La droite divisée sur l'opportunité d'une décision rapide de l'Elysée

Publié le par Grand Paris

PRESSE
LE MONDE 28/04/09

La question du Grand Paris divise la droite. Valérie Pécresse a fait savoir à l'Elysée qu'elle préférerait que Nicolas Sarkozy n'évoque pas ce thème, mercredi 29 avril, lors de son discours sur sa vision de l'Ile-de-France, à la Cité de l'architecture et du patrimoine. Les élus de la grande couronne francilienne sont "traumatisés par le Grand Paris", a expliqué, le 10 avril, la tête de liste UMP aux élections régionales en Ile-de-France devant le groupe UMP du Conseil de Paris. Ils craignent que l'Etat concentre ses moyens financiers au sein d'une collectivité métropolitaine qui aurait tendance à garder ses richesses au détriment des départements des franges de l'Ile-de-France.

De son côté, Edouard Balladur n'a pas renoncé à convaincre le chef de l'Etat de "décider". Depuis la remise de son rapport, le 5 mars, sur la réforme des collectivités locales, l'ex-député du 15e arrondissement de Paris travaille, à la demande de l'Elysée, à des schémas alternatifs à sa première proposition.

Dans son rapport, M. Balladur préconisait la création d'une collectivité de 6 millions d'habitants qui se substituerait aux conseils généraux de la petite couronne, dont celui de Paris. Qualifiée de "Meccano anachronique" par Bertrand Delanoë, cette proposition a été fortement décriée, notamment par les trois présidents de départements de gauche. Patrick Devedjian, patron UMP des Hauts-de-Seine, a fait savoir, le jour de la remise du rapport Balladur, qu'il adhérerait à Paris-Métropole, une structure promue par le maire de Paris. Une manière de se démarquer du scénario Balladur.


M. Balladur ne propose plus de supprimer les départements. Parmi les deux nouvelles pistes qu'il envisage, il reprend celle évoquée par M. Sarkozy en juin 2007 d'une "communauté urbaine" à l'échelle de l'agglomération. Il étudie aussi la création d'un "établissement public interdépartemental" qui aurait des compétences en matière de logement, de transports et d'urbanisme et serait doté d'un conseil d'une trentaine de membres désignés au sein des conseillers généraux.

Selon le préfet d'Ile-de-France, Daniel Canepa, cette solution est moins critiquable par les élus. "Plutôt que de supprimer les départements, on propose de les rassembler", souligne ce proche de M. Sarkozy, qui a participé aux travaux de l'ex-comité Balladur.

Béatrice Jérôme

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