Logement étudiant : «30 000 nouvelles chambres en 3 ans»

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 24/08/2009

Propos recueillis par Natacha Polony

INTERVIEW - À un mois de la rentrée universitaire, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse fait le point sur les mesures déjà prises et celles qui sont à venir.

 



Jeudi prochain, la ministre inaugurera le site de la caserne d'Arras et ses 34 logements étudiants. Une occasion de tirer un bilan de la politique entreprise par le gouvernement dans un domaine sensible.

LE FIGARO. - La pénurie de logement étudiant est un serpent de mer auquel vous vous étiez engagée à tordre le cou. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Valérie PÉCRESSE. - Nous par­tions de très loin. En 2004, le rapport Anciaux chiffrait la pénurie à 120 000 logements. L'État avait pris du retard par rapport aux objectifs, et c'est pourquoi nous avons donné un coup d'accélérateur. Nous serons cette année à 8 400 réhabilitations, soit 1 400 de plus que prévu, et plus de 3 600 constructions nouvelles. Vingt-cinq résidences universitaires ou­vriront en 2009-2010, dont six en Ile-de-France, et ce sont 30 000 chambres nouvelles qui auront été mises à disposition des étudiants depuis trois ans. Depuis 2007, nous avons mis 125 millions d'euros sur la table, et cela commence à porter ses fruits. S'y ajoutera le volet logement du Plan Campus.

Ces mesures concernent le logement social, mais la plupart des étudiants doivent se rabattre sur un parc privé souvent cher. Agissez-vous aussi sur ce domaine ?
La loi Boutin avait pour objet d'autoriser les sous-locations et les colocations dans le parc HLM. Nous allons maintenant travailler avec Benoît Apparu, secrétaire d'État au Logement et à l'Urbanisme, pour étendre ce dispositif au privé en concevant un système de garantie pour le bailleur en cas de colocation. De plus, la stabilisation des loyers, en cette période de crise, est une chance pour les étudiants.

Les syndicats étudiants s'émeuvent du sort de la cité universitaire Jean-Zay, à Antony…
L'Ile-de-France est la région où la pénurie de logements se fait le plus sentir. Il est donc hors de question d'y supprimer des chambres. Mais cette résidence était vétuste et dangereuse. Depuis le début de l'an­née, elle est la propriété de la communauté des Hauts-de-Bièvre. J'ai donc pris toutes les garanties auprès du département des Hauts-de-Seine pour que les chambres en question soient remplacées, à hauteur de 120 %, par des logements aux normes. Il y a eu, comme dans les autres résidences, des retraits administratifs pour les étudiants ne remplissant plus les critères ; cela n'est pas lié à la rénovation. Tous les étudiants dont le bâtiment est rénové ont reçu des propositions de relogement du Crous.

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