Mardi 6 mai 2008
PRESSE

SIBYLLE VINCENDON
LIBERATION - QUOTIDIEN : mardi 6 mai 2008
    
Dans un entretien à Libération, Bertrand Delanoë explique qu'il souhaite en finir avec des décennies d'«arrogance» et de «mépris» de Paris à l'égard des villes voisines.

De quoi allons-nous parler : du Grand Paris ou de Paris Métropole?

Ne nous querellons pas sur les mots, attachons-nous plutôt au fond. Je préfère l’expression Paris Métropole à celle de Grand Paris, car ce qui doit naître devra impliquer autant les autres villes que la capitale. Souligner que la métropole est bien notre appartenance commune est donc plus adroit et plus juste, car ce n’est pas Paris qui s’agrandit. Nos voisins tiennent d’ailleurs à leur identité, et je les comprends.

A quoi cela sert-il de constituer une métropole?

Lors du précédent mandat, nous avons mesuré les effets de décennies d’arrogance et de mépris de Paris à l’égard de ses voisins. C’est pourquoi avec mon adjoint, Pierre Mansat, nous avons veillé à tisser des liens bilatéraux, à lancer des projets communs, avant que ne se crée la Conférence métropolitaine [en juillet 2006, ndlr]. Deuxièmement, nos collectivités partagent de nombreux défis, mais nos instruments sont insuffisants pour répondre notamment aux enjeux du logement, de l’attractivité économique ou des déplacements. Prenez ce dernier exemple : grâce au Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif), nous sommes moins en retard que dans d’autres domaines. Même si son pilotage par les élus est récent - il date de 2006 -, nous avons là un outil de gouvernance efficace. Il est vrai que demeure une problématique spécifique des déplacements en zone dense mais, selon moi, la plus grande urgence est celle du logement. Quelle est la situation actuelle ? D’un côté le volontarisme de certaines collectivités locales - dont Paris - pour diversifier l’offre de logement, sans oublier l’hébergement des exclus. Et de l’autre, l’égoïsme structurel de plusieurs communes de l’agglomération : dès lors, comment s’en sortir, sans une coordination commune ? Et je veux être honnête, en reconnaissant que Christine Boutin, ministre du Logement, n’est pas la dernière à dire que les Hauts-de-Seine et les Yvelines doivent faire leur part du chemin. Or, aujourd’hui, des élus préfèrent cyniquement payer des amendes plutôt que de réaliser des logements sociaux. J’ajoute que Paris assume plus de 65 % de l’hébergement d’urgence de toute l’Ile-de-France. Une instance de pilotage commun créerait nécessairement une dynamique qui porterait en elle une forme de contrainte.

Comment répartir les ressources financières, très inégales aujourd’hui?

Les moyens, c’est la solidarité. Le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis ont moins de ressources fiscales, Paris et les Hauts-de-Seine en ont plus. Nous n’avons cessé de le dire depuis des mois : Paris sera solidaire en termes de partage des ressources. J’attends vainement le même engagement des Hauts-de-Seine. Sur l’attractivité économique, Paris a commencé à construire des projets dédiés à l’économie de l’intelligence avec Ivry ou avec Plaine Commune... Dans le même temps, comment La Défense pourrait-elle rester en dehors d’une ambition partagée pour le développement économique de notre métropole ?

Roger Karoutchi, chef de file de l’UMP au conseil régional, affirme que Paris ne met sur la table que la taxe professionnelle et pas les droits de mutation…

Sur le sujet, j’observe surtout que Roger Karoutchi a beaucoup fluctué. Je me réjouis même de certaines de ses fluctuations, puisque, après avoir tenu les propos les plus durs, il semble qu’il reconnaisse aujourd’hui les vertus de la Conférence métropolitaine. Très bien ! Mais d’où tire-t-il que Paris ne serait disposé à mettre en commun que la taxe professionnelle ? Nous n’avons pas précisé sous quelle forme et à partir de quelle source s’exprimerait cette solidarité. Car il faut décider ensemble et déterminer comment tout cela sera géré, pour quels objectifs.

Comment jugez-vous les premiers temps - discrets - de Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région capitale?

Je le connais bien, j’apprécie ses compétences et je suis ouvert à un dialogue constructif. Il peut y avoir quelque chose d’insolite à charger un membre du gouvernement de s’occuper d’une région et je comprends que les élus locaux se montrent méfiants. Mais sans faire injure à Christian Blanc, je constate quand même que le gouvernement auquel il appartient réussit le tour de force d’organiser un Grenelle de l’environnement sans mobiliser de moyens budgétaires pour les transports en Ile-de-France. Ou encore que le président de la RATP, entreprise publique, promeut à juste titre une liaison interbanlieue par métro [le projet Métrophérique, ndlr] sans le début d’un financement de l’Etat. Et cela alors que les collectivités locales, dont Paris, se sont déjà engagées à y contribuer.

Le chef de l’Etat s’est-il trop avancé sur le Grand Paris ?

Il a eu l’intuition d’une question pertinente. Reste qu’il a été pendant plusieurs années président du conseil général des Hauts-de-Seine, sans jamais consacrer la moindre attention à la solidarité au sein de la métropole. De plus, il donne lui aussi l’impression de varier dans son approche du problème et de ne pas toujours déconnecter notre recherche commune de considérations tactiques ou électoralistes.

Comment interprétez-vous l’attitude réticente de Jean-Paul Huchon, le président (PS) de la région?

Jean-Paul Huchon a raison de défendre l’institution régionale et la légitimité des élus locaux. Quand j’ai souhaité avec d’autres, créer la Conférence métropolitaine, j’ai voulu absolument que la région Ile-de-France y joue un rôle central. Jean-Paul ne veut pas, et il a raison, que les enjeux électoraux de court terme - les élections régionales sont dans deux ans - servent de prétexte à de mauvais coups politiques. Le rapport qu’il a commandé à Jean-Paul Planchou a débouché sur un travail d’analyse remarquable. Il distingue plusieurs scénarios, parlons-en. Il est vrai que l’un ne me convainc pas - celui dit «de la marguerite» [des intercommunalités autour de la capitale] - puisqu’il conduit à isoler Paris. Mais pour le reste, je m’inscris pleinement dans cette démarche exigeante et constructive. D’autant que la dynamique de la zone dense doit profiter aussi à celle de territoires plus éloignés, notamment l’Essonne, la Seine-et-Marne, le Val-d’Oise ou les Yvelines.

Et le rapport Dallier, qui propose de fusionner les quatre départements centraux?

C’est assez créatif. Mais cela présente l’inconvénient de n’avoir aucune chance d’aboutir à court terme. Le sénateur Dallier est venu présenter son analyse devant la Conférence métropolitaine. Je ne dis pas que ses propositions sont vaines, mais encore une fois, elles ne sont absolument pas opérationnelles à brève échéance.

Ne pourrait-il pas y avoir un jour un maire du Grand Paris?

D’abord, ce n’est pas pour demain ni même pour après-demain. Ensuite, avec tous mes collègues de la Conférence métropolitaine, nous voulons sincèrement aboutir en faisant vivre un vrai processus démocratique. Nous proposons de tenir en juin des Assises de la métropole, en y associant tous les élus des différentes familles politiques concernées, la société civile, c’est-à-dire les acteurs économiques et associatifs, et à titre personnel, je trouverais très judicieux que l’Etat soit également présent. Je veux ajouter ceci : dans cette nécessité de créer une gouvernance commune, souple, performante, sur les sujets identifiés que nous venons d’évoquer, je souhaite que Paris donne de l’énergie, du savoir-faire, des moyens, mais je pense totalement inopportun que son maire en soit l’animateur principal. Disant cela, je veux évacuer la crainte selon laquelle Paris voudrait dominer. Clairement, je ne revendique pas de devenir le dirigeant de Paris Métropole, mais Paris y tiendra évidemment toute sa place.


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Mardi 6 mai 2008
PRESSE

SIBYLLE VINCENDON
LIBERATION - QUOTIDIEN : mardi 6 mai 2008

Le maire de la capitale déclare à «Libération» ne pas vouloir diriger le «Grand Paris». Pour se préparer à un destin national ?


Le maire de Paris ne veut pas être le chef du Grand Paris. Il le dit pour la première fois (lire ci-contre). Est-ce pour viser plus haut ? Bertrand Delanoë cache de moins en moins ses ambitions. Il consulte, reçoit, écoute, s’apprête à publier un livre. En ligne de mire, le PS, peut-être, l’Elysée en 2012 aussi (lire page 4).

Paradoxalement, en renonçant à diriger le Grand Paris, il permet à ce projet d’exister: sa non-candidature peut débloquer les réticences des 29 maires de la première couronne, inquiets de voir leur puissant voisin grossir encore. La Conférence métropolitaine lancée en 2006 par Paris et quelques villes pionnières comme un club informel n’engageant à rien, pourra passer à la vitesse supérieure et tenir en juin ses Assises sans l’encombrante ombre portée d’une domination parisienne.

Cela n’évacuera pas toutes les peurs. Et en particulier, celle qui touche au logement. Une future métropole devra sans doute contraindre les communes qui bâtissent trop peu ; et les villes les plus proches de la capitale font déjà savoir qu’elles refusent d’être utilisées comme un «déversoir».

Autre inquiet : Jean-Paul Huchon, président (PS) de l’Ile-de-France. Lui ne veut aucune structure centrale. Cela marginaliserait la grande couronne et affaiblirait la région, estime-t-il. Il en a fait son combat et accuse la droite de transformer cette bataille en marchepied pour les régionales de 2010. L’omniprésence de l’UMP Roger Karoutchi, chef de file de l’opposition régionale, peut justifier ces craintes.

Le Grand Paris contient une grosse dose de politique. Elle a été introduite brutalement par Nicolas Sarkozy en juin 2007 quand il a évoqué une «communauté urbaine» pour Paris. Octobre suivant, il remet ça en annonçant, par-dessus la tête des élus, une consultation internationale d’architecture.

Mais depuis, le résultat des municipales ne l’a guère servi. Certes, il a nommé Christian Blanc secrétaire d’Etat à la Région capitale et une loi de création de la métropole a été annoncée pour 2009. N’empêche, Christian Blanc usine le Grand Paris dans une discrétion remarquable. Rencontrant des élus et des présidents de groupes comme Véolia ou France Télécom, il paraît surtout chercher des partenaires privés pour des grands projets. Au moins pour la rocade de métro interbanlieue Métrophérique. L’Etat n’a encore rien mis sur cette ligne à 5,5 milliards d’euros.

Les résultats du concours d’architecture, début juin, apporteront peut-être des idées au gouvernement. Il n’a pas utilisé les travaux de la Conférence métropolitaine, boudée par l’UMP. Il ne s’est pas jeté non plus sur le rapport du sénateur (UMP) Philippe Dallier qui veut fusionner les quatre départementaux centraux de la région. Et surtout, il ne dit rien des péréquations financières qu’impliquera une métropole. Nul ne sait ce qui sera prélevé sur le trésor du bastion UMP des Hauts-de-Seine. Embarrassant Grand Paris.

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Lundi 5 mai 2008
PRESSE
Dimanche 04 Mai 2008

Propos recueillis par Bertrand GRECO
Le Journal du Dimanche

 
Nommé au secrétariat à l'Outre-Mer il y a quelques semaines, Yves Jégo a d'autres ambitions, inscrites autour de la capitale. Le maire (UMP) de Montereau (77) prône une communauté urbaine parisienne et une grande Région Ile-de-France. Avançant selon lui des idées qui "décoiffent", il ne fait pas mystère de sa candidature future à la présidence de la région.

Que proposez-vous pour le Grand Paris?
A mon sens, le Grand Paris ne peut pas être autre chose qu'une communauté urbaine autour de la capitale. C'est ce que j'ai exposé à Christian Blanc que j'ai rencontré cette semaine. Paris a besoin de s'organiser avec ses voisines pour régler un certain nombre de problèmes et prendre en charge les dépenses communes.

A quoi pourrait ressembler cette "communauté urbaine"?
Elle doit être créée par la loi, puisque Paris est à la fois une ville et un département. Mais on peut très bien imaginer une structure calquée sur ce qui existe partout, à Lyon, Lille... Il faudrait se mettre d'accord sur ses compétences: développement économique et emploi, transports, logement, sans oublier les grand projet architecturaux. Ce Grand Paris devrait aussi avoir une fiscalité propre, c'est-à-dire une taxe professionnelle unique, qui obligera Paris à s'équilibrer avec ses voisines directes.

La mise en place d'une fiscalité unique du Grand Paris ne risque-t-elle pas de se heurter à l'égoïsme non seulement de Paris, mais aussi des Hauts-de-Seine?
Peut-être. C'est là qu'on saura si l'intérêt général doit dépasser les intérêts particuliers. Dans les Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, le président du Conseil général, est en phase avec l'idée de communauté urbaine de Paris.

Quelles limites géographiques imaginez-vous?
Paris et ses voisines directes, les villes limitrophes. La base géographique de la Conférence métropolitaine, lancée par le maire de Paris, me semble pertinente. Je suis d'ailleurs opposé à l'idée du sénateur Dallier, qui veut fusionner les départements de la petite couronne.

On a l'impression que vous êtes condamné à défendre l'idée d'un Grand Paris parce que Nicolas Sarkozy y tient, mais que, au fond, cela ne vous plaît guère...
Pas du tout. Grâce au Grand Paris, les financements n'iront plus à Paris en priorité. Ce sera un outil d'équilibre. Je compte inviter, avant l'été, tous les maires de l'Essonne, des Yvelines, du Val-d'Oise et de la Seine-et-Marne afin de structurer les "oubliés du Grand Paris". Aujourd'hui, à Montereau, on a des trains en aluminium des années 1950, une carte orange à 110 euros et des gares qui ne sont pas remises en état. Quand je vois que dans le même temps, on a déboursé 200 millions d'euros pour le tramway parisien, je me dis que notre région a trop longtemps regardé son nombril, c'est-à-dire Paris.

Vous êtes déjà en campagne pour les régionales de 2010?
J'aspire à devenir président de la Région pour qu'on puisse, dans dix ou quinze ans, se loger partout, dans des conditions financières acceptables, et bouger aussi bien en voiture qu'en transports en commun. Ce sont les deux axes de mon projet. On parle d'un métrophérique, c'est une bonne idée, qui doit être financée par le Grand Paris. Moi, je suis partisan d'une Francilienne ferroviaire qui relierait les villes de très la grande couronne, à 80 km de la capitale. Je suis aussi partisan de la fermeture des voies sur berges à Paris. J'ai été le premier élu UMP à applaudir Paris-Plage. Si vous avez cette logique toute l'année, avec des restaurants, des boutiques, des lieux de culture et de promenade, vous faites la plus grande capitale d'Europe. Mais il y a un préalable auquel s'opposent les ayatollahs Verts de la mairie de Paris. Je propose qu'on construise sous Paris des voies souterraines pour ne pas entraver le trafic automobile.

Nicolas Sarkozy veut organiser des primaires. Qu'en pensez-vous?
Je m'en réjouis. J'irai au devant des 30 000 militants franciliens de l'UMP pour présenter mes idées dont certaines vont décoiffer. S'ils me choisissent pour les représenter, j'y mettrais toute mon énergie. S'ils préfèrent un autre candidat, je me rangerais à leur choix.

Qu'est-ce qui vous distingue de Roger Karoutchi, lui aussi candidat à la Région?
Sans doute l'expérience, peut-être la sensibilité, et surtout l'origine géographique, cet enracinement dans la grande banlieue. Roger est conseiller régional depuis longtemps et il y fait un travail appréciable, mais quant à moi, je n'ai jamais siégé au Conseil régional, ce qui me donne un oeil neuf.

Qui de vous deux est le plus proche de Nicolas Sarkozy?
La course ne se jouera pas sur les centimètres de proximité avec le chef de l'Etat. Nous sommes tous les deux des fidèles mais dans la logique des primaires, il y aura sans doute d'autres candidats.

Vous venez d'être nommé secrétaire d'Etat à l'Outre-mer. Est-ce une façon de vous éloigner de l'Ile-de-France?
Ça m'éloigne physiquement, mais je reste maire de Montereau, très présent dans ma commune. En un mois, j'ai fait 60 000 km en avion. Ça me laisse du temps pour réfléchir à l'avenir de l'Ile-de-France.

François Fillon a proposé de changer le mode de scrutin pour les régionales...
Je mesure les limites du mode de scrutin actuel. Je mesure aussi que changer le mode de scrutin à quelques mois de l'échéance électorale pourrait donner l'impression qu'on privilégier son camp. A mon sens, cette évolution sera possible seulement en cas de consensus entre la gauche et la droite.
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Mercredi 30 avril 2008
En se prononçant en faveur du statut de Communauté urbaine, Yves JEGO fait une avancée notable en faveur d'une véritable intercommunalité à l'échelle du Grand Paris. Il ne se prononce guère en revanche en faveur d'une fusion des Départements de première couronne en parallèle, qui permettrait sans doute  d'harmoniser les politiques urbaines du coeur d'agglomération !...
Se dotant de comptences en matière notamment de logement et de transport, il semble néanmoins ommettre le développement économique et les finances locales que prônent également l'Association Grand Paris.

Antonio Duarte


PRESSE

Selon l'AFP, le secrétaire d'Etat à l'outre-mer Yves Jégo, maire de Montereau (Seine-et-Marne), a plaidé lundi pour un Grand Paris regroupant la capitale et les communes voisines et pour une «Grande région» Ile-de-France, lors d'un entretien avec Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale.
M. Jégo, reçu par M. Blanc, a défendu pour le «Grand Paris» la création d'«une communauté urbaine regroupant Paris et les communes voisines et disposant d'une fiscalité propre», passant par une loi, a-t-il dit à l'AFP.
Cette structure aurait des «compétences partagées», portant entre autres sur les transports, le logement, le foncier et la sécurité, a-t-il précisé.
«Paris ne peut pas rester la seule grande ville française sans communauté urbaine», a souligné M. Jégo.
Parallèlement, le secrétaire d'Etat s'est dit en faveur d'une «grande région» Ile-de-France, créée aussi par une loi, qui, outre le transport, serait «redotée de pouvoirs particuliers», notamment en matière d'«urbanisme, de logement et d'infrastructures universitaires et de recherche».
«La zone d'extension de Paris est la grande banlieue», a expliqué M. Jégo. «La région capitale doit avoir une dimension internationale marquée et mener à bien de grands projets. Où peuvent-ils prospérer? en dehors du Grand Paris, car il y a du potentiel et de l'espace».
Pour M. Jégo, qui avait fait part en septembre de son souhait d'être le chef de file de l'UMP aux régionales de 2010 en Ile-de-France, «il ne faut pas qu'il y ait les oubliés du Grand Paris», «un sentiment» selon lui «d'ores et déjà partagé par les collectivités de grandes banlieues» (Yvelines, Seine-et-Marne,...).
Selon lui, M. Blanc, qui consulte tous azimuts depuis sa nomination il y a un mois, veut «dessiner une stratégie à 25 ans pour la région capitale» et déterminer un mode de gouvernance qui en soit «la conséquence». 

 

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Lundi 28 avril 2008
PRESSE

Dimanche 27 Avril 2008 Par Bertrand GRECO
Le Journal du Dimanche

Ils sont en première ligne, pourtant personne ne leur demande leur avis. Les maires franciliens en ont assez. Ils se sentent très majoritairement exclus du débat sur le Grand Paris : 79 % d'entre eux estiment que leur voix "n'est pas suffisamment entendue". C'est l'un des enseignements de l'enquête menée par l'Association des maires d'Ile-de-France (Amif), que publie aujourd'hui le JDD.

Seulement 4% des édiles pensent que leur opinion est prise en compte, 3% en grande couronne (17% n'ont pas d'avis). "Les craintes des maires sont réelles sur la construction du Grand Paris, un sujet qu'ils savent nécessaire et inéluctable. Beaucoup ont l'impression que le débat est en train de leur échapper", analyse un responsable de l'Amif. Le président Claude Pernes (Nouveau Centre), maire de Rosny-sous-Bois (93) et conseiller régional, précise: "Ils sont les premiers concernés et ont besoin d'en savoir plus sur les intentions de l'Etat. Je préconise à Christian Blanc [Nouveau Centre également] de ne pas oublier de les consulter."

Depuis sa nomination il y a un mois, le nouveau secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale rencontre un à un les "grands élus" d'Ile-de-France: le maire PS de Paris Bertrand Delanoë (cette semaine), le président PS de région Jean-Paul Huchon ou des ministres UMP franciliens, tels Roger Karoutchi ou Yves Jégo (lundi). Les "petits" maires se rappellent donc à son bon souvenir à travers cette enquête, qui lui sera remise. Quel type de gouvernance souhaitent-ils à la tête du futur Grand Paris? Une majorité des édiles (64%) imagine un "conseil élu" au suffrage universel, surtout parmi les édiles de grande couronne (67%, contre 32% dans la petite couronne). Nombreux sont ceux qui ne se sont pas encore fait une religion sur la question de la gouvernance: 22% répondent "autre" (64% en petite couronne). En revanche, seuls 13% considèrent que le président du conseil régional pourrait prendre les commandes du Grand Paris et... 2% se prononcent en faveur du maire de la capitale (0% en petite couronne).

52% contre la suppression des départements limitrophes

Dans son récent rapport parlementaire, le sénateur de Seine-Saint-Denis Philippe Dallier préconise la fusion des quatre départements centraux (75, 92, 93 et 94). Une solution rejetée, semble-t-il, par les maires: 52% se disent hostiles à la suppression de ces départements. Dans les trois départements concernés (92, 93, 94), l'opposition paraît encore plus nette: 82% (contre 14% favorables).
Autre interrogation: les limites géographiques du Grand Paris. Les avis sont partagés: 25% se prononcent pour une frontière incluant "Paris et les 123 communes de la petite couronne" (41% des maires des 92, 93 et 94) ; 21% optent pour "Paris et les 29 communes limitrophes" ; 15% se prononcent pour "un périmètre à 'géographie variable' en fonction des enjeux" (27% des maires de la petite couronne) ; 14% répondent "toute l'Ile-de-France" ; et 5% retiennent l'idée de Manuel Valls (PS): "Paris et toutes les communes situées jusqu'aux villes nouvelles incluses".

Quelles compétences pour le Grand Paris? Sans surprise, les maires classent les transports (66%) et le logement (39%) en tête, suivis du développement économique, de l'emploi, de l'environnement et de la sécurité. La question de la fiscalité -et de la répartition équitable des ressources- est moins évidente: 56% des édiles (contre 44%) estiment que ces prérogatives devraient être confiées à la nouvelle structure ; 50-50 en petite couronne. L'enquête de l'Amif ne montre pas les réticences bien connues des communes aisées (92) à créer un "pot commun" avec les villes pauvres (93).

Divergences entre grande et petite couronne

Une question technique révèle un clivage important entre les maires de la petite et de la grande couronne: "Quelle structure 'Grand Paris' serait, selon vous, la plus représentative du bassin de vie, d'emploi et d'habitat des Franciliens?" 31% des élus des 77, 78, 91 et 95 (contre 0% des élus des 92, 93 et 94) évoquent une "communauté urbaine sur le modèle des grandes métropoles régionales comme Lille, Lyon, Marseille", projet défendu par Yves Jégo. Les maires de la petite couronne préféreraient une structure non encore définie, ou alors un "syndicat mixte ouvert" préconisé par Roger Karoutchi.

Les maires de la grande couronne, eux, sont plus nombreux à pencher pour la conservation du "système actuel" (25%) -ce qui ne serait pas pour déplaire à Jean-Paul Huchon-, ou pour la création d'une "nouvelle collectivité territoriale qui se substituerait aux départements de la petite couronne" (25%), ce que propose Philippe Dallier. Quant aux "systèmes d'intercommunalités géantes autour de Paris", c'est-à-dire la "marguerite" suggérée par Patrick Braouezec, président de Plaine commune (PCF), l'idée ne séduit que 6% des élus. Enfin, les maires franciliens se mettent d'accord (83%) pour dire que l'Amif "devrait jouer un plus grand rôle" dans la réflexion sur le Grand Paris. Histoire de mieux se faire entendre.

*L'Amif a envoyé un questionnaire aux 1281 communes de la région ; 247 maires ont répondu (19,3%), dont 29 en petite couronne (23,6%) et 218 en grande couronne (18,8%). Enquête réalisée du 14 au 22 avril 2008.

Voir ci-après :
http://www.lejdd.fr/paris/enquete-amif-grand-paris-avril-2008.pdf
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Mardi 22 avril 2008
PRESSE

LE MONDE | 19.04.08

Exit le projet de créer un Grand Paris ? Depuis le revers des élections municipales, l'Elysée et la droite parisienne semblent avoir renoncé à sortir leurs ciseaux pour découper une nouvelle structure institutionnelle au coeur de la région Ile-de-France.

Pour renforcer l'attractivité économique de la région et développer son réseau de transports, Nicolas Sarkozy avait pourtant, le premier, en juin 2007, esquissé l'idée de créer une "communauté urbaine" à l'échelle de l'agglomération parisienne.

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Dans l'esprit du chef de l'Etat, il s'agissait d'imaginer une solution administrative pour mutualiser les moyens financiers, à l'intérieur d'une zone de 6,5 millions d'habitants. Ce territoire est celui qui connaît le plus d'écarts de richesses entre ses collectivités. Et dispose, en même temps, de la manne des recettes de taxe professionnelle de Paris et du quartier d'affaires de la Défense. Encore faudrait-il dépasser les intérêts particuliers des maires et des départements.

Or, la droite est sortie affaiblie des élections municipales et cantonales dans la région. Pour M. Sarkozy, il est devenu plus difficile d'imposer aux barons des Hauts-de-Seine ou aux maires UMP de la petite couronne d'aliéner leurs prérogatives - au sein d'une métropole dominée politiquement par Paris et son maire PS, Bertrand Delanoë. "Si le Grand Paris doit uniquement permettre à la capitale d'exercer son imperium sur les communes limitrophes, j'y suis hostile", a prévenu, le 17 avril, Roger Karoutchi, président du groupe Majorité présidentielle au conseil régional.

PROJETS FÉDÉRATEURS

Candidat déclaré aux élections régionales de 2010, ce dernier avait promu, en décembre 2007, "une structure métropolitaine décisionnaire". M. Karoutchi défendait, la veille des municipales, un "syndicat mixte" entre communes à l'échelle de la métropole. Il estime aujourd'hui que pour accélérer les grands chantiers en Ile-de-France, la solution passe "par une nouvelle impulsion et un investissement financier de l'Etat plus fort". Plutôt qu'une nouvelle "gouvernance", il fonde ses espoirs dans la détermination de Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région-capitale à définir, "avant l'été", une "dizaine de grands projets fédérateurs" régionaux.

L'idée d'un Grand Paris conserve toutefois un défenseur acharné à droite. Le sénateur (UMP) de Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier, propose dans un rapport remis au Sénat, début avril, de fusionner la capitale et ses trois départements limitrophes (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). "L'Etat n'a plus d'argent", plaide-t-il. La seule façon de dégager des moyens est de supprimer des échelons institutionnels. M. Dallier assure qu'il n'est pas "isolé". Le 14 avril, parmi la centaine de maires, conseillers régionaux ou parlementaires UMP réunis pour l'écouter au conseil régional, pas un ne lui a apporté un soutien explicite.

A gauche aussi, l'idée de créer un Grand Paris continue de diviser. Les Verts et communistes à la Région plaident pour le renforcement de grandes "intercommunalités" sur le modèle des "pétales de marguerite", autour de Paris. Président du groupe PS au conseil régional, Jean-Paul Planchou a défendu, le 17 avril devant les élus régionaux, un rapport d'experts qui démontre le risque pour la métropole de se couper du reste de l'espace régional. Même avec les fortes rentrées fiscales de Paris et des Hauts-de-Seine, conclut l'étude, l'agglomération ne pourrait à elle seule financer ses transports, ses efforts de logement, ses pôles de recherche. Elle a donc besoin du soutien financier de la région. "On sort enfin d'un débat cantonné à des slogans faciles", sur le Grand Paris, s'est réjoui M. Huchon.

Béatrice Jérôme
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Mercredi 16 avril 2008
PRESSE

LE FIGARO
Marie-Douce Albert
17/01/2008

Dix équipes désignées par concours esquisseront des propositions pour la métropole parisienne dont rêve Nicolas Sarkozy. Premières idées avec Jean Nouvel, Dominique Perrault, Richard Rogers…

«Un nouveau projet d'aménagement global du Grand Paris». Nicolas Sarkozy l'appelle de ses vœux. Lors de sa conférence de presse du 8 janvier, il a affirmé qu'il ne laisserait pas cette ambition «s'enliser», provoquant une contre-attaque du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Désormais, architectes et urbanistes vont s'emparer du sujet. Pour faire suite à la volonté présidentielle, le ministère de la Culture a lancé fin décembre une compétition internationale afin de choisir dix ­équipes, qui rassembleront architectes, sociologues, historiens, ­poli­tologues… «Il s'agit d'une consultation en recherche et développement, précise-t-on au ministère. Les dix groupes réfléchiront ensemble à ce qu'est une grande métropole au XXIe siècle et devront aussi faire des propositions d'orientations pour le Grand Paris.» Les participants, qui devraient être désignés fin février, travailleront pendant six mois. Le fruit de leur réflexion sera publié et exposé en novembre à la Cité de l'architecture et du patrimoine.

Les propositions devraient aussi être épluchées à l'Élysée, où d'autres initiatives sur la question du Grand Paris pourraient être lancées dans les mois à venir. Pas étonnant alors que les professionnels se montrent motivés. Pour l'architecte Dominique Perrault, ils ne peuvent être absents du débat «sinon cela veut dire qu'on n'est pas engagé». Sans attendre, architectes et urbanistes livrent déjà quelques pistes, à commencer par celle d'une ville «polycentrique».

Créer une unité de l'agglomération

Pour beaucoup, l'agglomération parisienne ne peut en effet continuer à s'enrouler comme un escargot autour d'un cœur historique, mais doit créer de nouveaux centres, constitués autour d'activités économiques fortes ou d'institutions emblématiques. «On peut trouver dix lieux magiques, bien desservis, où l'on imaginerait des projets fantastiques», pense l'urbaniste Bruno Fortier. François Ascher, également urbaniste et sociologue, dit même qu'il «faut probablement créer de nouvelles “villes nouvelles”, même si l'on peut discuter de l'appellation, qui répondront au besoin massif de logements». L'architecte Jean Nouvel défend aussi l'idée de dix sites d'intervention mais les imagine plutôt sur des «zones sensibles, ghettoïsées, où l'on mènerait des opérations e xpérimentales en accélérant actions et budgets». Toutefois, pour l'architecte, tout ne passera pas par de grands chantiers : «La ville ne se change pas d'un coup de baguette. Il y a des choses de l'ordre du sensible : où densifier ? Comment équilibrer le minéral et le naturel ? Il faut créer les conditions d'une évolution urbaine et le faire en terme de plaisir de vivre.»

Une autre question sera le périmètre de ce Grand Paris : doit-il absorber la seule petite couronne ou s'étendre jusqu'à Roissy ou Marne-la-Vallée ? Et cette ligne de frontière doit-elle être étanche, comme le pense l'architecte Claude Vasconi ? Selon lui, «Paris doit être puissamment délimitée. Il faut en effet que la ville cesse de faire tâche d'huile et consomme sans arrêt du territoire». Pour le ­Britannique Richard Rogers, conseiller du maire de Londres, on doit «créer une ceinture verte autour de la ville. À Londres, nous avons décidé qu'il n'y aurait pas d'expansions futures et qu'on ne bâtirait que sur les zones déjà construites».

Un Grand Paris permettra également de faire fi des actuelles strictes limites administratives. «On va pouvoir établir une ­nouvelle cartographie où les territoires seront plutôt liés à des réalités géographiques», estime Dominique Perrault. Ainsi des quartiers situés en bordure de Seine ou autour d'un grand parc seraient traités de manière cohérente et non plus différemment à chaque fois que l'on change de commune.

Pour Laurent-Marc Fischer, de l'agence Architecture-Studio, il sera également crucial de créer une unité de l'agglomération. Il faudra notamment réfléchir à lui donner une identité de «capitale dans le monde, en la dotant d'équipements d'échelle internationale». Il faudra débattre d'éventuels grands chantiers et, à n'en pas douter, la question de la construction de tours sera au cœur des discussions. «Mais l'unité passera aussi par le détail, et par la création d'éléments ponctuels récurrents», ajoute Laurent-Marc Fischer. Le Grand Paris devra aussi soigner sa signalétique et ses bordures de trottoirs.

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Mercredi 16 avril 2008
PRESSE

SIBYLLE VINCENDON
LIBERATION - QUOTIDIEN : mardi 15 avril 2008

On ne s’ennuie pas devant le feuilleton du Grand Paris. La semaine dernière, on y faisait de la politique, avec l’audacieuse proposition du sénateur UMP Philippe Dallier (Seine-Saint-Denis) de fusionner les quatre départements centraux et d’élire un maire du Grand Paris. Cette semaine, c’est projets. En clair, le Grand Paris pour quoi faire ?

Bévue. A cette question, devront répondre dix équipes qui seront retenues lors de la grande consultation internationale lancée par Nicolas Sarkozy lui-même cet automne. L’appel d’offres, publié par l’établissement de maîtrise d’ouvrage du ministère de la Culture, demande de réfléchir à rien moins que «la métropole du XXIe siècle de l’après-Kyoto», puis d’appliquer le résultat à l’agglomération parisienne tout en creusant un thème (transports ou logement par exemple). L’ensemble en six mois et avec des «modes de représentation originaux» : des dessins que l’on puisse montrer au public. Le travail est considérable, la récompense financière l’est moins (une indemnité de 200 000 euros si l’on est retenu et basta), mais toute l’architecture française est en effervescence sur ce concours à haute dose de prestige.

Les candidatures sont closes aujourd’hui. Les équipes doivent être menées par un architecte ou un urbaniste, mais comprendre aussi paysagistes, laboratoires de recherche ou chercheurs, bureau d’études, entre autres. La liste des sélectionnés devait en principe contenir cinq équipes françaises et cinq étrangères. Mais la réalité pourrait être plus complexe car, à la faveur d’une bévue juridique, les délais ont été repoussés et les équipes se sont multipliées, mêlant souvent Français et étrangers. L’affaire avait démarré sur une «logique de casting» comme dit un des concurrents, logique dans laquelle des stars comme Jean Nouvel ou Christian de Portzamparc semblaient avoir une place réservée. En est-on toujours là ? Mystère. Avant la prolongation du délai, 41 équipes avaient déposé un dossier. Il pourrait bien y en avoir davantage aujourd’hui. Les dix gagnantes seront sans doute annoncées par le Président début juin.

Barre. Les lauréats plancheront jusqu’à fin 2008, et leurs travaux devraient contribuer à nourrir la pensée du tout nouveau secrétaire d’Etat à la Région capitale, Christian Blanc. Tel Paul Delouvrier qui fonda les villes nouvelles et le RER à la grande époque gaulliste, Blanc doit aussi insuffler du contenu à toute réforme. Si les architectes urbanistes répondent à cette commande ultra-ambitieuse, il ne devrait pas manquer d’inspiration. Mais la barre est haute.

Hier, Roger Karoutchi, ministre des Relations avec le Parlement mais surtout chef de file du groupe UMP au conseil régional, a dressé une liste qui pourrait intéresser les candidats. Pour le Grand Paris, il faut, dit-il, «des grands gestes architecturaux» puis «deux écopolis [pôles écologiques, ndlr] et des écoquartiers» et aussi «un très grand pôle d’affaires à l’Est» sans oublier «un grand campus universitaire». Karoutchi n’est pas Blanc, certes, mais ils voisinent dans le même gouvernement.

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Lundi 14 avril 2008
Roger KAROUTCHI n'en finit pas de reculer sur la question du Grand Paris, pour s'aligner sur la position de Jean-Paul HUCHON !... Faut-il y voir le signe de ses ambitions régionales ?

Opposer le Grand Paris, qui représente 6% de la superficie de la Région et le Conseil Régional
d'Ile de France est un non sens. Le coeur d'agglomération est déjà une connurbation et le bassin de vie et d'emploi de six millions de franciliens qui nécessite une politique harmonisée, en liaison avec l'aménagement du territoire régional !

Il serait temps que les politiques intègrent ces données pour se dégager des vues politiciennes qui font leur grand retour depuis la nomination de Christian Blanc...

Antonio Duarte


PRESSE

Dimanche 13 Avril 2008

Propos recueillis par Bertrand GRECO
Le Journal du Dimanche
 

Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, candidat UMP aux régionales (en 2010), organise demain à Paris une "réunion de travail" où il a convié les principaux responsables de droite concernés par le dossier Grand Paris, dossier qui agite les élus et politiques franciliens. Il rejette les principales propositions du sénateur Dallier, publiées dimanche dernier en exclusivité dans le supplément Paris-Ile-de-France du Journal du Dimanche. Il ne faut "pas faire exploser la région Ile-de-France" répond-il au sénateur qui préconise la disparition de quatre départements (75, 92, 93 et 94).

Vous organisez une réunion de travail sur le Grand Paris demain soir. Qu'en attendez-vous?
J'ai voulu réunir les élus [de droite] du coeur de l'agglomération: maires, conseillers généraux, régionaux, parlementaires, de Paris et des trois départements de la petite couronne. J'ai aussi invité les parlementaires de la grande couronne. Parce qu'on n'a aucune chance d'avancer sur le Grand Paris si la Seine-et-Marne, les Yvelines, le Val-d'Oise et l'Essonne se sentent marginalisés. Je suis obsédé par la nécessité de ne pas faire exploser la région Ile-de-France. Avant de parler de gouvernance _de quoi nous entraîner dans une guerre picrocholine qui durerait des années_, nous devons définir, ensemble, les projets prioritaires que nous voulons confier au futur Grand Paris: attractivité économique, gestes architecturaux, création d'un grand campus universitaire, d'un grand pôle d'affaires à l'Est de la région... Les Franciliens se fichent éperdument des structures. Ils veulent des transports de qualité et moins chers, des logements moins coûteux, un cadre de vie différent, moins de délocalisations, plus d'emplois...

Le rapport que le sénateur Philippe Dallier (UMP) a rendu cette semaine préconise de fusionner les quatre départements centraux (75, 92, 93 et 94) pour plus d'efficacité...
L'idée de mon ami Philippe Dallier est séduisante a priori... mais elle apporterait plus de problèmes que de solutions. Un département unique au coeur de l'agglo concentrerait 6 millions d'habitants et 75% du PIB d'Ile-de-France. Une domination qui signerait la mort de la région [11,5 millions d'âmes]. Il ne s'agit pas de regrouper les puissants et les riches au centre et d'exclure les autres. D'ailleurs, les quatre départements en question ne veulent pas entendre parler de fusion.

"Le Grand Paris ne doit pas être l'imperium parisien""

La volonté de mettre en commun les richesses de l'agglomération parisienne ne se heurte-t-elle pas à la frilosité des Hauts-de-Seine, plus riche département de France et fief de Nicolas Sarkozy?
Et la frilosité de Paris!? Bertrand Delanoë est assez flou quand il parle de mutualiser les ressources fiscales: il cite la taxe professionnelle, oubliant habilement les droits de mutation sur les ventes d'appartements. En 2007, Paris a récupéré 900 millions d'euros de droit de mutation! Personnellement, je ne prône pas une fiscalité unique. Je préfère imaginer un financement des opérations _ transports, logement, grands gestes architecturaux..._ à proportion de la richesse de chacun.

Vous posez des questions, mais n'apportez pas de réponse sur le visage que pourrait prendre le Grand Paris...
Je ne veux pas imposer ma vision. Mettons en place une structure légère de mission _sur de grands projets_ pas une collectivité territoriale supplémentaire. Cette structure devra disposer d'un grand conseil d'administration où siégeront l'Etat, la région, les départements, les communes. Dans une fusion en un seul département, vous n'avez ni les communes, ni la région, ni l'Etat. Or, l'impulsion politique de l'Etat me semble indispensable, pour définir des opérations d'intérêt national, un droit dérogatoire et la spécificité de la région capitale. Prenez Métrophérique, le projet de métro à 7-8 km autour de Paris: avec le système actuel, c'est 25 ans; avec un système dérogatoire et un partenariat public-privé, on le fait en 8 ans.

La nomination de Christian Blanc (NC) comme secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région capitale n'a pas toujours été bien accueillie, notamment par Jean-Paul Huchon...
Bertrand Delanoë ou Claude Bartolone [président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis] ont dit qu'ils étaient immédiatement disponibles pour discuter avec lui. Ceux qui ont protesté font preuve de repli sur soi. Je dis à Jean-Paul Huchon: arrêtez de vous arc-bouter sur l'institution régionale parce que vous en êtes le président! Reconnaissez que des choses ne fonctionnent pas! Et je dis à Bertrand Delanoë: ne croyez pas que vous allez créer un Grand Paris qui ne soit qu'un moyen pour la ville de régler ses problèmes d'intendance, d'évacuer la question des logements sociaux, des tours, des déchetteries ou des centres de retraitement des eaux usées. Le Grand Paris ne doit pas être l'imperium parisien mais une structure à l'équilibre respectant tout le monde.

"J'affirme qu'on vit moins bien en Ile-de-France qu'il y a 20 ans"

Pourquoi vous impliquez-vous tant, personnellement, sur le dossier du Grand Paris?
Chacun sait que je serai candidat aux élections régionales de 2010. Et j'affirme qu'on vit moins bien en Ile-de-France qu'il y a 20 ans. Notre région capitale est de moins en moins capitale et de plus en plus région de province, par rapport à Londres, Francfort ou Barcelone. Si on ne fait rien, on va encore avoir un débat régional surréaliste, déconnecté des réalités et des gens. L'affaire du Grand Paris ne fera gagner personne aux élections régionales, pas plus moi qu'un autre. Parce que ça dépasse les clivages, ça divise à gauche comme à droite. Les vrais débats pour les gens concernent les transports, le logement, l'emploi, la sécurité... Je ferai des propositions concrètes pour tous.

Que pensez-vous de la volonté de Nicolas Sarkozy d'organiser des primaires pour désigner les chefs de file dans les régions?
Je suis membre de la commission nationale d'investiture de l'UMP. Je pourrais participer à m'auto-attribuer l'investiture avec le concours de mes amis. Pourtant, je suis très demandeur d'un vote des 90 000 adhérents franciliens de l'UMP. Cela valorisera le candidat, mobilisera les adhérents et donnera une identité à cette campagne. Ces primaires pourraient avoir lieu début 2009, soit un peu plus d'un an avant les élections.

François Fillon suggère un changement de mode de scrutin pour les régionales. Y êtes-vous favorable?
Aujourd'hui, notre mode de scrutin conjugue à la fois la proportionnelle, deux tours, une prime majoritaire et des seuils: une usine à gaz illisible pour le citoyen et incompréhensible. Je le dis d'autant plus facilement que c'est nous, à droite, qui avons mis en place ce système trop compliqué, en 2004. Je suis donc favorable à une simplification: un tour et la proportionnelle. Pas pour manipuler, contrairement à ce que dit la gauche. Mais pour rendre plus visibles les régions, collectivités trop peu connues. Je défie quiconque d'aller dans la rue pour demander aux gens comment sont élus les conseillers régionaux...
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Samedi 12 avril 2008
PRESSE

Edito du Monde

par Bertrand Le Gendre

LE MONDE | 11.04.08

Capitale du XIXe siècle, Paris n'en finit pas de courir après son passé. New York l'a depuis longtemps éclipsée comme ville symbole, et Londres lui fait constamment la leçon. Nicolas Sarkozy s'en inquiète. Le président de la République sait qu'à l'heure de l'économie-monde un grand pays doit s'identifier à une grande métropole, sous peine de déclassement. D'où son projet de Grand Paris.

Il est plus que temps de revivifier l'espace francilien, estime M. Sarkozy. De desserrer l'étau du périphérique, qui ampute la capitale de son hinterland naturel. De lever les obstacles qui entravent la croissance économique de l'Ile-de-France. Obstacles politiques, institutionnels, psychologiques... En un mot, de réveiller la belle endormie.

Cette tâche a été confiée à un nouveau secrétaire d'Etat, chargé du développement de la région capitale, Christian Blanc, qui a la réputation d'être un habile négociateur. Son entregent ne lui sera pas inutile pour accorder les violons d'une myriade d'acteurs qui, tous, ont leur mot à dire : l'Etat, la Région, la Ville de Paris, les sept conseils généraux d'Ile-de-France et ses 1 300 maires...

En plus de cet enchevêtrement politico-administratif, Christian Blanc aura à surmonter deux obstacles de taille : le dogme de la décentralisation, qui fait de chaque édile un souverain en son royaume ; et la religion de l'écologie qui, sous prétexte de préserver l'environnement, complique - retarde, bloque... - les grands projets de développement.

Morcelée, polycentrique, l'organisation de la région métropole doit être repensée. Elle date de 1964, et, le temps passant, la plus vaste des régions françaises (11 millions d'habitants) est devenue ingouvernable. En 1964, quatre entités ont vu le jour en lieu et place du département de la Seine : Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Le Grand Paris de 1929, celui que les pouvoirs publics voudraient peu ou prou reconstituer aujourd'hui, avait vécu.

Ce découpage, cet émiettement, était dans l'air du temps. Sursaut antijacobin, il avait ses hérauts et sa Bible : Paris ou le désert français, de Jean-François Gravier (Flammarion, 1947), un livre qui a profondément influencé les élites d'alors. La thèse de cet ouvrage, selon laquelle la croissance de la capitale nuisait au développement de la province, a beaucoup fait pour l'éclatement de la région parisienne. Hydrocéphale, la France, disaient les "graviéristes", devait être rééquilibrée.

Les lois de décentralisation de 1982 et 1983 ont entériné ce constat. Pour le meilleur : la France souffrait d'un jacobinisme excessif. Et pour le pire : ces lois donnent à chaque collectivité territoriale des pouvoirs étendus sinon exorbitants à l'heure où la croissance d'un pays implique de grands espaces urbains cohérents.

C'est dire si la tâche de Christian Blanc s'annonce compliquée. Sa nomination est perçue comme une incongruité par les "décentralisateurs". Comme un retour inquiétant du refoulé jacobin, une menace pour les libertés locales chèrement acquises. Jean-Paul Huchon, le président (PS) de la région Ile-de-France, parle de lui comme d'un "proconsul". Et les Verts d'un "scandale démocratique".

Lesdits Verts ont beaucoup oeuvré pour figer Paris, donc l'Ile-de-France, dans la naphtaline. Ils se sont opposés avec succès à la construction d'immeubles de grande hauteur dans la capitale, indispensables pourtant à son développement, car Paris étouffe dans ses limites actuelles : 105 kilomètres carrés, contre 1 579 pour Londres.

Comment remédier à cette pénurie de terrains, sinon en construisant des tours d'habitation et de bureaux, à des emplacements adéquats, conçues par des architectes de talent ? La tour Montparnasse et le Front de Seine, dans le 15e arrondissement, deux désastres urbains, ne peuvent servir éternellement de repoussoir.

Le surmoi écologique des élus de la région parisienne freine son développement. C'est vrai aussi pour les transports. Cela fait trente ans qu'a été mis en chantier l'A86, un super-périphérique de 80 kilomètres destiné à faciliter la circulation d'une banlieue à l'autre. Et il n'est toujours pas bouclé, victime de multiples recours en justice, parfois justifiés, souvent inspirés par des égoïsmes locaux.

DELANOË, L'HOMME DE LA SITUATION

Il manque, dans l'organisation de la région métropole, une autorité capable de dominer les intérêts particuliers, à la manière de Paul Delouvrier (1914-1995), devenu, en 1961, délégué général au district de la région de Paris.

Le parallèle entre Christian Blanc et Paul Delouvrier, l'archétype du "proconsul" gaulliste, est éclairant. Il montre que, comme aux débuts des années 1960, Paris et sa région sont à un moment décisif de leur histoire, même si Paul Delouvrier n'a pas laissé que de bons souvenirs. Au rebours des opinions "graviéristes" de son temps, il a eu le mérite de concevoir un "schéma directeur" ambitieux pour la région parisienne (les villes nouvelles, le RER...). Mais l'éclatement de celle-ci en de multiples pôles était une erreur, on s'en rend compte aujourd'hui.

Politiquement, la situation dont a hérité son lointain successeur est inextricable. Les élus de l'UMP sont divisés - c'est un défi supplémentaire - sur le sens à donner au Grand Paris de Nicolas Sarkozy. Les uns, comme Roger Karoutchi, le chef de file de la droite francilienne, prônent des formules de coopération souple, librement consentie. Les autres, tel le sénateur Philippe Dallier, sont partisans d'une fusion de Paris et de ses trois départements limitrophes. Jean-Paul Huchon, lui, aborde affaibli son duel avec Christian Blanc. Il a été condamné, en février 2007, à six mois d'emprisonnement avec sursis et, surtout, à un an d'inéligibilité pour "prise illégale d'intérêt". Son procès en appel est imminent.

Bertrand Delanoë apparaît du coup comme l'homme de la situation. Le maire (PS) de Paris s'est opportunément démarqué du président de région en expliquant qu'il était prêt à dialoguer avec Christian Blanc. Il sait que Paris, parce que c'est Paris, a tout à gagner à un rapprochement avec ses voisins, décidé par l'Etat. Jusque-là, il devait déployer des trésors de diplomatie pour parler avenir commun avec les élus de la région, tant leur susceptibilité est à vif. Surtout, à la faveur des élections municipales, M. Delanoë s'est débarrassé des Verts, qui ne forment plus, au Conseil de Paris, un groupe charnière. Les tours voulues par le maire se feront, c'est un signe.


Courriel : legendre@lemonde.fr.
Bertrand Le Gendre (Editorialiste)

par Grand Paris publié dans : Tribunes Grand Paris
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