Transports, logement : Sarkozy dessine le Grand Paris des années 2030

Publié le par Grand Paris

PRESSE
LES ECHOS [ 29/04/09  ]

Le président de la République dévoile aujourd'hui les grandes lignes de son projet d'aménagement de la région capitale, qui doit permettre à l'Ile-de-France de redevenir la locomotive économique du pays. Il repose sur d'ambitieux programmes de logement et de mise à niveau des réseaux de transports pour 35 milliards d'euros. Et notamment un super périphérique.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, présente cet après-midi à la Cité de l'Architecture les grandes lignes de son projet pour le Grand Paris. Nourri des réflexions des 10 équipes d'architectes consultées par le ministère de la Culture pour imaginer la ville de demain et des travaux du secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région capitale, Christian Blanc, il vise à « faire de l'Ile-de-France une région attractive par son cadre de vie et capable d'entraîner l'économie nationale », indique l'Elysée.

· Le périmètre du Grand Paris

Il englobe la capitale, sa banlieue et les grands aéroports jusqu'aux villes nouvelles. Il est figé de manière à lutter contre l'étalement urbain et maintenir une réelle densité de la ville pour préserver l'environnement.

· Une ville durable

Nicolas Sarkozy veut faire de la région capitale un modèle en relançant la réflexion sur la ville. Il entend ainsi développer l'idée qu'on peut concilier une très grande densité urbaine, un mode de fonctionnement durable et des éléments naturels. Il compte « créer ainsi des conditions de vie attractives dans une cité ouverte sur la culture, la mixité sociale, la diversité des activités, où il facile de circuler et qui soit ouverte sur le monde entier », selon l'entourage du chef de l'Etat. Les 10 équipes d'architectes vont continuer à alimenter la réflexion.

· Unifier Paris et les villes qui l'entourent

Le président compte supprimer la rupture qui existe entre la capitale et sa banlieue en assurant une continuité et une unité architecturale à la manière de la transition qui existe actuellement entre Paris et le quartier d'affaires de la Défense. Cela s'accompagne de la construction de 70.000 logements par an pendant les vingt à trente prochaines années, soit un doublement du rythme actuel.

· Développement économique

La mise en réseau d'une dizaine de territoires de projets tels que le plateau de Saclay (enseignement supérieur, recherche), la « Vallée des biotechnologies » qui s'étend du centre de Paris à Evry pour la santé ou la Défense, pour la finance doit permettre à la région capitale de redevenir le moteur de l'économie nationale. L'attractivité de la ville, les logements disponibles et des facilités aux entreprises qui se créeront dans un environnement universitaire doivent déboucher sur la création de 1 million d'emplois en vingt ans.

· Un nouveau système de transports

L'investissement va atteindre 35 milliards d'euros sur vingt à trente ans. Un grand « pôle d'échange » dans le nord de Paris sera le centre d'un métro automatique desservant la périphérie du Grand Paris, donc les aéroports, 24 heures sur 24 (21 milliards d'euros) complété d'un réseau de maillage (12 milliards d'euros) et d'un système de dessertes fines à l'échelle des quartiers.

Il préserve le prolongement du RER Eole entre la gare Saint-Lazare et le Mantois, via La Défense (2 milliards d'euros) et le projet de concession CDG Express entre Paris et l'aéroport Charles de Gaulle, financé sur fonds privés. Le gouvernement se donne deux mois pour rapprocher les projets en lice : essentiellement ceux de Christian Blanc et de l'équipe d'architectes Nouvel-Duthilleul-Cantal Dupart. Dans tous les cas, le nouveau schéma repose sur une synchronisation de tous les systèmes de transports pour assurer des correspondances immédiates et un trajet moyen de 30 minutes, ce qui implique d'unifier les conditions d'exploitation des opérateurs.

· Le calendrier

Les pôles de développement économique reposent sur des projets existants. Pour les transports, de nouveaux instruments juridiques et financiers vont permettre de lancer les travaux dès 2012 tout en respectant les compétences de chacun et l'essentiel des projets de la région, qui va réviser son schéma de développement en conséquence. Le financement devrait reposer sur une hausse des tarifs, du versement transport et la valorisation du foncier qu'ils impliquent.

DOMINIQUE MALÉCOT, Les Echos

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