L'Ile-de-France serait l'une des métropoles européennes les plus dynamiques

Publié le par Grand Paris


LE MONDE | 09.04.09 |

L'Ile-de-France résiste à la crise mieux que le Grand Londres, Madrid ou Barcelone. En 2008, la région est restée en tête des quinze grandes métropoles européennes pour le nombre d'emplois créés par des entreprises étrangères. Ce constat tiré d'une enquête de l'association Paris-Ile-de-France Capitale économique, rendue publique mercredi 8 avril, va à l'encontre de l'image d'une région en perte de vitesse véhiculée par Nicolas SarkozyChristian Blanc, le secrétaire d'Etat à la région capitale et l'UMP régionale. Le président (PS) de la région, Jean-Paul Huchon, et le gouvernement s'opposent sur le modèle de développement économique qui doit permettre de valoriser les atouts de l'Ile-de-France.

et

"N'en déplaise aux esprits chagrins, l'Ile-de-France est attractive", s'est félicité, mercredi, le patron (PS) de la région en marge de la présentation de l'étude annuelle d'Ernst & Young, pour l'association Paris-Ile-de-France-Capitale économique, une structure de lobbying financée à 80 % par des entreprises françaises et étrangères.

Selon cette étude, la première région française serait, malgré la crise, "dans une dynamique de croissance". Parmi les quinze grandes métropoles européennes, l'Ile-de-France fait partie des cinq qui voient croître le nombre d'implantation d'entreprises étrangères en 2008 avec Berlin, la région Nord-Rhénanie-Westphalie, Dublin et la Lombardie.

En 2008, l'Ile-de-France est restée deuxième au classement pour le nombre de société implantées sur son sol. Elle rattrape son retard par rapport au Grand Londres qui la devance toujours, mais de peu. Et en terme d'emplois créés, l'Ile-de-France arrive en tête des quinze métropoles.

Si la Région tire mieux son épingle du jeu que ses voisines dans la compétition internationale, elle ne joue pas pour autant "le rôle moteur nécessaire à l'économie du pays", a soutenu Christian Blanc, le 17 mars, au théâtre de Chaillot. Elle est "pénalisée par son taux de croissance économique depuis dix ans très inférieur à celui de Londres et de la plupart des villes-monde", a déploré le secrétaire d'Etat à la région capitale.

M. Blanc s'est opposé à la mise en oeuvre du Schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF), estimant qu'il n'était pas suffisamment ambitieux pour dynamiser la croissance économique. Elaboré par le conseil régional et adopté en septembre, le SDRIF fixe des objectifs en matière de logements, d'emplois et de transports pour les trente ans à venir en Ile-de-France, avec un souci de développement durable. En face, M. Blanc a élaboré un contre plan qui, selon lui, sera présenté par M. Sarkozy le 29 avril. Et se dit aujourd'hui soucieux de rechercher des "convergences".

Celles-ci risquent d'être compliquées à obtenir, car des désaccords majeurs existent. M. Huchon estime ainsi que le secrétaire d'Etat veut imposer une forme "d'élitisme territorial" qui consiste à identifier des pôles économiques forts dans la région pour les spécialiser. Le président PS de la région plaide pour "une diversification accrue des activités sur l'ensemble du territoire et le refus de laisser de côtés certaines parties de la région qui seraient a priori moins compétitives". "Aujourd'hui, la région est attractive", reconnaît Valérie Pécresse, candidate UMP à la région en 2010. Mais le schéma directeur de M. Huchon est un facteur qui limite la croissance." Quant aux transports, "on attend depuis longtemps que le conseil régional améliore la situation", commentait-elle mercredi.

"M. Blanc a cherché à intoxiquer l'opinion avec un discours sur le déclin de l'Ile-de-France pour mieux cacher l'incapacité de l'Etat à injecter de l'argent dans les transports et dans la recherche", accuse pour sa part Mireille Ferri, vice-présidente (Verts) du conseil régional. Président du Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF), M. Huchon a fait voter, mercredi, le lancement de la procédure de débat public sur le prolongement de la ligne 14 du métro parisien jusqu'au nord de Paris. Il s'agit de désengorger la ligne 13, la plus saturée de la capitale, un chantier estimé à 950 millions. "J'attends que l'Etat me dise combien il veut mettre sur ce projet", affirme le président de la région, qui espère une entrevue prochaine avec le chef de l'Etat.


Béatrice Jérôme

Publié dans Economie - Commerce

Commenter cet article