Grand Paris : Delanoë met en garde contre un passage en force

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LES ECHOS I 09/09/09

Le bureau de Paris Métropole a adopté hier un texte sur le projet de loi Grand Paris et fera des propositions à Christian Blanc. Bertrand Delanoë écrit ce matin au Premier ministre.

 Les élus franciliens sortent du bois, bien décidés à faire valoir auprès du gouvernement l'esprit de « partenariat » qui présidait au discours de Nicolas Sarkozy sur le Grand Paris le 29 avril dernier, lorsque le Président de la République affirmait : « le Grand Paris […], c'est l'Etat qui donne l'impulsion nécessaire mais qui n'impose pas d'en haut un projet qui ne peut réussir que s'il est partagé par tous. » Alors que les grands élus franciliens ont été invités fin août par le Premier ministre à faire, d'ici le 25 septembre, leurs observations sur le projet de loi Grand Paris déjà transmis au Conseil d'Etat, des voix s'élèvent pour dénoncer les menaces pesant sur la décentralisation en Ile-de-France.

Une lettre à Fillon

Bertrand Delanoë, après avoir été reçu lundi par Christian Blanc, écrit ce matin à François Fillon, en réitérant les arguments exprimés lors de son entrevue avec le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale. Pour le maire de Paris, ce texte constitue une rupture par rapport à la méthode de partenariat proposée par Nicolas Sarkozy aux collectivités. Selon le premier édile, le texte de loi réduit l'ambition initiale exprimée lors de la consultation internationale des architectes. En l'état, selon lui, ce texte vide de toute portée le schéma directeur de la région Ile-de-France, amoindrit, avec le projet de Société du Grand Paris, le Syndicat des Transports d'Ile-de-France. Et avec ce projet de loi l'Etat s'approprie, avec les projets d'aménagement autour des gares du futur réseau de transport, les compétences dévolues aux collectivités depuis les lois de 1982. L'élu socialiste réaffirme l'importance, sur ce dossier, des relations contractuelles entre l'Etat et les collectivités. Il plaide pour retravailler ce projet de loi en concertation étroite et demande à François Fillon d'adapter le calendrier, en repoussant l'examen du texte en conseil des ministres, prévu début octobre.

Hier, le bureau du syndicat mixte Paris Métropole avait adopté une position dans le même esprit. Celle-ci servira de base aux propositions que le bureau doit prochainement faire à Christian Blanc dans le sens d'un « co-pilotage nécessaire avec les élus, une participation des citoyens, la priorité aux transports favorisant l'essor des territoires franciliens délaissés et la réalisation sans délai des projets prêts à être engagés » (ligne 13, modernisation des RER, etc.…), « pour lesquels seul manque le financement de l'Etat », rappelle Jean-Yves Le Bouillonnec, président du syndicat et maire (PS) de Cachan.

Des positions tout à fait en phase avec la posture adoptée par Jean-Paul Huchon, candidat à sa succession à la tête de la région. Le président socialiste du conseil régional, qui doit rencontrer aujourd'hui Christian Blanc, avait pris soin de rappeler la veille qu'il jugeait le projet de loi sur le Grand Paris « inacceptable en l'état. »

 

ISABELLE FICEK, Les Echos

Publié dans Actualité Grand Paris

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