140 km de métro pour désengeorger l'Ile de France

Publié le par Grand Paris

PRESSE
LE FIGARO 25/04/09


Nicolas Sarkozy doit dévoiler mercredi un gigantesque projet pour décongestionner l'Ile-de-France. Il vise à doubler la taille du réseau métro-RER d'ici à 2025.

Une révolution se prépare en Ile-de-France. Dans la continuité des annonces du plan de relance et surtout trois mois après la fermeture de la gare Saint-Lazare qui avait dévoilé le chaos des transports parisiens, le président de la République va annoncer mercredi une série de grands travaux. Certains reprennent les idées de Christian Blanc, secrétaire d'État au Grand Paris. La philosophie du projet est de désengorger Paris en déplaçant son centre de gravité vers des pôles d'activité en banlieue et de rendre ses transports plus attractifs pour ses millions d'usagers quotidien.

Selon nos informations, l'ensemble des projets devrait coûter près de 20 milliards d'euros. Il y aura trois volets correspondant aux délais de réalisation des projets ainsi qu'aux effets escomptés pour les Franciliens. Ces travaux mettront fin à trente années de sous-investissement en Ile-de-France.

 

140 kilomètres de métro automatique

Le président de la République devrait annoncer un projet qui révolutionnera les transports en Ile-de-France. Il s'agit de la construction d'une rocade de métro autour de Paris. Le projet est pharaonique. La ligne mesurera 140 kilomètres et comptera une soixantaine de stations. Elle devrait également être souterraine afin d'éviter les procédures d'enquêtes publiques et les études environnementales qui allongent les délais. L'objectif est en effet que les premiers coups de pioche soient donnés rapidement et que le nouveau métro roule d'ici à 2025.

Il s'agira d'un train automatique sur le modèle de Météor, le métro de la ligne 14 parisienne. C'est d'ailleurs cette ligne qui sera la colonne vertébrale du nouveau projet. Selon nos informations, Christian Blanc préconiserait également que l'exploitation du futur métro automatique ne soit pas confiée à la SNCF ou à la RATP mais à une entreprise ad hoc.

Les premières études tableraient sur une facture de 14 milliards d'euros, soit l'équivalent de vingt ans d'investissement en Ile-de-France. Le nouveau métro va d'ailleurs multiplier par deux la longueur du réseau métro et RER.

L'État devra débloquer des fonds pour lancer rapidement les études d'ingénierie mais le financement du projet sera privé, sur le modèle du financement d'une autoroute, avec concession sur une soixantaine d'années. Cette semaine, il se disait d'ailleurs à l'Élysée que plusieurs tunneliers pourraient travailler sur le chantier pour raccourcir les délais.

 

Un plan RER de moyen terme

Les annonces de Nicolas Sarkozy devraient également porter sur la modernisation du RER. L'enveloppe budgétaire s'élève à 2,8 milliards d'euros.

Le plan, qui ne veut oublier personne, s'inspire du plan de la Région Ile-de-France et de son président, Jean-Paul Huchon. Certains des projets qu'il défend devraient d'ailleurs être repris par Sarkozy mercredi. 800 millions d'euros seront investis sur les RER C et D pour améliorer l'état du réseau, augmenter la vitesse des trains et moderniser les gares.

La SNCF et Réseau ferré de France (RFF), l'établissement public propriétaire des voies, ont été consultés. Si Nicolas Sarkozy reprend l'ensemble de leurs préconisations, 20 millions d'euros seront investis sur le RER D et 254 millions sur le RER B afin d'améliorer la fiabilité des deux lignes. Sur le RER B, les gares vont également être modernisées et la fréquence des trains renforcée. « Il y aura des projets annexes confiés à la SNCF comme par exemple le renouvellement du matériel roulant », confie un proche du dossier.

Le projet sera également complété par le prolongement d'Eole, le RER E, jusqu'à la Défense. Une vieille revendication de la SNCF pour désengorger le RER A, la ligne parisienne la plus saturée avec son million de voyageurs par jour. Ce projet qui coûtera 2 milliards d'euros prévoit entre autre le percement d'un tunnel entre Saint-Lazare et Nanterre ainsi que la création de nouvelles gares au nord-ouest de Paris.

 

des rénovations à court terme

Nicolas Sarkozy devrait également faire des annonces de court terme. Leur coût est estimé à 1,1 milliard d'euros. L'objectif est de juguler la détérioration rapide des transports en Ile-de-France. Selon RFF, 16 % des retards du Transilien de la SNCF en 2008 étaient dus à des problèmes d'infrastructure et 17 % à du matériel roulant défectueux. « Le président va annoncer une hausse des dépenses d'entretien, explique un proche du dossier. L'objectif est de renouveler les composants dans les zones critiques. »

900 millions d'euros vont être investis d'ici à 2012 pour renouveler les voies et les caténaires dans les zones où le réseau n'est plus à la hauteur du nombre de trains en circulation. RFF a également identifié 50 points faibles sur son réseau francilien. 80 millions d'euros vont être dépensés pour remplacer le matériel de signalisation et les caténaires dans ces zones à fort trafic et donc à fort risque de panne.

Le président de la République devrait également reprendre des annonces qui ont été faites dans le cadre du plan de relance, notamment une aide consentie à la RATP pour commander de nouvelles rames sur le RER A. Cinq nouveaux trains à deux étages entreront en service en 2011, puis douze trains supplémentaires par an.

En 2010, les rames de la ligne 1 du métro seront également remplacées par du matériel neuf actuellement en construction chez Alstom. Ce sera ensuite au tour des lignes 5 et 9. D'ici à 2020, tout le parc aura été renouvelé. Moins de cinq mois après l'annonce du plan de relance, qui prévoit quatre nouvelles lignes TGV en France, ces annonces pour l'Ile-de-France devraient faire passer la présidence Sarkozy dans l'ère des grands travaux.

Publié dans Transports

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