prenant en compte la valorisation du foncier grâce au développement des transports publics. Il faut évidemment envisager une participation directe de l'Etat. Enfin, je ne crois pas à une taxe professionnelle unique pour toute la région. Des primaires auront lieu pour désigner les têtes de listes UMP aux prochaines régionales.

Etes-vous candidat à la candidature ?

Le président de la République est partisan de primaires afin que les adhérents s'expriment par un vote, probablement début 2009, j'y suis pleinement favorable. Je suis un habitué des primaires et le contact avec les militants est une activité constante pour moi depuis des années. De 2004 à 2008, j'ai effectué plus de 700 réunions en Ile-de-France, à la rencontre de nos adhérents et de nos élus.

Doit-on changer le mode de scrutin avant les élections régionales ?

Sans doute. Aujourd'hui nous avons un mode de scrutin proportionnel à deux tours avec une prime à la liste majoritaire répartie sur tous les départements. C'est illisible pour les citoyens. En 2004, la droite a perdu au niveau de l'Ile-de-France mais elle est arrivée en tête dans trois départements : les Hauts-de-Seine, les Yvelines et le Val-d'Oise. Il ne s'agit pas de trafiquer pour que la droite gagne. Ceux qui auront le plus de voix seront élus. Je veux un scrutin plus lisible.

Propos recueillis par Eric Nunès
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Lundi 12 mai 2008
AFP
COMMUNIQUE DE CRHISTIAN BLANC

Le secrétaire d'Etat à la Région-Capitale Christian Blanc dévoilera mardi les termes de sa lettre de mission où il lui est demandé d'avoir "une vision" pour Paris et l'Ile-de-France, avant de définir un "projet" conduisant à une "gouvernance", selon des sources gouvernementales.

Dans cette lettre, qui a donné lieu à plusieurs versions, il est souligné que la France doit tenir son rang dans le cadre de la compétition internationale, que l'Ile-de-France est son moteur et que Paris doit être une ville-monde ouverte, dynamique, attractive et créatrice de richesses.

L'Etat n'est pas un partenaire comme les autres pour les collectivités traditionnelles de la région capitale et doit être un "acteur majeur" pour le projet de développement de la région Ile-de-France, est-il écrit.

M. Blanc, qui a été nommé au gouvernement le 18 mars, se voit fixer comme "objectifs indissociables la croissance et la cohésion de la région", s'inscrivant dans le cadre d'un développement durable.

Pour cela, est-il indiqué, il faut un "espace propice à la création et à l'innovation", "avec des infrastructures de transport nécessaires à la desserte interne et externe du bassin parisien", respectant les équilibres du Grenelle de l'Environnement.

"La vision doit précéder le projet et le projet doit conduire au choix de l'organisation et de la gouvernance", est-il souligné.

M. Blanc doit "restaurer une ambition d'urbanisme cohérente à l'échelle de l'agglomération" et "proposer une vision globale du périmètre et de l'organisation de l'agglomération à l'horizon 2030".

Le secrétaire d'Etat devra "participer activement à la consultation internationale pour l'avenir du Paris métropolitain coordonnée par le ministère de la Culture et de la Communication" (concours d'architectes de Christine Albanel).

Parmi les objectifs encadrant son action, figurent la "recherche de l'harmonie territoriale et de la cohésion sociale".

De "grandes opérations d'aménagement" doivent également concourir à la "dynamique" et au "rééquilibrage" recherchés, "à commencer par la fondation d'un cluster technologique et scientifique de rang mondial autour du plateau de Saclay et le développement de la Plaine de France nord-est de Paris".

M. Blanc se voit charger aussi de la "programmation des infrastructures de transport" (de style Métrophérique) et de la "mobilisation des grands organismes et des sociétés nationales intervenant dans le territoire métropolitain".


C.R. de la lettre de Mission de C. BLANC

Le projet du Grand Paris sera présenté en 2009

Christian Blanc a rendu publique, le 14 mai, sa lettre de mission établie par le président de la République. D’après le document, il lui revient "de définir une vision pour la région capitale à l’horizon 2030" et "de permettre à la France de tenir son rôle dans la compétition des territoires, en faisant de sa capitale une ville-monde, ouverte, dynamique, attractive, créative de richesses et d’emplois, qui constitue pour la nation un atout décisif dans la compétition économique du XXIe siècle."

Les objectifs fixés par le Gouvernement pour la région capitale sont au nombre de cinq :

-  développer une vitalité économique forte ;
-  prendre en compte les Franciliens vivant dans des zones "en grande difficulté" ;
-  anticiper les "conséquences du nouveau contexte écologique planétaire" ;
-  dimensionner les futures infrastructures,
-  prévoir des "gestes architecturaux forts contribuant au rayonnement culturel" de la région capitale.

Une administration de mission d’une cinquantaine de personnes sera chargée de consulter les élus locaux, les acteurs économiques, les organisations professionnelles et les experts de diverses disciplines. Parallèlement deux premiers projets structurants devraient être lancés : un cluster (pôle) technologique et scientifique sur le plateau de Saclay (Essonne) et l’aménagement de la Plaine-de-France (Seine-Saint-Denis). Au printemps 2009, d’autres projets seront sélectionnés au terme de la consultation internationale lancée par le ministère de la Culture et de la Communication.

A la fin de l’année Christian Blanc devrait présenter en Conseil des ministres "une stratégie et une première esquisse pour la région capitale à l’horizon de trente ans".

"Cette vision et ce projet se traduiront naturellement par l'intervention d'un nouveau mode de gouvernance et de financement, où vous vous attacherez particulièrement à construire pour les grands équipements des modes de financement innovants, tirant le meilleur parti de la valeur économique", indique la lettre.

Il pourrait s'agir d'un partenariat public-privé (PPP) et de la "captation de la rente foncière": il s'agit d'un

système à l'anglo-saxonne permettant de faire financer les équipements ou infrastructures par celui qui

bénéficie de la plus-value foncière résultant de ces équipements.


par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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