Icade se désentage du Logement

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I BUSINESS IMMO I 07/.07/09

Icade signe la plus grosse transaction de l’année et s’arme pour se relancer sur l’immobilier tertiaire, son nouveau cœur de métier. En ligne avec sa stratégie annoncée en fin d’année dernière, Icade est entré en négociation exclusive en vue de céder son pôle foncière logement, un ensemble de plus de 26 000 logements répartis en une centaine d’immeubles. Sans grande surprise, la transaction va se conclure avec un consortium mené par la SNI (société nationale immobilière) filiale de la Caisse des dépôts et cousine d’Icade, qui regroupe une vingtaine d’offices départementaux et de bailleurs sociaux franciliens. Le montant du deal – qui devrait rester la plus importante vente en bloc de l’année – s’élève à 2 Mds€, faisant ressortir une décote de 12,6 % par rapport à la valeur d’expertise au 31 décembre 2008.
Après avoir vendu ses activités de services (administration de biens aux particuliers et facility management) Icade tire un trait sur 81 % de son portefeuille résidentiel, après avoir cédé 1 165 logements en bloc au cours du 1 er trimestre 2009. Parallèlement, Icade apporte 6 647 logements à des structures constituées avec la SNI, pour une valeur de 414 M€. Ces logements, que la foncière n’a pu vendre faute d’accord sur le prix, seront gérés par la SNI et cédés ensuite au fil de l’eau. D’un patrimoine de plus de 35 000 logements, valorisé 2,9 Mds€, Icade ne conservera à l’issue de ces opération que 1 745 actifs en copropriété qui sont cédés à ses occupants ou à leur libération, dont la valeur d’expertise ressort à 191 M€.
« Il ne s’agit pas d’un déshabillage d’Icade, prévient Serge Grzybowski . Nous sommes dans une logique de cession, de distribution et de réinvestissement » . Le PDG d’Icade entend bien repositionner la foncière sur le tertiaire et s’appuyer sur cette manne financière pour investir plutôt que de restructurer sa dette. Dans ce sens, il propose une distribution minimale pour une SIIC des plus-values tirées de la vente de son patrimoine logement, soit 6 € par action pour un total de l’ordre de 300 M€. C’est donc un potentiel de plus de 1,5 Md€ dont dispose Icade pour investir sur le marché tertiaire en France. Avec des critères très précis. « Nous voulons nous positionner sur des bureaux, des centres commerciaux, de l’immobilier de santé et des équipements publics en France qui dégagent un cash flow immédiat et sécurisé ». Pas d’investissement sur des opérations en développement, Icade s’estimant armée avec un pipe-line de 1,5 Md€. « Il est intéressant d’être riche en liquidités pour revenir sur le marché de l’immobilier d’entreprise en cours de réajustement » , souligne à juste titre Serge Grzybowski. Les nostalgiques pourront regretter un nouveau retrait d’un institutionnel du logement au profit d’organismes HLM incapables de développer eux-mêmes une offre décente. Il est peut-être temps de se pencher sur un statut spécifique qui puisse rendre cette classe d’actifs suffisamment performante pour être compatible avec une activité concurrentielle. C’est le seul moyen de faire revenir les investisseurs institutionnels sur le résidentiel.

Publié dans Logement - Immobilier

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