Paris : Delanoë signe mais pointe les dossiers en souffrance

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
LES ECHOS
[ 19/05/09  ]

La capitale a signé hier la convention pour le remboursement anticipé de la TVA. L'occasion pour le maire PS de saluer des relations « plus saines » avec l'Etat mais aussi de le solliciter davantage.

« Je me réjouis que Paris, ville ô combien emblématique, vienne couronner la participation des collectivités au dispositif mis en place pour le FCTVA », s'est félicité hier le ministre de la Relance lors de la signature officielle de la convention relative au remboursement anticipé de la TVA avec Paris. « Et les sommes sont significatives », a souligné Patrick Devedjian. De fait, Paris doit toucher en 2009 au titre des investissements 2007 près de 110 millions d'euros et environ la même somme pour 2008. La capitale - qui est aussi un département - s'est engagée à investir cette année 1,5 milliard d'euros (dans le logement, les crèches, les transports, le foncier et les grands aménagements urbains), contre 1,3 milliard pour la moyenne des quatre années précédentes. « Sans avoir changé notre politique en raison du dispositif puisque nous prévoyions déjà d'investir sur toute la mandature 8,3 milliards d'euros, soit une augmentation en moyenne annuelle de notre investissement de 18 %, a rappelé le maire socialiste Bertrand Delanoë, nous sommes dans les clous pour cette mesure particulièrement opportune. »

« Nouvel état d'esprit positif »

Ce bol d'air de trésorerie tombe en effet à pic pour les finances de Paris, soumises à rude épreuve par l'effondrement des droits de mutation (- 40 % pour les quatre premiers mois de 2009) et malgré la hausse des impôts de 9 %. Il va lui permettre de réduire ses emprunts, ce qui représentera un gain de 4 à 5 millions d'euros bienvenu alors que la ville travaille à un plan d'économies.

Bertrand Delanoë a salué par ce remboursement « en temps réel » de la TVA, un « nouvel état d'esprit positif de la part de l'Etat envers les collectivités, qu'il est possible d'améliorer ». Le maire a ainsi profité de la signature pour dresser la liste des dossiers « en souffrance » entre Paris et l'Etat. Il a rappelé à Patrick Devedjian, qui se trouve présidé aussi le Conseil général des Hauts-de-Seine, la « dette » de l'Etat de 119 millions d'euros au titre du RMI et les 6.800 logements sociaux financés par la Ville en 2009, dont 800 sans l'accord de l'Etat. Le premier édile lui a aussi demandé de financer entièrement la troisième tranche du tramway au nord de Paris, qui desservira le futur TGI, « puisque la région Ile-de-France et la ville paient seules la deuxième tranche, beaucoup plus importante, ce serait un bon projet de relance », s'est fendu Bertrand Delanoë.

Patrick Devedjian a répondu en rappelant les 104 milliards d'euros du déficit de l'Etat... Et n'a pas boudé son plaisir à souligner que 140.000 familles parisiennes bénéficiaient de la prime de solidarité active de 200 euros, 122.000 foyers des allégements fiscaux, 57.000 foyers de l'allocation de 150 euros pour les familles modestes et 8.000 salariés du dispositif « 0 charges » pour les TPE qui embauchent...

Le sujet est loin d'être clos : un débat sur les relations financières entre Paris et l'Etat sera au menu du prochain conseil de Paris en juin. Au moment de la mise en place du RSA.

ISABELLE FICEK, Les Echos

Publié dans Région Ile de France

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