Les appartements privés transformés en HLM (à Boulogne Billancourt)

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE PARISIEN 01/09/09 I Jérôme Bernatas

A Boulogne, une vente à la découpe menaçait un ensemble de logements privés. Après l’intervention de la ville, une partie du parc sera convertie en HLM.

Près d’un tiers des logements des immeubles de la France mutualiste accueilleront désormais des locataires aux moyens limités. L’épilogue d’un bras de fer de plusieurs mois entre la mairie de Boulogne-Billancourt et un groupe privé qui souhaitait poursuivre une opération de vente à la découpe de ce patrimoine immobilier de la rue Paù-Casals.


La SNI (Société nationale immobilière), déjà propriétaire de 215 appartements par le biais de sa filiale Osica, a racheté, avec l’aide de la ville, cette cité au groupe espagnol Restaura en juillet. Sur les 660 surfaces acquises, 56 vont venir renforcer l’offre d’Osica, la société HLM du groupe SNI. « Je suis très content de cette opération, se félicite Pierre-Christophe Baguet, le député-maire UMP. L’AP-HP (NDLR : Hôpitaux de Paris) a déjà réservé douze logements pour pouvoir loger son personnel. Les ministères de la Défense et des Finances vont en faire de même. La ville a mis 500 000 € dans l’opération, qui s’élève finalement à 92,5 millions d’euros pour la SNI. »

« On devrait enfin bénéficier d’un entretien correct »

Cette transaction met un terme à plusieurs années éprouvantes pour les habitants de la France mutualiste. Car les Espagnols, spécialisés dans la vente immobilière, n’avaient pas l’habitude de gérer un parc locatif. Les arrivants ont donc emménagé dans des appartements mal isolés qu’ils louaient à des prix supérieurs à ceux du marché. Sans compter des travaux de rénovation bâclés avec plusieurs manquements graves aux règles de sécurité : absence d’extincteurs dans les cages d’escalier, installations électriques trop facilement accessibles, impossibilité de sortir des parkings sans clé ou bip… Le rachat par la SNI rassure donc les résidants échaudés par la gestion de Restaura. « Notre souhait d’avoir un seul propriétaire a été exaucé, apprécie Yves Fourcade, le président de l’amicale des locataires. On devrait enfin bénéficier d’un entretien correct. »
Sur les 604 habitations qu’elle récupère, la SNI envisage d’en céder un certain nombre. « J’aimerais qu’un tiers intègre le parc social, précise Pierre-Christophe Baguet. Un deuxième tiers pourrait faire l’objet de location privative et le dernier serait mis à la vente. » Quant aux locataires arrivés ces dernières années et qui paient mensuellement des loyers excessifs, ils espèrent pouvoir se faire entendre par le nouveau bailleur. « Il faut que la SNI revoie les loyers des gens qui avaient signé avec Restaura », estime Yves Fourcade. La disparition du portail métallique qui sépare la partie HLM des autres édifices constituera sans doute l’un des premiers signes de changement. « Il faut enfin abattre cette grille de la honte », assène Pierre-Christophe Baguet.

Publié dans Logement - Immobilier

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