Société du Grand Paris : Delanoë dit non à Fillon

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LEMONDE.FR | 09.09.09

Sans surprise, c'est par un "non" direct que Bertrand Delanoë, maire de Paris, a répondu, mercredi 9 septembre, au projet de loi prévoyant la création d'une Société du Grand Paris. Cette société serait une nouvelle structure, dans le dédale politico-administratif de la région-capitale, chargée de la mise en œuvre des nouvelles grandes infrastructures de transport. Dans un courrier adressé au premier ministre, l'édile demande à ce que le plan gouvernemental soit "profondément revu" pour "l'émergence d'un projet partagé, défini avec les élus locaux".

Bertrand Delanoë estime que le projet, déjà transmis au Conseil d'Etat et qui devrait être présenté au conseil des ministres début octobre, est "fort éloigné" des "perspectives", tracées par Nicolas Sarkozy le 29 avril, de "jeter ensemble les bases d'une véritable dynamique métropolitaine, ouverte, durable, solidaire". Il souligne qu'à travers "la création d'une Société du Grand Paris, l'Etat projette de reprendre le contrôle direct de l'organisation des transports, quatre ans seulement après en avoir transféré la responsabilité à la région Ile-de-France et aux autres collectivités qui forment le STIF" (Syndicat des transports d'Ile-de-France).


"DES POUVOIRS EXORBITANTS"

Le maire regrette également que les propositions gouvernementales omettent "la lutte indispensable contre les inégalités sociales et fiscales", ainsi que les questions environnementales. Enfin, il s'inquiète des "pouvoirs exorbitants" dont se doterait l'Etat, "avec un droit de préemption supplantant celui des collectivités". "La valorisation foncière de ces zones urbaines en développement serait entièrement captée par l'Etat", estime-t-il, privant ainsi les collectivités de ressources.

Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris, avait, dès mardi 8 septembre, pris la défense du gouvernement dans un communiqué : "Cette mise au pilori du projet de loi sur le Grand Paris est un faux procès fait à l'encontre de l'initiative ambitieuse du président de la République et du premier ministre de construire une véritable métropole parisienne." Le Conseil de Paris devra se prononcer sur le texte lors de sa prochaine réunion les 28 et 29 septembre. La majorité municipale composée des groupes socialiste, communiste et Vert soutiendra le maire.

Eric Nunès

Publié dans Actualité Grand Paris

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