Le Web déjà mobilisé contre le rapport Balladur

Publié le par Grand Paris

LEMONDE.FR | 26.02.09


Les travaux du comité Balladur, chargé de réfléchir à une réforme des collectivités territoriales, ont suscité de fortes inquiétudes sur Internet. Et ce avant même qu'il ne soit présenté.

L'Association des régions de France, emmenée par le président de l'Aquitaine, Alain Rousset (PS), a lancé début février un site Internet à destination du grand public, Sauvons les régions, qui propose force explications sur leur rôle et sur les menaces de réforme. Une campagne médias dans la presse quotidienne régionale et nationale a même été lancée dimanche.


Plus localement, des élus picards de gauche, craignant un démantèlement de leur région – qui fut évoqué par Edouard Balladur – ont lancé une pétition Touche pas à ma Picardie !, qui revendique 44 668 signatures électroniques depuis le 3 février, et un groupe Facebook fort de presque 20 000 membres. Quant aux regroupement de régions, finalement prôné par le comité sur la base du volontariat, il ne paraît pas encore déclencher de mobilisation massive : une pétition pour la fusion des deux Normandies, ainsi qu'une seconde, plutôt anciennes, ont peu bénéficié des récents débats sur le sujet.

En Bretagne en revanche, et dans le département de la Loire-Atlantique, divers élus se sont prononcés en faveur de la fusion. Et si nombre d'élus régionaux, y compris de droite, se sont prononcés contre les regroupements, c'est plus souvent dans la presse que sur leurs propres sites. Exemple en Auvergne.

"JE SOUTIENS MON DÉPARTEMENT ET JE LE DIS"

Côté départements, la mobilisation sur Internet a démarré un mois avant la remise du rapport, dont les élus craignaient qu'il prône la disparition de cet échelon. Plusieurs conseils généraux présidés par le Parti socialiste ont lancé des pétitions intitulées "Je soutiens mon département et je le dis" : l'Eure, l'Hérault, les Alpes-de-Haute-Provence – qui propose aussi une brochure particulièrement pédagogique sur l'action du département – ou encore la Seine-Maritime, qui a créé un site spécial, mis en ligne une vidéo sur Dailymotion et créé un groupe sur Facebook.


L'Association des maires de France a surtout mis en avant, ces derniers jours, la "contribution commune de neuf associations d'élus locaux, sur la taxe professionnelle", qui refusait sa suppression, annoncée par Nicolas Sarkozy, et demandait "une réforme ambitieuse, innovante et garantissant le lien entre les entreprises et les territoires". Le comité semble les avoir entendues.

Le Parti socialiste se contente d'expliciter ses critiques, par la voix d'Elisabeth Guigou et de Martine Aubry. Le dossier spécial de l'UMP sur ce sujet n'a pas été actualisé. Les Verts évoquent "un petit pas peut-être", et réclament la fin du département comme collectivité territoriale. Le MoDem est silencieux, le PCF s'inquiète d'un "retour au Moyen Age". Peu de collectivités ou personnalités proposaient jeudi des réactions aux propositions du comité, il est vrai non encore officiellement remises.

Jean-Pierre Raffarin (UMP) annonce qu'il se prononcera officiellement la semaine prochaine, mais estime "qu’il ne serait pas bon d’éclater les régions actuelles" et "pense préférable de les rassembler" – il cite d'ailleurs la région Poitou-Charentes, qu'il présida avant Ségolène Royal. C'est finalement les élus franciliens, il est vrai directement concernés, qui paraissent les plus réactifs.

Bertrand Delanoë, maire de Paris (PS), déplore une "occasion manquée" dans l'idée avancée d'un Grand Paris qui supprimerait les départements. Claude Bartolone, président du département de la Seine-Saint-Denis (PS), justement menacé, dénonce "une régression institutionnelle, sociale et démocratique". Gilles Catoire, maire (PS) de Clichy-la-Garenne, plaide pour un référendum sur le sujet. Quant au maire de Sceaux, Philippe Laurent (ex-UDF désormais sans étiquette), il déplore une "erreur de diagnostic", et suggère une "reformulation profonde".

Publié dans Région Ile de France

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