Les bailleurs privés dénoncent la baisse de leurs revenus locatifs

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LES ECHOS I 09/09/09

Les charges des bailleurs privés augmentent quand les loyers baissent, s'inquiète l'Union nationale de la propriété immobilière dans un Livre blanc. Elle demande dix réformes pour améliorer les rapports locatifs.    

Les taxes foncières et les impôts augmentent quand les revenus locatifs baissent et " la situation des bailleurs privés devient grave " , a dénoncé hier l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi).

A l'occasion de la publication de son Livre blanc sur les rapports locatifs, l'Unpi - qui fédère environ 250.000 particuliers bailleurs - a notamment pointé du doigt les taxes foncières. " Leur évolution nous inquiète, analyse son président Jean Perrin. Vous verrez dans deux mois les estimations de notre observatoire : les taxes foncières augmentent car, le plus souvent, l'Etat revoit à la hausse les valeurs locatives. " Or, selon l'association professionnelle Clameur (" Les Echos " du 3 septembre), le loyer moyen a, de son côté, baissé de 0,8 % à fin juin.

L'Unpi voit mal, dans ces conditions, comment financer les travaux de rénovation des logements et ceux d'économies d'énergie voulus par le gouvernement. D'autant qu'elle ne s'attend pas à une amélioration de la situation dans les années à venir.

Capacité de paiement érodée

" Le prix des transactions immobilières repartira probablement à la hausse début 2010 car l'arrêt des programmes des promoteurs pendant la crise a créé une pénurie d'offre de logements à acheter en Scellier, comme à Grenoble,explique Jean Perrin. En revanche, les loyers ne repartiront pas car ils ne sont pas fonction du marché, mais de la capacité de paiement des locataires. " Or les tendances observées par les bailleurs privés semblent montrer que cette capacité de paiement s'érode.

Parallèlement, les locataires les plus aisés bénéficient d'une série d'aides et d'incitations qui leur permettent d'acheter, enlevant au marché locatif privé de sa frange de population la plus solvable.

Dans ce contexte, l'Unpi réclame un " Grenelle des rapports locatifs ", avec dix propositions de réforme. " Le nouveau secrétaire d'Etat, Benoist Apparu, que j'ai rencontré cet été, s'y est montré globalement favorable ", assure Jean Perrin. Il demande tout d'abord l'exonération d'impôt sur la fortune pour les bailleurs lorsque les locations sont à but social. " Les 6,5 millions de logements locatifs privés hébergent notamment 1,2 million de ménages pauvres contre 1,5 millionpour le parc HLM et ses 5 millions de logements, indique le président de l'Unpi. Nous demandons le même système de taxation. "

Entre autres demandes, figure également la réforme de la garantie des risques locatifs (GRL), dont le décret d'application est sorti le 10 août. Il s'agirait d'établir un financement tripartite (Etat, bailleurs et locataires) qui mette les locataires à contribution, ce qui n'est pas le cas actuellement.

L'Unpi souhaite également la réforme des divers diagnostics exigés pour la location d'un logement (amiante, performance énergétique, etc.). Dans la même veine simplificatrice, plutôt que d'avoir à pratiquer des provisions et des régularisations pour charges, les bailleurs privés aimeraient pouvoir fixer, à la signature du bail de location, un montant forfaitaire pour charges, à l'instar de ce qui se pratique au Canada.

MYRIAM CHAUVOT

Publié dans Logement - Immobilier

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