Comité Balladur : du "mille feuilles" au "pudding"

Publié le par Grand Paris

PRESSE
NOUVELOBS.COM | 26.02.2009 |

COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

C'est ainsi que François Hollande a qualifié les propositions de la commission chargée de réformer les collectivités locales.

L'ancien premier secrétaire du PS François Hollande a jugé, jeudi 26 février, que la commission Balladur de réforme des collectivités locales, en voulant se débarrasser du "mille feuilles administratif" français a finalement réalisé "un pudding", "indigeste" et "immangeable".
Dans un billet sur son blog, le député de Corrèze estime que la commission Balladur avait "pour tâche d'en terminer avec le mille feuilles administratif français hérité de notre histoire".
Mais au lieu de cela "on nous fait un pudding : un mélange compact, indigeste et pour tout dire immangeable, déplore François Hollande pour qui il ne faut pas pour autant "renoncer à la pâtisserie démocratique, à condition de faire léger, clair et simple".
Pour François Hollande, "l'ambition était noble" mais le rapport tombe "dans un certain nombre de travers qui étaient, hélas, dans les arrière-pensées, voire dans les intentions a priori de Nicolas Sarkozy".
"Une partie des propositions sur le rapprochement département-région n'est faite que pour priver la gauche des responsabilités qu'elle a conquises".


"En terminer avec les cantons"


Soulignant la "maladresse" de l'annonce de suppression des régions sans "consultation", François Hollande ajoute: "Passons sur la grossière suppression de la région Poitou-Charentes, pour dénoncer cette vision d'une France normalisée, découpée sur une carte d'état-major et où les mariages se font sans le consentement des époux".
L'ex-premier secrétaire du PS admet cependant qu'il faut notamment "changer notre organisation administrative", "clarifier les compétences entre département, région et intercommunalité" et même "en terminer avec les cantons, et c'est un président de conseil général qui vous le dit".


Ségolène réclame du "participatif"


Ségolène Royal a, de son côté, demandé d'"associer tous les Français dans une démarche de démocratie participative" à la réflexion sur la décentralisation, en réaction aux propositions du comité Balladur sur la réforme des collectivités territoriales.
"C'est un sujet très important qui ne doit pas faire l'objet de propositions en catimini dans une commission (...) mais qui doit associer tous les Français dans une démarche de démocratie participative", a déclaré l'ex-candidate à la présidentielle lors d'un point presse sur son plan énergie solaire en Poitou-Charentes.
"S'il y a un domaine où la démocratie participative peut se déployer dans tout son potentiel, c'est bien celui de la réforme de la décentralisation", a-t-elle insisté.

"Je n'y crois pas"


Interrogée sur une éventuelle disparition de la région qu'elle préside, Ségolène Royal a répondu: "je n'y crois pas. Je ne réagis pas aux propositions que je n'ai pas vues. S'il s'agit de dire que la taille des régions n'est pas toujours opérationnelle par rapport à l'enjeu des filières de développement économique, ce n'est pas totalement faux".
"Est-ce qu'il faut pour autant créer des polémiques, bloquer un système en modifiant des frontières? Je ne le crois pas", a-t-elle poursuivi, en réclamant "des solutions beaucoup plus opérationnelles et pragmatiques" comme des "actions interrégionales".
Ségolène Royal a jugé cependant "nécessaire" de "rechercher une plus grande efficacité dans le fonctionnement des institutions" et de la décentralisation.

Delanoë juge la réforme inadaptée


Bertrand Delanoë a également réagi aux propositions du comité Balladur sur la réforme des collectivités territoriales estimant que la constitution d'un "Grand Paris" est "inadaptée aux enjeux de notre territoire". "Nous contestons la logique consistant à supprimer les départements, pourtant efficaces dans les politiques de proximité, pour les regrouper au sein d'un 'Grand Paris' de six millions d'habitants, totalement déconnecté du terrain et des citoyens", écrit le maire de Paris dans un communiqué. La "cassure entre petite et grande couronne constituerait une erreur majeure, quelques années après la crise qui dans plusieurs villes de banlieue, avait au contraire confirmé la nécessité de solidarités nouvelles", note-t-il.


Un "travail remarquable"


Le maire de Paris déplore aussi que "la question centrale de la solidarité financière entre communes au sein de la métropole est clairement évacuée", tandis qu'"aucun instrument n'est prévu pour répondre à la grave crise du logement". Les propositions du comité Balladur ont obligé le gouvernement à monter au créneau pour tenir des propos rassurants, après la levée de bouclier provoqué par certaines préconisations comme la diminution du nombre de régions, le rapprochement des élus régionaux et départementaux, ou la constitution d'un "Grand Paris". Nicolas Sarkozy a souligné le "travail remarquable" du comité. Le rapport final sera remis à l'Elysée le 5 mars.

Publié dans Région Ile de France

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