Grand Paris : entreprises et usagers mis à contribution

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO I 04/08.09

F. A. et Cy. L.

Le rapporteur général du budget, Gilles Carrez, remet mardi ses premières propositions pour financer, notamment, la future grande rocade qui contournera Paris.

Le député UMP Gilles Carrez remet mardi à François Fillon son prérapport sur les modalités de financement des projets de transport du Grand Paris. Une mission particulièrement sensible, confiée début juin par le premier ministre au rapporteur général du budget.

Preuve de la difficulté de la tâche, Gilles Carrez doit trouver la somme d'environ 21 milliards d'euros d'ici à 2025. Un calcul qui porte sur une partie seulement des projets de transport du Grand Paris (évalués plus couramment à 35 milliards) et qui part du principe, non encore officialisé, que le futur grand métro sera construit en plusieurs étapes. Le projet emblématique du Grand Paris est en effet une rocade de métro de 140 kilomètres autour de la capitale. Pour l'instant, aucune décision définitive n'a été prise sur le tracé du métro, sur le nombre de gares ainsi que leur localisation. Des propositions seront faites dans le cadre d'un projet de loi qui sera présenté à l'Assemblée nationale à l'automne. Pourtant, les premières pistes s'esquissent déjà. Il s'agirait d'un métro automatique, sur le modèle de celui de la ligne 14 à Paris. La rocade autour de Paris aura une fréquence de 1 rame toutes les 90 secondes. Son débit sera plus important, puisque deux voitures supplémentaires seraient ajoutées aux six qui composent aujourd'hui les rames de la ligne 14.

Le nouveau métro pourrait rouler à 60 km/h en vitesse de croisière mais atteindre 80 km/h dès que les gares seront plus espacées dans certaines zones. «Ce nouveau métro pourra transporter 40 000 personnes à l'heure, explique un proche du dossier. Mais cette puissance de transport ne sera pas atteinte tout de suite, il y aura une montée en puissance progressive.» Nicolas Sarkozy avait annoncé que les travaux débuteraient en 2012. Dans l'entourage de Christian Blanc, on assure que le calendrier est pour l'instant tenu. Le nouveau métro pourrait donc entrer en service à l'horizon 2020.

Pour le financer, Gilles Carrez est hostile à l'idée d'utiliser les ressources du futur grand emprunt comme l'avaient suggéré certains membres de la majorité. Le député retient principalement deux pistes : augmenter la «masse tarifaire» acquittée par les usagers de 2 points au-dessus de l'inflation et augmenter le versement transport (VT) payé par les entreprises de 0,1 point, voire 0,2 point.

Relever les amendes de stationnement

Malgré ces propositions «ambitieuses», Gilles Carrez estime que des difficultés persisteront pour le financement de l'exploitation du futur réseau de transport, «y compris le matériel roulant». Un trou dans le financement évalué à environ 4 ou 5 milliards, qui pourrait être comblé de plusieurs manières. Gilles Carrez évoque, par exemple, «une participation de la taxe poids lourds au titre de la fraction qui sera prélevée en Ile-de-France» ou le relèvement des amendes de stationnement de 11 à 20 euros.

Par ailleurs, le recours ponctuel à des partenariats public-privé n'est pas exclu. Enfin, les revenus fonciers pourraient être augmentés sur certaines zones qui prendront de la valeur grâce au passage de ce métro. Mais Gilles Carrez estime qu'il ne faut pas compter majoritairement sur cette ressource. D'autant qu'aucun tracé n'étant encore finalisé, il est impossible de déterminer quelles seront les zones gagnantes. Le financement du Grand Paris est donc encore dans les limbes.

Publié dans Transports

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