Travail du dimanche: «Tout Paris ne deviendra pas zone touristique»

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LIBERATION I 07/08/09

INTERVIEW

Lyne Cohen-Solal, adjointe (PS) au maire de Paris, en charge du commerce, se félicite de la décision du Conseil constitutionnel de censurer le statut dérogatoire pour Paris, dans le cadre de la loi sur le travail dominical.


Recueilli par LAURE EQUY

La loi sur le travail dominical, adoptée définitivement par le Parlement fin juillet, prévoyait qu’à Paris, exceptionnellement, le pouvoir de proposer le classement en zone touristique, nécessaire pour l’extension des ouvertures dominicales, soit non pas accordé au maire  mais au préfet. S’il a validé tous les autres articles du texte, le Conseil constitutionnel a censuré jeudi ce point, au motif qu’«aucune différence de situation ne justifie» un statut particulier pour la capitale. Adjointe (PS) au maire de Paris, en charge du commerce, Lyne Cohen-Solal se félicite de cette décision, estimant que ce sont au maire, Bertrand Delanoë et au conseil municipal «d’administrer la ville».

Quelle est votre réaction après la décision du Conseil constitutionnel sur le statut prévu pour Paris?

Sur ce point, nous sommes satisfaits, nous récupérons le pouvoir d’administrer la ville concernant les extensions d’ouvertures des commerces le dimanche, alors que la loi accordait ce pouvoir au préfet. Ce qui était aberrant. Bertrand Delanoë avait clairement dit qu’il s’agissait d’un déni de démocratie. Il n’y avait aucune raison pour que Paris ne soit pas, comme toutes les autres villes, administrée par son conseil municipal et son maire.

Pourquoi la droite avait voulu prévoir un statut particulier pour la capitale?

Elle voulait faire de l’ensemble du territoire parisien une zone touristique. Or, l’ouverture de tous les commerces tous les dimanches aurait été, selon nous, catastrophique et aurait eu des effets extrêmemnt graves. Sur le plan social, d’abord, le volontariat sur le travail dominical n’étant pas garanti. Cela aurait engendré des complications à n’en plus finir. Sans parler des répercussions très problématiques pour les commerces indépendants qui, eux, n’ont pas les moyens d’ouvrir le dimanche.

Bertrand Delanoë a donc retrouvé le pouvoir de proposition de classement, qui permet l’extension des ouvertures le dimanche. Que compte-t-il faire sur ce dossier?

Nous allons d’abord attendre les décrets d’application. Mais en tous cas, Paris ne sera pas entièrement classé zone touristique. Nous n’allons sans doute pas revenir sur les sept zones touristiques que compte actuellement la capitale (dont les Champs Elysées, une partie du boulevard Saint-Germain, Montmartre, la pyramide du Louvre, la rue des Francs Bourgeois). Nous avons, depuis plusieurs mois, une demande supplémentaire, portant sur le boulevard Haussmann, que nous allons examiner.

Le président des élus UMP au conseil de Paris, Jean-François Lamour, a assuré que l’opposition parisienne serait «particulièrement vigilante» à la façon dont Delanoë «exercera ce pouvoir»...

Mieux vaut que ce soit à Bertrand Delanoë et aux élus de décider d’un éventuel classement, dans le cadre d’un débat public. Rappelons que Mr Lamour, comme ses collègues députés UMP, avait laissé passer cette loi qui dessaisissait les conseillers de Paris.

La situation parisienne exceptée, avez-vous été déçue par la validation du reste de la loi par le Conseil constitutionnel?

Nous pensions que le fait de créer deux sortes de salariat, avec ou sans garantie selon que l’on travaille dans des Puce ou en zone touristique, représentait une anomalie.

Publié dans Economie - Commerce

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