«Nicolas Sarkozy reprend en main les collectivités» selon Claudy Lebreton,

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE
AFP Décentralisation - 25/06/2009
«Nicolas Sarkozy reprend en main les collectivités» -

Interview de Claudy Lebreton, président de l’ADF
Le président de l’Assemblée des départements de France (ADF) et de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, Claudy Lebreton, réagit au remaniement gouvernemental et donne son avis sur ses conséquences sur la réforme à venir des collectivités.

Le départ de Michèle Alliot-Marie du ministère de l’Intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales peut-il, selon vous, modifier les contours de la réforme territoriale ?
Il n’est pas neutre. Michèle Alliot-Marie n’était pas en phase avec le rapport «Balladur». Les conseillers territoriaux (NDLR : issus de la fusion des mandats départementaux et régionaux) ne lui convenaient pas. Elle voulait préserver ce qui fonctionne dans les collectivités et favoriser le consensus.

Mais que vous dit que son successeur, Brice Hortefeux ne sera pas sur cette ligne là ?
Brice Hortefeux est le plus proche ami politique de Nicolas Sarkozy. Il défendra les conseillers territoriaux. Après son discours devant le Congrès, le 22 juin, Nicolas sarkozy indique aussi par ce remaniement qu’il reprend en main la réforme territoriale et les collectivités. Il va y avoir du sport !

Brice Hortefeux n’a-t-il, pourtant pas montré lors de son passage, entre 2005 et 2007, au ministère délégué aux Collectivités territoriales qu’il savait créer des consensus ?
En 2005, il a été nommé à ce poste, alors qu’il n’avait jamais été en charge d’un exécutif local. Il a vite appris. Nous avons appris à nous connaître. Nos relations étaient plutôt correctes.

Pourquoi êtes-vous si hostile aux conseillers territoriaux ?
Avec ces conseillers, on voit très bien où l’on va : vers la fusion des départements et des régions. La fusion des mandats, contrairement à ce qu’indique l’UMP, ne permet de réaliser aucune grande économie. Les indemnités actuelles des conseillers généraux et des conseillers régionaux représentent 71 millions d’euros, soit 0,03% de nos budgets. Nous allons avec l’ARF prendre une initiative commune dans les tous prochains jours pour notamment rappeler cela.

Espérez-vous encore changer le contenu du projet de loi présenté, en principe, le 27 juillet ?
Le gouvernement annoncera son projet dans la torpeur de l’été. Ce qui comptera, c’est la discussion en septembre au Sénat. Pour l’instant, beaucoup de parlementaires de droite, présidents de conseils généraux, ne parlent pas des conseillers territoriaux. Mais il est des silences qui valent parfois condamnation…

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