Train, métro, RER : même en été, la galère continue en Ile-de-France

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I  LE MONDE | 30.07.09

Un feu de talus en Seine-Saint-Denis, des milliers de voyageurs coincés gare du Nord. Ce scénario exaspérant s'est produit le 15 juillet. Pour éviter la propagation de l'incendie, les pompiers ont coupé le courant sur toutes les voies ferrées en direction et en provenance de la gare du Nord, pendant près de deux heures.

Depuis le début de l'été, de nombreux feux de broussailles et autres courts-circuits ont perturbé le trafic des RER et des trains de la banlieue parisienne. "Trois quarts d'heure d'arrêt, l'autre jour !", proteste un groupe d'amies qui rentrent chez elles, sur la ligne D du RER, après une journée de travail à Paris. Aux heures de pointe, les usagers sont aussi serrés que pendant le reste de l'année. "Je croyais que ce serait vide en été", souffle une passagère de la ligne B, tassée au milieu d'une trentaine de personnes, devant les portes, entre Luxembourg et Châtelet. Les usagers des transports en commun de l'Ile-de-France, qui espéraient être plus tranquilles pendant les vacances, en sont souvent pour leurs frais.

Les perturbations du trafic l'été sont dues à trois facteurs, explique-t-on à la SNCF : d'abord, la vétusté de l'équipement. Sur la ligne P du Transilien, par exemple, qui part de la gare de l'Est pour desservir Coulommiers, Provins ou Crécy-la-Chapelle, les joints de dilatation des voies, qui ne sont plus conformes, s'échauffent lorsque la météo dépasse les 30 °C. Le conducteur doit alors diminuer la vitesse pour éviter l'incendie. En second lieu, les travaux, qui ont lieu l'été pour gêner le moins de monde possible, ralentissent souvent les voyageurs, surtout lorsque ceux-ci doivent prendre des bus de remplacement. Au moins sont-ils annoncés à l'avance dans les gares.

L'offre de trains, enfin, est réduite, pour tenir compte des départs en vacances. Est-elle adaptée cette année au contexte de crise qui retient nombre de Franciliens chez eux ? "Impossible, car elle est définie trop longtemps à l'avance", explique-t-on au Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF), l'autorité organisatrice des transports publics de Paris et de sa région. L'offre d'été des RER et des trains de banlieue se décide "au cours du mois d'avril de l'année précédente, soit vingt mois à l'avance". Car toute modification "nécessite un lourd travail", notamment une "réorganisation complète des temps de travail" des chauffeurs ainsi que du personnel qui participe à la coordination de ces transports, souligne le Syndicat.

Néanmoins, le STIF assure "tenir compte" des "évolutions importantes du rythme de vie des Franciliens", constatées ces dernières années à la suite de plusieurs opérations de comptage : ils se déplacent davantage "pendant les heures creuses, ainsi qu'en soirée, la nuit, le week-end, ou l'été" - ce qui est considéré comme un effet probable des 35 heures et d'une plus grande souplesse dans l'organisation du travail - et les "creux" des vacances sont moins marqués que précédemment.

Pour répondre à cette nouvelle donne, le STIF a réduit de sept à six semaines le service d'été. En 2008, trois lignes ont été "cadencées", ce qui signifie que les trains partent toujours à la même heure, toute l'année, et que l'horaire d'été est ainsi supprimé. Il s'agit des lignes R (gare de Lyon-Melun-Montereau), N (Montparnasse-Dreux) et J (Saint-Lazare - Mantes-la-Jolie).

En 2007 et 2008, le STIF a constaté sur le Transilien une baisse de la fréquentation de 20 % en juillet et de 34 % en août par rapport à des périodes normales. Dans les gares touristiques comme Pont-de-l'Alma, Champ-de-Mars ou Versailles-Rive-Gauche, cette diminution n'était toutefois que de 4 %. L'offre de transports, en réponse, représenterait, en juillet-août et en semaine, 85 % de l'offre habituelle, affirme-t-on au STIF.

Impossible de savoir quels sont les besoins dans le métro et le bus parisien ni comment s'y décide l'offre de transports d'été. Le STIF assure ne pas avoir obtenu ces renseignements de la RATP, qui elle-même renvoie sur le Syndicat. Seule information fournie : l'offre de transports représenterait 85 % du trafic habituel en juillet et 75 % en août.

Rafaële Rivais

 

 



Publié dans Transports

Commenter cet article