Grand Paris : les dessous du projet «Sarkozy» par Christian Blanc

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
LA GAZETTE 06/05/09

Aménagement du territoire - 06/05/2009

Est-ce l’effet du satisfecit que lui a adressé le président de la République dans son discours autour du Grand Paris, le 29 avril ? Est-ce le cadre, le Centre d’accueil de la presse étrangère (Cape), fort éloigné des controverses partisanes franciliennes ? Toujours est-il qu’en ce 5 mai, le secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale, Christian Blanc se montre disert comme jamais, pendant plus d’1h30 ! Pour la première fois, il évoque longuement les raisons de sa nomination, son silence durant les mois après son entrée en fonction en mars 2008, les résistances auxquelles a dû faire face son projet de métro automatique… morceaux choisis.

Nommé pour contrer le Sdrif
«Le président de la République avait fait savoir, par son Premier ministre, que le schéma directeur de la région Ile-de-France (élaboré par le conseil régional, NDLR) manquait d’ambition (…). Si j’ai été nommé secrétaire d’Etat, c’est pour aller plus vite, plus haut, plus fort. Malgré son agenda chargé, le président a suivi personnellement et régulièrement le projet (...). Il voit grand autrement. C’est peut-être cela la rupture.»

Petite équipe
«Nous avons constitué une petite équipe d’une trentaine de personnes. Nous préférions des volontaires à une armée administrative. Nous avons essayé d’identifier ce qui devait être fait et non ce qui pouvait être fait. Les petites fuites dans la presse venaient surtout des services auprès de qui nous testions des hypothèses.»

Silence volontaire
«Pendant huit à neuf mois, il n’y avait rien sur mon agenda alors que la tradition gouvernementale veut que l’on publie chaque vendredi son programme pour la semaine suivante. Au bout d’un moment, chacun s’est demandé ce que faisait le secrétaire d’Etat. Des membres du gouvernement se sont même interrogés. Mais j’ai rencontré énormément d’élus, beaucoup de maires. Quand vous recevez les gens, non ès qualité mais en fonction de ce qu’ils ont à dire, vous avancez.»

Hiatus avec la RATP
«Lorsque j’ai été nommé, on a sablé le champagne à la RATP. C’était un peu "papa revient" (Christian Blanc a présidé la régie de 1989 à 1992, NDLR). Chacun pensait que j’allais faire Orbival (métro automatique circulaire dans les départements de la petite couronne promu au début des années 1990 par Christian Blanc. Egalement appelé «Métrophérique» et «Arc Express», NDLR). Mais ce n’était plus ce qu’il fallait faire. Il fallait passer à la troisième génération de transports après le métropolitain et le RER. Les portes de Paris ne sont plus Vincennes ou Montreuil mais les aéroports et les gares TGV (de Massy-Palaiseau et Marne-la-Vallée par exemple, NDLR).»

Résistances au sein de l’Etat
«Sur le grand projet de transports (de 130 km, NDLR), j’ai résisté aux actions énergiques des administrations spécialisées de l’Etat qui n’ont pas apprécié que l’on invente un dispositif qui n’était pas dans leurs cartons (…). J’ai pu dire à mes interlocuteurs gouvernementaux que ce projet serait extrêmement populaire et que les grands élus seraient obligés de converger. Les réactions depuis une semaine montrent que je ne me suis pas trompé.»

Jean-Baptiste Forray

Publié dans Actualité Grand Paris

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