Vendredi 11 avril 2008


Les communes composants l'ancien département de la Seine

La Croix 04/04/08

L’Île-de-France 1.281 communes, réparties sur huit départements.
Chef-lieu de la région et capitale, Paris est aussi une commune et un département. Elle est entourée par les départements de la « première couronne » (4,3 millions d’habitants) : Hauts-de-Seine (36 communes), Seine-Saint-Denis (40 communes), Val-de-Marne (47 communes).

La « deuxième couronne » (5 millions d’habitants) comprend la Seine-et-Marne (514 communes), les Yvelines (262 communes), l’Essonne (196 communes) et le Val-d’Oise (185 communes). L’Île-de-France est la région la plus peuplée de France. Sa superficie représente 2 % du territoire national, dont 80 % sont des espaces naturels ou agricoles.

Avant le 1er janvier 1968, la région parisienne ne comportait que 3 départements : la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne. La loi de juillet 1964 a supprimé les deux premiers. La Seine-et-Marne n’a pas changé.

Paris

Superficie : Le territoire de la capitale n’est que de 105 km2, ce qui ne la situe qu’au 113e rang des communes de France métropolitaine. Arles occupant la première place avec 750 km2.

Population: Paris comptait 2.168.000 habitants au 1er janvier 2006, en hausse de 44000 personnes par rapport au 1er janvier 1999 (+ 0,3 % par an).


Carte de l''ancien Département de la Seine et son découpage en 1968

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Vendredi 11 avril 2008
PRESSE
LA CROIX
04/04/2008


Engagée par Nicolas Sarkozy, évoquée lors de la campagne des municipales, relancée par la nomination d'un secrétaire d'État chargé du dossier, l'idée d'un Grand Paris fait son chemin

«Paris est la seule agglomération de France, à ne pas avoir de communauté urbaine… » En juin 2007, en visite à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, Nicolas Sarkozy relançait par ses mots le chantier du « Grand Paris ».

Depuis, le débat sur l’organisation des pouvoirs politiques et économiques en Île-de-France n’a cessé de prendre de l’ampleur. Pendant la campagne des municipales où élus et candidats ont livré leurs visions de ce « Grand Paris ». Après, avec la nomination de Christian Blanc au poste de secrétaire d’État « chargé du développement de la région-capitale » et dont on attend de connaître la lettre de mission.

Mercredi 2 avril, le chef de file de l’opposition au conseil régional de l’Île-de-France, l’UMP Roger Karoutchi, a réuni des personnalités UMP et centristes franciliennes, pour débattre des « grands enjeux de la région-capitale ». A cette occasion Christian Blanc n’a rien dévoilé de sa tâche, demandant quelques semaines pour rencontrer tous les acteurs.

Mercredi 9 avril, Philippe Dallier, sénateur maire UMP des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) remettra son rapport sur la question à l’Observatoire de la décentralisation tandis que le maire socialiste réélu de Paris, Bertrand Delanoë, désire organiser avant l’été des « Assises de l’agglomération parisienne »…

Au-delà de leurs divergences, tous sont unanimes : la construction du « Grand Paris » est un enjeu majeur de ces prochaines années. Mais pour le plus grand nombre des Franciliens, bien des questions se posent tant cette nouvelle architecture politique reste illisible. Quel territoire pourrait-elle englober ? Quel en serait le mode institutionnel, les moyens financiers, et qui en aurait la gouvernance ? Que deviendraient en son sein les communes et les départements actuels ? Et surtout quels changements les Franciliens pourraient-ils en attendre ? Voici quelques éléments de réponse.

Le Grand Paris est-il une notion neuve ?


Non, puisque dans les années 1920, la gauche qui détenait le département de la Seine prônait déjà la construction d’un « Grand Paris » à l’image de l’agglomération londonienne ou berlinoise. Ces élus désiraient un plan de développement global de la ville et de ses banlieues.

« Non seulement la capitale ne s’est pas ouverte à ses périphéries, mais elle a multiplié les barrières techniques ou symboliques qui la séparent des communes limitrophes, note Jean-Marc Offner, directeur du Laboratoire techniques, territoires et sociétés (Latts) à l’université de Marne-la-Vallée. Le boulevard périphérique qui a pris la place des fortifications en est l’un des plus beaux exemples. L’éclatement du département de la Seine par la loi de 1964 a d’ailleurs renforcé cet isolement de la ville centre. »

Il faudra pratiquement attendre soixante ans pour voir ressurgir le dossier avec la mission « Banlieue 89 » confiée par François Mitterrand en 1983 aux architectes Roland Castro et Michel Cantal-Dupart qui esquissent en vain un « Grand Paris » solidaire. Après son élection en 2001 à la mairie de Paris, Bertrand Delanoë multiplie les partenariats avec les communes voisines et met en place, en 2006, une Conférence métropolitaine, sorte d’instance de réflexion qui réunit une petite centaine d’édiles de banlieues pour discuter de leurs problèmes à l’échelle de l’agglomération.

Paris est-il trop petit économiquement ?

À chaque fois que la capitale s’est sentie à l’étroit derrière ses murailles, elle s’est étendue en annexant les faubourgs et en construisant une nouvelle enceinte un peu plus loin. Or Paris a cessé de grandir depuis 1860 et l’annexion des villages (comme Belleville, Montmartre, Vaugirard, Les Batignolles ou Grenelle…) qui se trouvaient entre le mur des Fermiers généraux et les fortifications d’Adolphe Thiers.

Depuis, la ville a perdu des centaines de milliers d’habitants (même si la tendance s’inverse depuis six ans) tandis que les banlieues n’ont cessé de croître. Comparé aux autres capitales, Paris est désormais loin derrière ses concurrentes économiques européennes en termes de superficie. Londres avec 1 580 km2 est quinze fois plus étendue et Madrid six fois plus avec 607 km2…

Or, pour nombre d’économistes, seules les grandes métropoles sont capables d’offrir aux entreprises l’échelle favorable à leur épanouissement. D’où l’idée d’une structure de décision à l’échelle des mégapoles mondiales pour redynamiser l’attractivité de la région capitale et entraîner, dans le même mouvement, la croissance nationale.

Les Franciliens en ont-ils besoin ?

Chaque jour, quelque 300 000 Parisiens vont travailler à l’extérieur de la capitale, tandis que 500 000 des habitants de proche banlieue font le trajet inverse. Mais pour les questions essentielles que sont par exemple le logement, les transports ou l’emploi, les concertations et les prises de décision au niveau de l’Île-de-France deviennent presque mission impossible.

« La véritable fragmentation de la région avec près de 1 300 communes, chacune avec ses compétences, est une exception française, souligne Jean-Marc Offner. Même si les difficultés commencent à se résoudre grâce au développement de l’intercommunalité, on assiste souvent chez les élus à une absence de prise en compte des enjeux métropolitains au profit de leurs propres territoires. »

Les tenants du Grand Paris évoquent souvent le problème du transport et la faiblesse du maillage de transports publics au fur et à mesure que l’on s’éloigne des limites strictement parisiennes. La petite couronne attend ainsi son métro de périphérie depuis plus de quinze ans. « Un président de la RATP m’a dit que s’il n’avait qu’un interlocuteur, le projet pourrait être achevé en huit ans. Si on continue comme cela, il faudra au moins attendre 2025 pour le voir », affirme Roger Karoutchi.

De même, alors que le manque de logements est critique, la densification nécessaire du territoire bute sur les centaines de règlements locaux d’urbanisme.

Est-ce que ça résoudra la crise des banlieues ?

« Avec le Grand Paris, la question des banlieues disparaît, affirme l’architecte Roland Castro. C’est l’occasion de mettre de l’État républicain partout, de désenclaver les cités, de les embellir. » Pierre Mansat, adjoint communiste de Bertrand Delanoë chargé des relations avec les collectivités territoriales d’Île-de-France et du dossier Paris Métropole, rappelle que le Grand Paris est aussi l’occasion d’établir une équité financière entre les territoires de l’Île-de-France.

La disparition en 1968 (loi de 1964) des départements de la Seine et de la Seine-et-Oise a en effet créé de profondes inégalités de ressources. « Paris et les Hauts-de-Seine bénéficient de 80 % de la taxe professionnelle de la petite couronne pour 60 % de sa population. La Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne ne reçoivent, eux, que 20 % de la taxe pour 40 % des habitants », dit-il, estimant que le Grand Paris pourrait être l’occasion de mettre en place une taxe professionnelle unique.

Quel serait son périmètre ?

Certains scénarios n’évoquent que Paris et ses 29 communes limitrophes. Pour la plupart, c’est le cas notamment pour Roger Karoutchi, l’hypothèse de départ reste cependant Paris et les 123 communes qui composent la première couronne. Soit 4 % du territoire total de la région mais presque 50 % de sa population (6 millions de personnes), 60 % de ses emplois et 90 % de ses déplacements…

Le sort des villes nouvelles plus lointaines (Évry, Marne-la-Vallée) pose pourtant question, étant donné leur importance économique. En décembre dernier, le président socialiste du conseil général de l’Essonne Michel Berson publiait une tribune dans Le Monde dans laquelle il mettait en garde contre la « ghettoïsation » des Franciliens de la grande couronne.

D’autres, comme Pierre Mansat, voient le Grand Paris comme un territoire à géométrie variable, qui concernerait certaines communes selon les questions traitées. Jeudi, une commission de la région a préconisé dans un rapport la création d’un syndicat consacré au logement, équivalent à celui qui existe déjà dans les transports.

Quel serait le statut du Grand Paris ?

La proposition la plus spectaculaire vient du sénateur et maire UMP des Pavillons-sous-Bois, Philippe Dallier, qui plaide pour la disparition des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis. « Il faut une nouvelle collectivité territoriale, dit Philippe Dallier, un échelon intermédiaire entre les communes et l’État. En province, c’est le rôle du département mais en petite couronne, le département n’est pas représentatif d’un bassin de vie, d’emploi ou d’habitat. »

Cette nouvelle collectivité territoriale serait décisionnaire sur quelques compétences (logement, transports, développement économique…) Les autres seraient réparties entre les communes et la région. Une taxe professionnelle unique serait par ailleurs instituée. Roger Karoutchi, lui, prône une structure, sorte de « syndicat mixte ouvert » associant État, départements, région et communes sur la base du volontariat dans un premier temps. « Avec une contribution des collectivités à hauteur de leurs ressources fiscales », précise-t-il.

À la mairie de Paris, Pierre Mansat réfléchit à une sorte d’assemblée de syndicats mixtes auxquels seraient intégrées les communes selon les sujets d’action. « Il faut inventer quelque chose de nouveau de toute façon », avertit-il. Quant à Jean-Paul Huchon, le président du conseil général d’Île-de-France, il se dit persuadé que la région reste la collectivité de pilotage la plus pertinente. Il admet cependant la création d’intercommunalités en petite couronne.

Mais il n’a aucun doute : l’intérêt gouvernemental pour le Grand Paris n’est qu’une manœuvre politique : « C’est pour la droite une manière d’empoisonner la région et la ville de Paris qu’elle n’a pas pu conquérir. »

Quelle est la vision des architectes ?

Alors qu’il inaugurait le 17 septembre 2007 à Paris la Cité de l’architecture et du patrimoine, Nicolas Sarkozy est revenu sur la question du Grand Paris en annonçant la création d’un groupe d’une dizaine d’agences d’architectes chargées de réfléchir sur cette évolution urbaine. De fait, le ministère de la culture a lancé un concours international pour choisir les dix équipes en question.

« Le travail de l’architecte, estime en riant Paul Chemetov – qui a notamment réalisé le ministère des finances de Bercy –, doit, comme avec le célèbre médicament (le Synthol), faire du bien là où ça fait mal dans la ville. J’aime aussi prendre l’exemple des mobiles de Calder où un tout petit point entraîne l’ensemble. »

Selon Roland Castro, qui participe au concours, ce Grand Paris est « l’occasion magnifique de réaliser un territoire égalitaire pour tous au sein duquel n’importe quel lieu en vaut un autre ». C’est ce que l’architecte appelle « le droit à l’urbanité ». « Cela signifie qu’on habite un logement digne, dans un quartier auquel on est fier d’appartenir et que tout soit en réseau. » Roland Castro propose un Grand Paris « en pétales », chacun s’appuyant sur ce qu’il appelle des « événements », et de les relier par un maillage de lignes de transports concentriques.

Il faudra mettre de « l’intérêt public partout, là des sièges d’entreprises, ici des musées, déplacer les gares… » Et ne pas oublier des monuments. « C’est l’Arche de la Défense qui a permis d’humaniser son quartier. Le monument, c’est l’émotion, la gratuité… » Pour l’architecte, pas de doute : « Le Grand Paris est un projet de civilisation. »
Michel WAINTROP
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Jeudi 10 avril 2008

Après le rapport PLANCHOU, celui du CESR prône également une métropole en "marguerite", qui favorise l'éparpillment des responsabilités selon l'adadge régional : diviser pour mieux régner... Elles ne prennent hélas pas en compte les nécessités spécifiques du coeur d'agglomération qui demandent un gouvernance cohérente et forte !

Antonio Duarte

PARIS, 10 avr 2008 (AFP)

Le Conseil économique et social de la région Ile-de-France (CESR) a exprimé des réserves sur les projets de Grand Paris, estimant que la région Ile-de-France est "un territoire institutionnel pertinent", dans un rapport rendu public jeudi. Alors que fourmillent les projets de "Grand Paris", le CESR souhaite pour sa part "le renforcement du polycentrisme, surtout en première couronne" de la région parisienne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de Marne), "afin de préserver les grands équilibres entre Paris et les grands pôles de proximité". Il estime que "le renforcement de la seule zone centrale, quel que soit son périmètre et sans contrepoids, constituerait un risque majeur de fracture avec les zones périphériques, qui doit être maîtrisé". "Dans l'attente de solutions institutionnelles novatrices, le CESR encourage le développement de démarches volontaires de concertation de type conférence métropolitaine (mise en place par le maire de Paris Bertrand Delanoë) ou d'associations intercommunales". Le CESR prône, par ailleurs, "le maintien et le développement de syndicats techniques par domaines de compétences" (eau, assainissement, déchets), "en fonction des projets, à des échelles adaptées". Selon le CESR, le rôle de chef de file de la région, reconnu par exemple pour les transports avec le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF), devrait être étendu au développement durable, au logement et au foncier. Pour les recettes fiscales, le CESR suggère le passage progressif à une taxe professionnelle régionale, en commençant par la zone dense, "définie, pour simplifier, à l'échelle de Paris et des trois départements de première couronne".

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Jeudi 10 avril 2008
PRESSE
LIBERATION
SIBYLLE VINCENDON
jeudi 10 avril 2008

Philippe Dallier est un homme qui met des beignes avec le sourire. En présentant hier le rapport sur le Grand Paris qu’il a élaboré pour l’Observatoire de la décentralisation du Sénat, ce jovial élu UMP de Seine-Saint-Denis en a distribué de tous les côtés. Sous l’intitulé «Les scénarios inacceptables», il range nombre de solutions prônées ces derniers temps par les acteurs du débat. Le syndicat mixte de Roger Karoutchi, chef de file de l’UMP régionale ? C’est, pour Dallier, «l’absence d’ambition». Les intercommunalités autour de Paris préconisées par la région et par le communiste Patrick Braouezec ? C’est «le refus d’une ambition commune». Quant à la communauté urbaine, évoquée le matin même par Patrick Devedjian, président UMP des Hauts-de-Seine, elle «compliquerait encore plus» la gouvernance parisienne.

Après ces petites claques, le rapporteur entame le vrai combat. Car le Grand Paris qu’il propose n’est pas un parcours de santé. Premier temps : fusionner, par la loi, les quatre départements de la première couronne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Fusionner aussi leurs budgets respectifs et ne demander aucun autre financement à personne. Cela dès 2010.

En 2011, deuxième temps. Nouvelle loi pour créer le Grand Paris, le vrai, avec des compétences limitées, logement, transports collectifs de l’agglomération, développement économique, sécurité. Tout ce que gèrent aujourd’hui les départements et qui n’est pas dans cette liste, serait restitué soit aux communes (gestion de l’action sociale), soit à la région (les collèges et les routes).

Ensuite, attention la secousse, élection au suffrage universel direct d’un maire du Grand Paris, rien moins. On supprime «l’institution du maire de Paris», et on émancipe les arrondissements qui récupèrent des pouvoirs de vraies communes. A l’Hôtel de Ville, on maintiendrait les compétences «qui serviraient à la fois au Grand Paris et aux arrondissements». C’est, écrit Philippe Dallier, «le scénario le plus révolutionnaire». En effet. D’autant qu’il s’accompagne d’autres petites brutalités. Ainsi, les intercommunalités actuelles de la première couronne sont-elles priées de se dissoudre. «Elles n’ont pas de sens», a dit hier le sénateur qui, décidément très en forme, a souligné que le rapprochement Sèvres-Boulogne, à droite, ne servait qu’à échapper au versement d’une taxe, et que Plaine-Commune, l’intercommunalité à dominante communiste autour de Saint-Denis, n’avait pas réussi à intégrer sa voisine Saint-Ouen, «pourtant du même bord».

Prévoyant tout ou presque, le rapporteur détaille la gestion du logement par le Grand Paris (avec objectifs de construction chiffrés et obligatoires pour les communes), la création d’un préfet de police du Grand Paris, d’une académie du Grand Paris, d’une agence foncière du Grand Paris, d’une agence de développement économique du Grand Paris. Entres autres.

Christian Blanc, le nouveau secrétaire d’Etat à la Région capitale, se voit ainsi livrer un mode d’emploi complet. Réaliste ? C’est moins sûr : dissoudre des collectivités locales reste inédit.

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Jeudi 10 avril 2008

PRESSE

PARIS OBS

Nº373_2266 SEMAINE DU JEUDI 10 Avril 2008

Plaine Commune, Laboratoire du Grand Paris ?
Alors que les esprits s'échauffent, le président de la plus grande intercommunalité d'Ile- de-France, Patrick Braouezec, propose sa vision de la future métropole. Fleurie...


Plaine Commune et ses huit villes est la plus grande intercommunalité de l'Ile-de-France. Faut- il être communiste et pauvre pour pouvoir se marier aujourd'hui ?
Patrick Braouezec Dans la mandature précédente, c'est vrai, six des huit villes avaient des maires communistes. L'initiative est venue de Saint-Denis qui était alors en plein développement. Nous ne voulions pas grandir en tournant le dos aux diffi cultés des autres : Aubervilliers, Stains, La Cour- neuve, Villetaneuse, Pierrefitte, Epinay et l'Ile-Saint-Denis. Ces communes avaient plutôt intérêt à adhérer à Plaine Commune et à sa charte d'aménagement élaborée en commun. Ailleurs en Ile-de- France, la plupart des villes ne veulent pas s'allier par crainte d'avoir à partager leurs richesses. Les in- tercommunalités existantes n'ont souvent qu'une ambition protectionniste - les riches restent entre riches - ou sont à la recherche d'un effet d'aubaine : ne pas payer la Dotation urbaine de solidarité.

Les 8 villes ont-elles gagné quelque chose dans cette alliance ?

Quand je suis devenu maire de Saint-Denis en 1991, Pierrefitte voulait attirer des entreprises sur son territoire pour bénéfi cier de la taxe professionnelle. Saint-Denis réfl échissait au développement de son pôle universitaire et Stains voulait faire des opérations de lo- gement. Trois objectifs dont la compatibilité n'était pas évidente. Il y avait des disparités de taxe professionnelle. Pierrefi tte avait un taux à 30% et Saint-Denis, à 17%. Grâce au principe de la solidarité fi nancière, et à la mise en place d'un taux unique, autour de 20%, chaque ville a pu adapter ses projets à son territoire. Aujourd'hui, Pierrefi tte va accueillir les Archives nationales et elle ne soucie plus de sa taxe professionnelle puisque Saint-Denis partage ses recettes. L'interco a aussi multiplié par deux la capacité d'investissement sur l'ensemble des villes, par 1,3 à Saint-Denis mais par 4 ou 5 à Villetaneuse ou Epinay. OAS_AD('Middle1');

Plaine Commune peut- elle ser vir de modèle pour le Grand Paris ?

Je me garderai bien de parler comme ça, je suis vacciné contre les modèles. En revanche, Plaine Commune est un exemple qui pourrait servir de matrice. La future métropole ne doit pas être l'extension de la capitale aux 29 villes limitrophes ou aux 3 départements de la petite couronne. Cette vision crée de la marginalité en donnant toujours plus de valeur foncière et immobilière au centre et en rejetant les plus pauvres dans la périphérie.
Je défends l'idée du polycentrisme, c'est-à-dire la création de plusieurs lieux de centralité en Ile-de-France. La Région aurait alors la forme d'une marguerite composée de 7 ou 8 pétales autour du pôle parisien, tous à égalité. Chaque entité s'occuperait, dans le cadre d'une intercommunalité, de transports, d'aménagement et de développement économique et se constituerait autour d'un point fort, comme le Stade à Saint-Denis, pour que les habitants puissent s'identifi er à un territoire qui va bien au-delà de leur commune ou leur cité.

Quel serait le périmètre de ces pôles ?

Il va sans dire que rien ne doit se faire sans les maires et les populations. Mais on peut imaginer à l'ouest un pôle autour de la Défense et de Boulogne jusqu'à Versailles; à l'est, Montreuil, Fonte- nay...; au sud-est, Seine-Amont entre Ivry, Vitry, Orly et Créteil; au sud, un pôle autour de la vallée de la Bièvre, etc. Sans oublier bien sûr le pôle Plaine Commune - Plaine de France au nord de Paris. Ces 7 ou 8 pétales couvriraient l'ensemble de la banlieue dense, villes nouvelles comprises. OAS_AD('Middle3');

Se poserait alors le problème de la coordination entre les différents pétales de la marguerite...

Notre modèle est confédéral. Les grands choix relatifs aux transports, à l'habitat et à l'emploi relèveraient d'une conférence des présidents d'intercos, qui serait le prolongement de la conférence métropolitaine de Bertrand Dela- noë. Cette structure s'occuperait aussi de la répartition de la fiscalité, sujet le plus délicat qui ne se réglera pas d'un coup de baguette magique, quel que soit le scénario choisi.

Comment serait élu le président de cette grande conférence métropolitaine ?

Sûrement pas au suffrage universel, plutôt au suffrage indirect. Mais il ne faut pas se précipiter. Pro- fi tons de 2009 pour permettre à chaque ville d'adhérer à une structure intercommunale. Le 1er janvier 2010, on pourra alors créer cette conférence des présidents qui élira son président.

Cette vision polycentrique ne fait pas l'unanimité...

Ne croyez pas cela : le Schéma directeur de la Région Ile-de-France de Jean-Paul Huchon n'est pas loin du scénario de la marguerite, même s'il doit être affi né et revendiqué. Plusieurs architectes comme Roland Castro, mais aussi Jean Nouvel... plaident pour la création de nouveaux centres et ont répondu à l'appel d'offres lancé par Nicolas Sarkozy pour le Grand Paris.

Et Christian Blanc, le nouveau secrétaire d'Etat chargé du développement de la Région capitale ?

Il a peut-être des idées, j'espère pas trop arrêtées. J'ai déjà pris contact avec lui. Il ne faut pas être sur la défensive.

Le 15 avril, vous devriez être réélu président de Plaine Commune. La poussée socialiste dans le 93 bouleverse-t-elle les équilibres dans l'interco ?

Aubervilliers et Pierrefitte ont des maires socialistes. Je regrette que le travail de Catherine Hanriot comme celui de Pascal Beaudet n'ait pas été reconnu. Ca ne changera en rien ma façon de travailler. Dans le respect et la loyauté. Nous avons élaboré ensemble un projet de territoire qu'il faudra faire partager aux nouveaux élus. Par exemple, il est nécessaire de continuer à construire des logements sociaux tout en diversifi ant l'offre. Je sais que ce sujet fait débat. Il est fondamental de ne pas opposer les populations entre elles. Je rappelle que l'objectif principal d'une nouvelle organisation métropolitaine doit être de résorber les inégalités spatiales, économiques et sociales.

 

Eve Roger
Paris Obs
par Grand Paris publié dans : Actualité Grand Paris
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Mercredi 9 avril 2008
Association GRAND PARIS

http://grandparis.over-blog.com/

Antonio Duarte, Architecte-urbaniste, Président de l'association Grand Paris est l'invité de l'émission :

« Ca vous Regarde » sur La Chaine Parlementaire (LCP), jeudi 10 avril 2008
en direct sur internet entre 19h00 et 20h00 (www.lcpan.fr) et retransmise entre 21h et 22h sur LCP Assemblée Nationale.

10/04/08 - Grand Paris : un pari risqué ?
Invités Politiques :
-Philippe Dallier, sénateur UMP, auteur du rapport sur le Grand Paris
-Jean-Paul Planchou, Président du groupe PS au conseil régional IDF
Experts :
-Paul Chemetov, architecte, auteur de nombreux ouvrages
-Yves Lion, architecte
Citoyens :
- Antonio Duarte, Président de l'association Grand Paris
par Grand Paris publié dans : Presse : revue de presse Ass GP
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Mercredi 9 avril 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE

Le rapport Dallier fait progresser le débat sur le Grand Paris
Mercredi 9 avril 2007

Le rapport du sénateur DALLIER sur la création d'un Grand Paris apporte des propositions audacieuses et interessantes au débat institutionnel. La fusion des 4 départements de la première couronne, qu'il propose à l'horizon 2010 semble une hypothèse difficile à contourner si l'on veut se doter d'un cadre administratif cohérent dans le coeur d'agglomération et doté de moyens conséquents. Les compétences demandées en matière de logement, de transport et de développement économique nous semblent aller dans le bon sens. La sécurité ne nous semble en revanche pas une priorité à l'échelle métropolitaine, contrairement à une véritable politique urbaine et d'harmonisation progressive des finances locales, qui font défaut au projet actuel.
Les hypothèses de créaton d'un Etablissement Public de coopération Intercommunale (EPCI) ou de communauté urbaine  semble avoir été écartées un peu rapidement par le sénateur, compte tenu de leur capacité à gérer les principaux enjeux de l'agglomération urbaine en mutualisant une partie des compétences des communes concernées.

L'Association pour le Grand Paris, qui rassemble des habitants de Paris et de sa banlieue souhaite que le Secrétaire d'Etat à la Région Capitale, Christian Blanc, crée les conditions d'un dialogue constructif et établisse un calendrier avant l'été. Nous proposons l'organisation d'Etats Généraux du Grand Paris, rassemblant l'ensemble des acteurs institutionnels (Etat, Région, Départements, Communes) des experts ainsi que des représentants des citoyens afin d'avoir un débat démocratique et transparent sur les enjeux et la méthode pour construire enfin une gouvernance commune métropolitaine, à l'image de toutes les grandes métropoles européennes.

Le Président de l'Association
Antonio Duarte
Architecte-urbaniste
par Grand Paris publié dans : Presse : communiqués Ass GP
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Mercredi 9 avril 2008

PRESSE

mercredi 09 avril 2008 |

Le Parisien

 

Toutes les fées se penchent sur l'avenir du Grand Paris. De Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé de la Région capitale, aux conseillers régionaux de tous bords. Inattendu, le rapport du sénateur Dallier nourrit le débat.

PAS UNE SEMAINE sans une contribution au débat sur le Grand Paris ! Après le rapport de la commission Planchou, au conseil régional d'Ile-de-France, la semaine dernière, voici celui du sénateur Dallier ! Maire des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Philippe Dallier, 45 ans, rend publiques aujourd'hui les conclusions de son rapport sur le Grand Paris, réalisé au nom de l'Observatoire de la décentralisation. « Londres n'aurait pas obtenu l'organisation des JO de 2012 sans la création du Grand Londres », expliquait-il en janvier à la sénatrice Elizabeth Meek, qui occupait les fonctions de « préfet » du Grand Londres.

Partant du principe que « la gouvernance en Ile-de-France a besoin d'une vraie rupture », le sénateur Dallier taille en pièces toutes les hypothèses sauf une : celle d'un Grand Paris qui « se substitue aux quatre départements de la petite couronne ».

Il aura l'occasion de confronter sa proposition à celle de Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France, qui organise le 14 avril sur le sujet une réunion avec tous les élus d'Ile-de-France. Le conseil régional débattra à son tour, le 17 avril, du Grand Paris. Tandis que Christian Blanc, secrétaire d'Etat au Développement de la région capitale, poursuit ses consultations...

 

 

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Lundi 7 avril 2008
PRESSE
LIBERATION
vendredi 4 avril 2008

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Le président du groupe PS au conseil régional d’Ile-de-France a présenté hier les «scenarii pour la métropole Paris Ile-de-France», avec cette supplique : «Faites-nous au moins cette concession : c’est le premier rapport avec des propositions.» C’est vrai. La commission gauche-droite qu’il a présidé au sein du conseil régional n’est pas farouchement pro-Grand Paris, certes, mais elle fait avancer le débat sur le fond. Entouré d’élus UMP, Verts et communistes, le bras droit de Jean-Paul Huchon, président PS de la région et adversaire du Grand Paris, a suivi la ligne de son patron. «Il n’y aurait rien de plus rétrograde que d’opposer le devenir de la métropole et celui de la région», a-t-il plaidé. Pas question «d’instaurer de nouvelles portes d’octroi».

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Lundi 7 avril 2008
PRESSE

L’Ile-de-France dégaine son projet en dix propositions.
S.V.
liberation - QUOTIDIEN : jeudi 27 mars 2008

Que pense la région Ile-de-France d’un futur Grand Paris ? Pas du bien semble-t-il au vu du rapport d’étape de la commission que l’institution a réunie sur le sujet. Présidée par Jean-Paul Planchou, patron du groupe socialiste au conseil régional, la commission réunit droite et gauche et devrait débattre du document aujourd’hui. Le rapport définitif sera rendu public à la mi-avril. Cela sur fond de révision du schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif), projet d’organisation globale en cours de discussion.

Dix propositions sont esquissées. Parmi celles-ci, la mesure la plus nettement anti-Grand Paris : «A proximité de Paris […], inciter à la création de nouvelles intercommunalités», qui formeraient «5 ou 6 pôles majeurs du développement». Libre à Paris, dans ce contexte, de s’associer «à certaines communes limitrophes», ce que Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région, appelle le «petit Grand Paris» quand il en parle. Mais pas de «gigantisme […] rendant la structure ingouvernable».

Côté argent, le rapport évoque deux choix : créer une taxe professionnelle unique pour toute la région ou renforcer le Fonds de solidarité de la région Ile-de-France, qui avait été créé pour redistribuer entre communes riches et pauvres. A force d’écrêtements variés, ce fonds ne gère pas un trésor : 180 millions d’euros seulement. La commission propose quand même de choisir ce dispositif en l’améliorant. Exit la taxe professionnelle unique présente dans toutes les communautés d’agglomération.

Parmi les autres propositions, on en notera deux. Elargir les missions du Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) à tous les déplacements en lui donnant la tutelle du réseau de voies express en sus des transports collectifs. Cette nouveauté permettrait «d’éventuels dispositifs de péages urbains» avec recettes à la clé pour la région. Et la création d’un «syndicat du logement d’Ile-de-France» qui se chargerait entre autres d’appliquer les 20 % de HLM et de créer un «fichier régional unique» des demandeurs.


par Grand Paris publié dans : Articles Grand Paris
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