Marleix tente de rassurer sur la réforme des régions

Publié le par Grand Paris

PRESSE
LE FIGARO
25/02/2009
Samuel Laurent

Alors que la gauche refuse en bloc les projets de la commission Balladur et que certaines voix critiques s'élèvent à droite, le secrétaire d'Etat aux collectivités territoriales promet qu'il n'y aura pas de contrainte.

Nouveau chantier, nouvelle polémique. Alain Marleix, ministre des collectivités territoriales, en charge également du redécoupage des circonscriptions électorales, est monté au créneau mercredi pour rassurer sur la réforme des régions et des départements, qui suscite des remous à gauche, mais aussi dans les rangs de la droite.

Dans son rapport, Edouard Balladur propose de réduire le nombre des régions de 22 à 15, en fusionnant plusieurs ensembles, dont l'Alsace et la Lorraine, le Poitou-Charentes et l'Aquitaine ou Rhône-Alpes et l'Auvergne. Il propose aussi de fusionner les mandats de conseillers généraux et régionaux dans un nouveau corps de «conseillers territoriaux». Autant de propositions qui, à peine lancées suite à des fuites, font polémique chez les élus de droite, mais aussi de gauche. Et choquent les habitants de certaines régions concernées.

 

Critiques à droite comme à gauche

Le PS a directement refusé en bloc la réforme, expliquant que «la commission Balladur tourne le dos à une vraie modernité, à une vraie démocratie, pour des raisons que nous craignons politiciennes». Et Martine Aubry d'acccuser le gouvernement de vouloir «étrangler financièrement les régions», dont 21 sur 22 sont aux mains des socialistes.

A droite, ces propositions ne suscitent pas non plus l'enthousiasme. Mardi, le député UMP de Seine-Saint-Denis Eric Raoult a ainsi demandé du «temps» pour mettre en place la fusion de Paris et de ses départements limitrophes, préconisée dans le rapport. Selon lui, ce projet revient à «méconnaître les identités locales fortes acquises au fil des années», même si «il y a nécessité de créer une solidarité au niveau du tissu urbain autour de Paris». Pour le député, il s'agit «d'un objectif pour 2020 ou 2025» et pas 2014 comme le préconise le rapport Balladur.

Les deux régions Rhône-Alpes et Auvergne ont aussi affirmé qu'elles étaient opposées à leur fusion. Pour René Souchon, président PS du conseil régional d'Auvergne, cette idée est «stupide» car «l'Auvergne a une forte identité historique, géographique, économique. Et la supprimer ne résout rien et n'apporte pas plus d'efficacité». Selon lui, cette fusion est un «faux problème». «La réalité, c'est que les régions françaises n'ont pas les moyens financiers en rapport avec leurs compétences».

Quant à Rhône-Alpes, son président, le socialiste Jean-Jack Queyranne, a rappelé qu'il s'agissait d'une région «de taille européenne», dont la population est déjà «plus peuplée que dix Etats de l'UE». En Picardie, que la commission Balladur propose d'éclater entre trois régions (-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Champagne-Ardennes), une pétition lancée au début du mois sur Internet contre ce projet a déjà recueilli 35.000 signatures

 

Marleix : «se nourrir» des propositions

La commission Balladur a fait des remous au sein même du gouvernement. Ministre des Affaires sociales, mais aussi élu auvergnat, Brice Hortefeux a estimé sur I-Télé que sa région était l'une des trois «identifiées par les Français» avec la Bretagne et l'Alsace. Dès lors, «il faut pas se précipiter, certainement faire de la pédagogie, consulter la population, et donc, engager une réflexion de manière sereine, et pas brutale».

Mercredi, Alain Marleix a donc tenté de déminer le terrain en affirmant qu'il «n'a jamais été dans l'intention du gouvernement de forcer la main et d'être contraignant d'une façon ou d'une autre» pour mettre en place ces nouveaux découpages territoriaux. Le secrétaire d'Etat promet que le gouvernement compte «se nourrir» des propositions de la commission Balladur, sans pour autant toutes les reprendre à son compte. Bref, il devient urgent d'attendre.

Publié dans Région Ile de France

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