Le futur métro du Grand Paris attise déjà les convoitises

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
LE FIGARO 06/05/2009
Fabrice Amedeo
La station Bibliothèque-François-Mitterrand de la ligne automatique Météor (ligne 14).
La station Bibliothèque-François-Mitterrand de la ligne automatique Météor (ligne 14). Crédits photo : Le Figaro

La RATP, Keolis et Transdev sont candidats pour exploiter le futur métro.

C'est le projet du siècle. Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière la création, à horizon 2020, d'une grande rocade de métro automatique (sans conducteur) autour de Paris pour désengorger les transports de la capitale.

Ce projet pharaonique va être confié à un nouvel établissement public qui sera en charge des travaux. Il devrait être créé à l'automne. C'est lui qui lancera l'appel d'offres pour la construction de la nouvelle ligne. À l'issue des travaux, il remettra le nouveau métro au Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) qui lancera à son tour l'appel d'offres pour l'achat du matériel roulant ainsi que pour l'exploitation de la ligne.

Il y aura donc en tout trois appels d'offres pour un projet de 21 milliards d'euros. Les travaux devraient coûter 16 milliards d'euros. Les groupes de BTP - Vinci, Bouygues et Eiffage - sont intéressés mais refusent pour l'instant de s'exprimer. Ils pourraient se partager le gâteau puisque le projet devra sans doute être morcelé en tronçons pour être réalisés dans les temps.

 

« Une sorte de RATP bis »

L'achat des rames devrait, de son côté, coûter 4 à 5 milliards d'euros. Le constructeur français Alstom se dit d'ores et déjà « prêt ». Son président, Patrick Kron, a indiqué hier qu'Alstom était « bien placé pour la construction d'un métro automatique à grande capacité » . Son concurrent Siemens lui sera sans doute opposé, à moins que la solution de la ligne 14 du métro parisien soit retenue : Alstom pour les rames et Siemens pour l'automatisation du réseau.

Une belle bataille s'annonce également pour l'exploitation du nouveau métro. Les premiers calculs d'experts tablent sur un contrat de 450 à 500 millions d'euros par an. Plusieurs groupes ont déjà annoncé leur volonté de répondre à l'appel d'offres le jour où ce serait d'actualité. Pierre Mongin, le président de la RATP, a été le premier à s'exprimer la semaine dernière. Il a estimé que son entreprise pouvait « légitimement prétendre exploiter ce réseau » et qu'il ferait tout « pour qu'elle soit en mesure de l'emporter ». Ses concurrents n'entendent pas lui laisser « le gâteau » et militent déjà pour un morcellement du réseau avec appels d'offres par lots. « Ce serait une erreur de confier l'ensemble de l'exploitation à un seul opérateur qui deviendrait une sorte de RATP bis, explique Jean-Michel Ferraris, directeur général délégué de Keolis, la filiale de la SNCF. Quoi qu'il en soit, Keolis sera candidat. »

Transdev promet également d'être dans la compétition. « Transdev est intéressé, explique Bernard Stumpf, directeur délégué de l'Ile-de-France au sein du groupe, filiale de la Caisse des dépôts et de la RATP. Un réseau d'une telle ampleur est un sacré défi, il y aura sans doute des groupements et un morcellement des réseaux. » Pour l'instant, les équipes de Christian Blanc, secrétaire d'État au Grand Paris, expliquent que « seule la phase de concertations avec les collectivités est d'actualité ».

Publié dans Transports

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