C. Bartolone: "J'appelle à la solidarité"

Publié le par Grand Paris

PRESSE
JDD 13/10/08

Par Hervé GUENOT

Claude Bartolone appelle à l'aide. Un rapport de la DDASS de Seine-Saint-Denis montre que près de 4000 personnes en manque d'hébergement social sont orientées de Paris vers le département. Une situation qui pèse sur le budget du 93. Le président du conseil général réclame alors une concertation pour que des solutions communes soient apportées à l'hébergement d'urgence.

Même si elle se veut un département solidaire, la Seine-Saint-Denis ne peut accueillir toute la misère d'Ile-de-France. C'est le message que Claude Bartolone envoie aux élus de Paris, de la région et au gouvernement. Le président (PS) du conseil général du 93 tire le signal d'alarme sur l'état de l'hébergement d'urgence* dans son département, à quelques semaines des grands froids.

Un document de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales de Seine-Saint-Denis (Ddass 93) vient de mettre le feu aux poudres. Il révèle que de 3.500 à 4.000 personnes, dont un tiers "en situation irrégulière", sont orientées par la Ddass de Paris vers les hôtels du 93. Cela "aggrave la précarité sur le département et pèse sur les finances des communes où ces personnes finissent par être domiciliées et leurs enfants scolarisés". Ainsi, un grand nombre de chambres d'hôtel - 3.500 à 4.000 - sont occupées en Seine-Saint-Denis pour le compte de la Ddass Paris. Or, quand ces "hébergés" résident plus de trois mois, ils relèvent de la prise en charge sociale du département. "Les frais d'hébergement explosent. Stables à 5,5 millions d'euros par an de 2005 à 2007, ils se montent à 4,3 millions pour le premier semestre 2008. Les frais d'hébergement cette année pourraient atteindre 7,5 millions: une hausse de 36%", s'inquiète Claude Bartolone.

Selon la Ddass 93, ces personnes sont majoritairement françaises, ont moins de 45 ans, sont peu qualifiées, le plus souvent parent d'au moins un enfant, et leurs revenus proviennent des minima sociaux, et sont considérées comme en capacité d'accéder à un logement.

Trouver des solutions équitables

"Je ne fais pas un procès d'intention à Paris. Je ne veux pas dire que la capitale se débarrasse de ses pauvres sur la Seine-Saint-Denis. J'appelle seulement à la solidarité", fait valoir Claude Bartolone. Car le 93 a déjà fort à faire: 9.000 personnes y relèvent de l'hébergement d'urgence (4.000 places gérées par la Ddass). Le département enregistre 57.000 demandes de logements sociaux et les habitants attendent cinq ans en moyenne avant d'obtenir un HLM. Claude Bartolone redoute de voir réapparaître les cités d'urgence.

L'élu estime qu'il faut donc traiter le problème au niveau régional. "Ce serait une bonne façon d'activer concrètement Paris Métropole: Paris, la région, les autres départements. Et il faut interpeller l'Etat qui a transféré nombre de dépenses sociales sur les départements mais qui reste pilote pour l'hébergement d'urgence." C'est pourquoi Claude Bartolone a écrit mercredi à Christine Boutin, ministre du Logement, pour lui demander d'organiser "immédiatement" une table ronde. Objectif: "Mettre les choses à plat et trouver des solutions équitables." Claude Bartolone est formel: "Nous avons déjà beaucoup donné. Nous serons toujours solidaires. Mais nous nous sentons bien seuls."

* Dispositif qui offre un toit provisoire, souvent un hôtel, aux SDF, aux locataires expulsés de leur logement, aux jeunes en errance, aux squatters, aux femmes victimes de violences.

Publié dans Actualité Grand Paris

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