Et si on faisait la fête avec ses voisins

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
JDD 13/05/09
Par Charlotte LANGRAND


Son créateur n'en revient pas lui-même: mardi, la fête des Voisins soufflera ses 10 bougies. Voilà donc une décennie qu'une fois par an les habitants d'un même immeuble sortent tables, chaises et assiettes en carton dans leur hall ou leur cour pour fraterniser autour d'un buffet et partager quelques verres.

Le 26 mai, 8,5 millions de personnes (dont 6,5 millions en France) devraient à nouveau participer à cet "antidote à l'individualisme et au repli sur soi", selon les termes d'Atanase Périfan, géniteur de cette fête qui, au départ, suscitait davantage la douce moquerie que l'engouement. "Je passais pour un véritable Martien! se souvient ce père de quatre enfants, entrepreneur social le jour, militant associatif le soir et adjoint au maire du 17e arrondissement chargé de la solidarité, de la famille et de la proximité. Aujourd'hui, les gens et les élus connaissent l'événement ; le regard des gens sur leurs voisins est en train de changer. Je suis halluciné d'être arrivé à cet anniversaire."

D'hexagonale, la fête est devenue européenne puis a fait des émules plus loin encore. Atanase s'est peu à peu transformé en VRP international. Il revient tout juste de Chypre où la fête sera lancée cette année. Il a fait le déplacement jusqu'à Tokyo l'année dernière, ainsi qu'à Taïwan. Et a rendez-vous au Canada le 3 juin prochain. Vingt-neuf pays en tout et plus de 1 000 mairies européennes et bailleurs sociaux sont aujourd'hui ralliés à la "cause" des voisins. "Au Creusot, à Marseille, à Lisbonne... nous avons tous les mêmes problèmes relationnels, quelle que soit notre culture, constate-t-il. Cette fête est un simple outil de mise en relation. On a tous besoin d'un prétexte pour se parler, pour faire sortir ce gisement de générosité qui existe en chacun de nous."

Même la crise économique, qui incite au repli sur soi, n'entame pas l'enthousiasme de ce quadragénaire hyperactif. "Les difficultés actuelles ont révélé une crise de sens qui prouve que nous avons besoin des autres, Les relations avec les voisins sont très 'durables': on peut partager un abonnement Wi-Fi, faire garder ses enfants ou mutualiser des outils... On se rend des services très utiles qui aident et valorisent les gens."

Atanase Périfan vient de créer "Voisins solidaires"

Atanase Périfan n'a d'ailleurs pas l'intention de s'arrêter là. Il profite des 10 ans de l'événement pour développer le concept et rêve de transformer l'année entière en une fête des voisins permanente ! Il vient de créer "Voisins solidaires", un programme conçu en partenariat avec le ministère du Logement, ainsi que des mairies, des bailleurs sociaux et des associations. Chaque voisin peut donc devenir "solidaire" en s'inscrivant en mairie ou sur voisinssolidaires.fr afin de développer un réseau d'entraide chez lui. L'immeuble estampillé "solidaire" rassemble alors sur un panneau les actualités de l'endroit, recueille les petits mots échangés entre voisins, enregistre les demandes et les propositions de service, etc.

"Nous voulons donner des outils pour que les gens puissent échanger des idées et imaginer des échanges permanents, poursuit Atanase Périfan. C'est une sorte de Wikipédia de la solidarité!" Voisins solidaires s'est même offert les compétences d'un sociologue pour analyser les "freins" qui empêchent les citoyens de "passer à l'action".

Atanase rêve en tout cas d'anéantir tous les obstacles et les timidités de voisinage. Il aimerait même inciter, à terme, le président de la République à créer un "sous-secrétariat à la solidarité entre voisins", voire un "ministère de l'humain" dont il serait évidemment le représentant ! En attendant la concrétisation de ces folles envies, le thème 2009 de la fête des Voisins sera... l'Europe.

Rens. : www.immeublesenfete.com
assure-t-il.

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