Logement étudiant : l'imagination au pouvoir

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 24/08/2009
Natacha Polony

Quelque 1,5 million d'étudiants à la recherche d'un toit, c'est plus de dix fois que le nombre de chambres disponibles en résidence universitaire. Crédits photo : AFP

Le programme de construction et de réhabilitation commence à porter ses fruits. Pour rattraper le retard accumulé, toutes les idées sont bonnes à prendre.

Ce sont tous les ans les mêmes images de jeunes gens visitant des logements exigus et vétustes, la mine défaite à l'annonce de loyers exorbitants. La crise du logement étudiant ressemble à un tonneau des Danaïdes : les constructions nouvelles ne suffisent jamais à compenser l'augmentation de la demande. Quelque 1,5 million d'étudiants à la recherche d'un toit, c'est plus de dix fois que le nombre de chambres disponibles en résidence universitaire. Reste le parc privé, avec ses cautions à payer et ses propriétaires méfiants.

En février 2008, le ministère de l'Enseignement supérieur s'était pourtant engagé à régler le problème. Il répondait alors aux préconisations du député UMP Jean-Paul Anciaux, auteur de deux rapports, en 2004 et 2008, sur la crise du logement étudiant.

 

Réaffectation des casernes

 

Dans son second document, salué par l'ensemble des syndicats étudiants, le parlementaire suggérait, entre autres, de diversifier les offres, de développer le «logement intergénérationnel» (chez les personnes âgées), la colocation… et d'identifier les sites «immédiatement exploitables» afin d'accélérer la construction. Le plan mis en œuvre il y a un an et demi par Valérie Pécresse et Christine Boutin (alors ministre du Logement) se voulait ambitieux : 620 millions d'euros débloqués à l'horizon 2012 et la promesse de 5.000 logements construits chaque année, auxquels s'ajouteraient 7.000 réhabilitations. Mais le démarrage fut lent et le retard pris depuis 2004 peine à être comblé.

Ce n'est qu'en cette année 2009-2010 que les objectifs du plan Anciaux seront, pour la première fois, remplis. Afin d'y parvenir, toutes les solutions sont bonnes à prendre. Ainsi, dès l'an­nonce de la réforme de la carte militaire, le ministère de l'Enseignement supérieur avait signé un accord avec celui de la Défense pour une réaffectation des casernes libérées. Le protocole concerne quinze agglomérations proches d'un site universitaire et devrait permettre de proposer 6.000 logements. Pour l'heure, ce sont 34 places à Arras, 100 à Marseille et 75 à Versailles qui sont créées, avant Tours et Limoges.

 

Carences du marché locatif privé

 

L'accord Morin-Pécresse, com­me le développement des logements modulaires, répond en fait aux deux principaux écueils rencontrés par l'État : le manque de terrains disponibles et les délais de construction.

Mais ces initiatives ne suffiront pas à compenser les carences du marché locatif privé vers lequel se rabattent neuf étudiants sur dix. La colocation, très prisée dans les pays d'Europe du Nord, et qui offre des solutions moins coûteuses pour les intéressés, n'est pratiquée que par 7% des étudiants français, faute de bailleurs. Un chantier auquel devra s'atteler Benoît Apparu, secrétaire d'État au Logement.

La population étudiante est passée de 400.000 à 2 millions en quarante ans. C'est aujourd'hui 60% d'une classe d'âge qui accède à des études supérieures et aspire à l'autonomie.

Publié dans Logement - Immobilier

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xsian 26/08/2009 19:25

oui, Paris est minuscule ! c est pour cela qu'il y a toujours eu cette "crise" du logement ,tout le monde ne peut pas loger à st michel.....