Territoires : Balladur prêt à faire des concessions à l'UMP

Publié le par Grand Paris

PRESSE
LE FIGARO
24/03/2009 |

par Jean-Baptiste Garat

Édouard Balladur  a défendu mercredi ses propositions devant le bureau politique du parti présidentiel. 

Le parti proposera mi-mai des aménagements au rapport de l'ancien premier ministre sur la réforme des collectivités locales.

Le président de la République avait annoncé se donner «plus de temps» pour le Grand Paris. L'UMP, elle, a décidé d'aménager à sa convenance les propositions du rapport Balladur. Xavier Bertrand a réuni mercredi soir à l'Assemblée nationale le bureau politique du parti présidentiel pour un nouveau débat sur la réforme des collectivités locales. Il avait déjà consacré le premier bureau politique de son mandat de secrétaire général du parti présidentiel et une réunion du bureau exécutif encore il y a quelques jours à la question.

Mais mercredi soir, en présence du premier ministre François Fillon, du président de l'Assemblée Bernard Accoyer et de tous les cadres dirigeants du parti, de Jean-Pierre Raffarin à Éric Besson, de Brice Hortefeux à la ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Michèle Alliot-Marie, Edouard Balladur en personne est venu défendre sa réforme. Et concéder quelques aménagements. Xavier Bertrand avait ainsi prévenu quelques heures avant la réunion, l'UMP «ne s'arrêterait pas aux propositions du comité Balladur».

Car les atermoiements au sein de la majorité dépassent l'épineuse question du Grand Paris : plusieurs des autres propositions du rapport, qui concerne le «droit commun» selon l'expression de l'ancien premier ministre, n'ont pas reçu un bon accueil dans les rangs de l'UMP. Tout le monde convient que la réforme est «indispensable», «incontournable» ou tout le moins «nécessaire». Mais selon que l'on est maire, d'une petite ou d'une grande ville, conseiller général ou conseiller régional, chacun souhaite des aménagements quand il ne juge pas certaines mesures inacceptables. Or il y a urgence à trouver un consensus, au moins au sein de l'UMP, l'examen de la première loi étant prévu pour l'automne, comme l'a répété mercredi soir Xavier Bertrand.

 

«Ménager les élus»

Au cœur du débat, la plus grande intégration des départements et des régions. Édouard Balladur propose que les conseillers départementaux et régionaux soient élus lors d'un même scrutin et qu'on en diminue le nombre. Selon le rapport, cette réforme passe par l'instauration d'un scrutin de liste sur la base de nouvelles circonscriptions taillées dans les départements. «On veut nous imposer le même scrutin que pour les régionales. La leçon n'a pas suffi», pestait encore dans l'après-midi un conseiller régional qui a vu sa Région basculer à gauche en 2004 pour la première fois de son histoire. «Le scrutin proportionnel n'est vraiment pas dans notre tradition», confirmait un cadre du parti.

Une nouvelle proposition de scrutin uninominal est donc en cours d'élaboration, avec, depuis mercredi soir, l'aval d'Édouard Balladur. «Tous les conseillers départementaux siégeraient alors au conseil régional, explique un proche du dossier. Il faudrait donc en limiter le nombre à environ 3 000 pour toute la France», contre quelque 4 000 conseillers généraux et 2 000 conseillers régionaux aujourd'hui.

Autre concession, les compétences des métropoles seraient accordées par les communes et les départements de façon «contractuelle» au lieu d'être arrêtées par la loi. «Cela permettra de ménager les élus municipaux et départementaux concernés qui avaient peur de voir disparaître leurs prérogatives au profit de cette nouvelle structure», expliquait-on à l'issue de la réunion.

Toutes ces évolutions vont faire l'objet d'un nouveau rapport, interne à l'UMP, dont la rédaction a été confiée par Xavier Bertrand à Dominique Perben. Le député du Rhône et membre du comité Balladur, déjà en charge de l'animation de réunion dans les fédérations avec son collègue sénateur Jean-Patrick Courtois, doit remettre ses conclusions mi-mai. «Ce qui est important c'est qu'Édouard Balladur a accepté de faire évoluer ses propositions dans les sens de l'UMP», concluait le sénateur de la Meuse et membre du comité, Gérard Longuet, en sortant de l'Assemblée mercredi soir. Et si ses troupes avaient encore besoin d'être rassurées, Xavier Bertrand a confirmé que le calendrier des régionales en 2010 et des cantonales en 2011 serait maintenu.

Publié dans Région Ile de France

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