Grand Paris, l'Etat dirigiste fait un retour en force

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I L'HUMANITE 02/09./09

Réforme. Revenant sur la décentralisation, le gouvernement entend créer « sa » société pour
régler, en direct, l'aménagement du territoire de l'Île-de-France.
Il Y a les mots et il y a les actes. Les
mots. Le 29 avril dernier, Nicolas
Sarkozy déclinait sa vision du Grand
Paris. À cette occasion, tout en
affirmant son objectif de voir la
métropole parisienne être
concurrentielle au plan international
et ses priorités, notamment en
matière de transport, le président
n'avait pas assez de mots pour dire
son souci de construire cet avenir
avec les élus des collectivités
territoriales concernées. Jusqu'à
proposer une agora des élus début
2010.
Les actes. Le 23 septembre Christian
Blanc, secrétaire d'État, déposera sur
la table du Conseil des ministres un
projet de loi intitulé « Grand Paris ».
Les articles de ce projet de loi sont
édifiants. Ils témoignent de la volonté
du pouvoir de revenir sur les
principes de la décentralisation, qui
donnaient toute leur place et leurs
responsabilités aux élus locaux afin,
que l'État prenne totalement la main
sur l'aménagement du territoire de
Grand Paris. La création, avec
l'article 7 du projet de loi, de la «
Société du Grand Paris » en est
l'illustration. Cette société est mise
en place pour réaliser le réseau de
transport urbain, long de 140
kilomètres, qui ceinturera, en boucle,
la capitale. Outre le fait que l'on peut
s'interroger sur la création d'une telle
société qui risque fort de
marginaliser le Syndicat des
transports d'Île-de-France (STIF),
géré par les élus de la région, la
composition et les prérogatives de
cette « Société du Grand Paris » ne
peuvent qu'inquiéter.
Sa compositIOn. L'État sera
majoritaire et les collectivités locales
seront présentes (article 8) « à
hauteur de leurs contributions
financières ». De fait, tenant compte
des sommes à investir, seul le conseil
régional et Paris pourront y accéder.
Ses prérogatives. Cette société
pourra, de plein droit, aménager
selon ses propres objectifs, et non
plus ceux des élus des collectivités
locales dont c'était, jusqu'alors, la
prérogative, les terrains qui
entoureront, dans un rayon de 1 500
mètres, la cinquantaine de gares du
futur réseau de transport urbain.
Même si le projet, devant les
premières réactions des élus, ne
précise plus le périmètre, le tàit est,
comme le souligne Christian Favier,
président du conseil général (PCF)
du Val-de-Marne, que « ces zones
autour des gares risquent de devenir
des zones de non-droit pernlettant de
livrer l'aménagement de la petite
couronne à la spéculation financière,
au bétonnage, accentuant les
déséquilibres territoriaux », le tout en
dehors du pouvoir d'intervention des
populations et de leurs élus. Pour
Jean- Yves Le Bouillonnee, maire
socialiste de Cachan et président du
syndicat mixte Paris Métropole, «
c'est une démarche de passage en
force qui remet en cause les
compétences des élus en matière
d'aménagement urbain, ce qui est
inacceptable ». Claude Pernès, maire
(Ne) de Rosny-sous-Bois et
président des maires d'Île-de-France
(AM IF), tout en soulignant «
l'urgence des problèmes à régler,
transports, logements », est inquiet,
souhaitant réunir au plus vite ses
instances. Avec ce projet de loi, l'État
règle le problème de la gouvernance
du Grand Paris, en se dOlmant les
moyens de gérer en direct
l'aménagement du territoire, courtcircuitant,
de fait, la place et le rôle
des élus territoriaux.
Max Staat
 Réforme. Revenant sur la décentralisation,
le gouvernement entend créer « sa » société pour
régler, en direct, l'aménagement du territoire de l'Île-de-France.


Il Y a les mots et il y a les actes. Les
mots. Le 29 avril dernier, Nicolas
Sarkozy déclinait sa vision du Grand
Paris. À cette occasion, tout en
affirmant son objectif de voir la
métropole parisienne être
concurrentielle au plan international
et ses priorités, notamment en
matière de transport, le président
n'avait pas assez de mots pour dire
son souci de construire cet avenir
avec les élus des collectivités
territoriales concernées. Jusqu'à
proposer une agora des élus début
2010.
Les actes. Le 23 septembre Christian
Blanc, secrétaire d'État, déposera sur
la table du Conseil des ministres un
projet de loi intitulé « Grand Paris ».
Les articles de ce projet de loi sont
édifiants. Ils témoignent de la volonté
du pouvoir de revenir sur les
principes de la décentralisation, qui
donnaient toute leur place et leurs
responsabilités aux élus locaux afin,
que l'État prenne totalement la main
sur l'aménagement du territoire de
Grand Paris. La création, avec
l'article 7 du projet de loi, de la «
Société du Grand Paris » en est
l'illustration. Cette société est mise
en place pour réaliser le réseau de
transport urbain, long de 140
kilomètres, qui ceinturera, en boucle,
la capitale. Outre le fait que l'on peut
s'interroger sur la création d'une telle
société qui risque fort de
marginaliser le Syndicat des
transports d'Île-de-France (STIF),
géré par les élus de la région, la
composition et les prérogatives de
cette « Société du Grand Paris » ne
peuvent qu'inquiéter.
Sa compositIOn. L'État sera
majoritaire et les collectivités locales
seront présentes (article 8) « à
hauteur de leurs contributions
financières ». De fait, tenant compte
des sommes à investir, seul le conseil
régional et Paris pourront y accéder.
Ses prérogatives. Cette société
pourra, de plein droit, aménager
selon ses propres objectifs, et non
plus ceux des élus des collectivités
locales dont c'était, jusqu'alors, la
prérogative, les terrains qui
entoureront, dans un rayon de 1 500
mètres, la cinquantaine de gares du
futur réseau de transport urbain.
Même si le projet, devant les
premières réactions des élus, ne
précise plus le périmètre, le tàit est,
comme le souligne Christian Favier,
président du conseil général (PCF)
du Val-de-Marne, que « ces zones
autour des gares risquent de devenir
des zones de non-droit pernlettant de
livrer l'aménagement de la petite
couronne à la spéculation financière,
au bétonnage, accentuant les
déséquilibres territoriaux », le tout en
dehors du pouvoir d'intervention des
populations et de leurs élus. Pour
Jean- Yves Le Bouillonnee, maire
socialiste de Cachan et président du
syndicat mixte Paris Métropole, «
c'est une démarche de passage en
force qui remet en cause les
compétences des élus en matière
d'aménagement urbain, ce qui est
inacceptable ». Claude Pernès, maire
(Ne) de Rosny-sous-Bois et
président des maires d'Île-de-France
(AM IF), tout en soulignant «
l'urgence des problèmes à régler,
transports, logements », est inquiet,
souhaitant réunir au plus vite ses
instances. Avec ce projet de loi, l'État
règle le problème de la gouvernance
du Grand Paris, en se dOlmant les
moyens de gérer en direct
l'aménagement du territoire, courtcircuitant,
de fait, la place et le rôle des élus territoriaux

Max Staat


des élus territoriaux.

Publié dans Actualité Grand Paris

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