Collectivités locales : l'UMP veut faire aboutir la réforme

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
LE FIGARO 17/06/2009

Jean-Baptiste Garat et Judith Waintraub

Face aux résistances attendues de la part des élus, Xavier Bertrand va mobiliser les adhérents du parti.

Foi de Sarkozy, «cette réforme, on va la faire». Dès le lendemain du scrutin européen, le président a renouvelé, devant la direction de l'UMP, son intention d'obliger les collectivités à se réformer. Mercredi dernier, il en a signifié l'urgence aux sénateurs, particulièrement concernés puisque leur assemblée, d'après la Constitution, représente les collectivités territoriales. Et la question sera à nouveau au cœur de l'intervention présidentielle devant le Congrès, lundi.

Après écrémage du rapport commandé à Édouard Balladur par l'Élysée, la création de conseillers territoriaux pour remplacer les conseillers généraux et régionaux est devenue «le cœur de la réforme», selon l'ancien ministre des DOM-TOM puis de la Décentralisation, Dominique Perben. Le député du Rhône a été chargé de mettre en forme la contribution de l'UMP au réaménagement territorial, avec le sénateur de Saône-et-Loire Jean-Patrick Courtois. Pour Xavier Bertrand, la réforme des collectivités a beau être un sujet rébarbatif, «elle est majeure aux yeux de l'électorat de la majorité, qui y voit une déclinaison de notre engagement de réduire les dépenses publiques». «Quand on explique que l'on va passer de quelque 4 000 conseillers généraux et 2 000 conseillers régionaux à environ 3 000 conseillers territoriaux, tout le monde comprend l'intérêt de la chose» , renchérit Perben.

Le tandem Perben-Courtois vient d'achever une tournée d'une cinquantaine de réunions publiques sur le sujet. Objectif avoué : «Rallier les militants de base à la réforme pour obliger les élus à l'accepter.»«À chaque fois, ça a marché, raconte Dominique Perben. Dès qu'un élu local prônait le statu quo, il se faisait huer par la salle», souligne avec un sourire en coin Dominique Perben, pour qui «les élus ont l'idéologie de leur chapeau à plume».

 

«Contre-pouvoirs» 

À droite comme à gauche, les adversaires les plus farouches de la réforme sont parmi ceux qui cumulent le plus de mandats. Plus de 220 députés et sénateurs, toutes tendances confondues, sont conseillers généraux et une trentaine d'autres conseillers régionaux. À gauche, la réforme est vécue comme une attaque en règle contre les «contre-pouvoirs», qui se trouvent être aux mains de l'opposition. Elle dirige 58 des 102 départements et 20 des 22 régions. À droite, même si on concède que la réforme se traduirait quasi mécaniquement par un rééquilibrage en faveur de la majorité, on préfère voir supprimer le siège du voisin plutôt que le sien.

Pour contourner les résistances des élus, Bertrand va s'appuyer sur les militants. Il demandera aux adhérents de l'UMP de se prononcer par vote électronique sur les points fondamentaux de la réforme. Le scrutin sera organisé «quand le texte sera connu» juste avant l'été ou à la rentrée. En tout cas à temps pour «alimenter la campagne des régionales», selon le vœu de Nicolas Sarkozy.


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