Sarkozy veut marquer son territoire

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
LIBERATION 18/06/09

Aménagement. Le chef de l’Etat a décidé d’accélérer la réforme de l’organisation des collectivités.

Devant le Parlement réuni en Congrès, Nicolas Sarkozy devrait réaffirmer, lundi, sa volonté de réformer l’organisation territoriale. Il pourrait même, selon certains responsables de la majorité, choisir d’accélérer la mise en œuvre de ce «grand chantier» de l’année 2009. «Dès le lendemain des élections européennes, il nous en a reparlé. Je l’ai trouvé très allant sur cette question», rapporte un ministre. La débâcle de ceux qui prétendaient le «sanctionner» encourage plutôt le chef de l’Etat à accélérer ses réformes.

Concernant la réorganisation territoriale, il pense n’avoir pas grand-chose à craindre des élus socialistes, qui dénonce une «manœuvre politicienne» destinée à faciliter la reconquête des régions remportées par la gauche en 2004. Nicolas Sarkozy devrait être conforté dans sa volonté de réforme par les résultats de la consultation engagée depuis quatre mois et présentée hier soir devant le conseil exécutif de l’UMP.

«Economies.» Après la remise du rapport Balladur fin février, le secrétaire général du parti, Xavier Bertrand, avait confié à un groupe de parlementaires le soin d’animer partout en France des débats autour des principales préconisations du comité présidé par l’ancien Premier ministre : généralisation de l’intercommunalité, renforcement de la légitimité démocratique des élus communautaires, création de «métropoles», stricte distinction des compétences des départements et des régions, création d’une nouvelle catégorie d’élus - les «conseillers territoriaux» - en remplacement des conseillers régionaux et généraux.

Partout en France, les ambassadeurs de l’UMP assurent qu’ils ont constaté que «la base» est très favorable à cette «clarification» du millefeuille territorial. Le député de la Somme Alain Gest s’enflamme : «Les Français n’attendent que ça. Ils veulent moins de collectivités. Ils veulent une réforme qui débouche sur des économies.» Autre oratrice du parti majoritaire, Valérie Rosso-Debord, élue de Meurthe-et-Moselle, souligne la différence entre élus et non-élus : «Les premiers sont souvent frileux tandis que les seconds demandent une réduction du nombre d’échelons. Beaucoup nous disent que le rapport Balladur ne va pas assez loin.»

Avec le sénateur Jean-Patrick Courtois (Saône-et-Loire), le député Dominique Perben (Rhône) - ex-membre du comité Balladur, cité comme possible futur ministre de la réorganisation territoriale - a été chargé d’affiner les propositions du rapport original. Au nom de l’UMP, il devrait présenter, avant la fin du mois, une nouvelle proposition de réforme précisant, notamment, le mode d’élection des futurs «conseillers territoriaux». Perben préconise le maintien d’un scrutin majoritaire par canton en zones rurales et d’un scrutin proportionnel de listes dans les agglomérations : «Les gens veulent une réforme en profondeur. Si on fait de l’eau tiède, on se met tout le monde à dos : ceux qui veulent la réforme et ceux qui ne veulent pas en entendre parler.»

Rapide. Dimanche, sur RTL, le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a rappelé qu’il avait réclamé une réforme ambitieuse et surtout rapide. A l’automne 2008, il proposait que le Parlement s’empare de ce dossier exemplaire de la «coproduction législative». Il plaidait pour une fusion des élus territoriaux dès 2011, ce qui supposait un report des régionales de mars 2010. Il n’en est plus question.

Même si Nicolas Sarkozy entend aller, comme le suggère un de ses ministres, «le plus loin possible», les rendez-vous des élections régionales de 2010 et des cantonales de 2011 seront maintenus. Mais pour des mandats raccourcis de manière à ce que des «élections territoriales» puissent être organisées en 2014 au plus tard.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article