Régionales : la bataille de l'Ile-de-France est lancée

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LES ECHOS 11/09/09

Après les déclarations de candidature du socialiste Jean-Paul Huchon et de la représentante des Verts Cécile Duflot, l'UMP Valérie Pécresse tient dimanche à Paris sa première réunion de campagne.

Il y aura trois membres du gouvernement, le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand et le chef de file des députés UMP Jean-François Copé, mais - consigne présidentielle oblige - il est interdit de parler de meeting ou de réunion électorale. La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, candidate UMP dans la région capitale, organise dimanche à Paris son premier « Grand Rendez-Vous de l'Ile-de-France ». « Une réunion de réflexion sur le projet », insiste-t-on dans son entourage. Quatre tables rondes thématiques - sur la crise, « l'innovation écologique », le « vivre-ensemble » et le « Grand Paris » - seront animées par des figures de la majorité francilienne, de Rama Yade à Chantal Jouanno, en passant par Yves Jégo et Jean-François Lamour. Des animations musicales sont programmées et Xavier Bertrand ne va pas se priver d'attaquer « le non-bilan de Jean-Paul Huchon », le président PS sortant de la région. Au-delà des précautions oratoires, la campagne est bel et bien lancée, avec l'aval du chef de l'Etat, en Ile-de-France.

Sur le papier, la région est bien ancrée à gauche, mais Valérie Pécresse compte sur l'usure de Jean-Paul Huchon, qui brigue son troisième mandat, et la division de sa majorité (PS-Verts-PCF) au premier tour pour arracher une victoire. Encore faut-il que la majorité soit unie dès le départ afin de creuser l'écart. Et voilà qu'André Santini, évincé du gouvernement en juin, vient d'annoncer son intention de conduire des listes autonomes du Nouveau Centre, son entourage assurant que Nicolas Sarkozy, consulté, ne l'en n'a pas dissuadé. « André Santini se place clairement dans la majorité présidentielle, mais avec un positionnement plus populaire et proche des Franciliens »,glisse un de ses proches, visant en creux le profil « versaillais » de Valérie Pécresse.« André Santini montre ses muscles », assure un membre du staff de la candidate UMP, qui le soupçonne de faire monter les enchères avant les négociations entre les deux formations.

Afin de semer le trouble dans le camp adverse, Valérie Pécresse répète qu'elle est « ouverte » au dialogue avec les écologistes et les élus du Modem. « Pas dupes », les Verts ont décliné l'offre. Il n'empêche, leur objectif est bien de devancer le PS au premier tour, en présentant comme tête de liste leur secrétaire nationale Cécile Duflot. « Il faut quelqu'un de totalement nouveau »,insiste leur chef de file au conseil régional, Jean-Vincent Placé. Une façon de pointer lui aussi l'usure de Jean-Paul Huchon.

Renouvellement promis

Le président PS sortant sait cet argument-là potentiellement ravageur. Aussi promet-il de « renouveler beaucoup »ses listes. Il a précipité l'annonce de sa candidature pour ne pas laisser le champ libre à ses concurrentes et a mis en avant le « bilan de toute la gauche » à la région. S'il va tenter de retenir les communistes et regarde du côté du Modem, Jean-Paul Huchon a commencé par s'assurer du soutien des barons socialistes locaux, de Claude Bartolone à Manuel Valls. Sans oublier celui, remarqué, du maire de Paris, Bertrand Delanoë, avec lequel les relations ont toujours été compliquées. Parce que le « Grand Paris » vaut bien une messe unitaire.

 

ISABELLE FICEK ET ELSA FREYSSENET, Les Echos

Publié dans Régionales 2010 IDF

Commenter cet article