Comment faire accepter les tours

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
JDD 14/05/09

Par Bertrand GRECO

Construire des tours à Paris... La polémique ne date pas d'hier, puisqu'en 1972 déjà - date de naissance des tours Montparnasse, Mirabeau-Front-de-Seine (15e) et Super Italie (13e) - le futur président Valéry Giscard d'Estaing déclarait la guerre à ces bâtiments géants. Puis l'interdiction de bâtir à plus de 37 m de haut s'est imposée comme un dogme. Jusqu'à l'arrivée de Bertrand Delanoë...

Le maire socialiste rêve de tours. Ou plutôt d'"immeubles de grande hauteur et de haute qualité". Problème: outre ses alliés Verts très hostiles et une partie de la droite, les Parisiens restent réfractaires à l'idée de nouveaux gratte-ciel dans l'enceinte du périphérique. L'édile déploie beaucoup d'énergie pour tenter de convaincre ses administrés, multipliant les groupes de travail et autres réunions publiques.

"Dresser un état des lieux et enrichir le débat"

C'est dans ce contexte que le Pavillon de l'Arsenal organise une exposition intitulée L'invention de la tour européenne, inaugurée mercredi prochain. "Attention, ce n'est pas une expo sur la hauteur à Paris, prévient Dominique Alba, la directrice générale de l'établissement. Il ne s'agit pas de prendre position pour ou contre les tours, mais de dresser un état des lieux et enrichir le débat." Certes, le Pavillon de l'Arsenal est entièrement financé par la Ville. Son conseil d'administration est présidé par la première adjointe, Anne Hidalgo (PS). "Mais cette exposition n'est pas une commande, précise cette dernière. C'est simplement l'occasion de faire de la pédagogie. Nous avons d'autres outils pour faire accepter la question des hauteurs aux Parisiens."

L'exposition - une première dans son genre - entend raconter l'histoire d'un siècle de tours en Europe, à travers 160 édifices référencés pour l'occasion dans une base de données inédite. "Contrairement aux gratte-ciel de New York ou Chicago, qui sont nés en même temps que les villes, les tours européennes ont dû se faire accepter dans des cités souvent très anciennes", explique Dominique Alba. Autre particularité: les Européens auraient "un temps d'avance" sur les tours dites écologiques. Et ils ne participent pas à la folle course à la hauteur. Certains projets culminent à 300 m à La Défense (tours Phare, Signal, Generali), à Londres (The Shard) ou à Francfort, mais aucun ne rivalise avec les "exploits" de Dubai, Shanghai, Singapour (800 m) ou Taipei (990 m).

Neuf villes sont passées au crible et comparées: Bruxelles, Copenhague, Francfort, Londres, Madrid, Milan, Rotterdam, Vienne et Paris. Le débat sur les tours s'est posé dans chacune de ces métropoles. Dans la capitale, les projets les plus avancés se situent à Masséna (13e) - le premier concours devrait être lancé avant l'été -, à Clichy-Batignolles - qui accueillera la Cité judiciaire - et à Balard - futur ministère de la Défense.

L'Invention de la tour européenne...
Du 14 mai au 30 septembre. Pavillon de l'Arsenal, 21, bd Morland (4e).
Entrée libre.
Tlj sauf le lundi, de 10h30 à 18h30, le dimanche de 11 h à 19 h.
Rens. : 01 427633 97 ou www.pavillon-arsenal.com
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