Un péage pour l’Ile-de-France

Publié le par Association Grand Paris

TRIBUNE LIBRE I LIBERATION 09/09/09

Par THIERRY COUDERT conseiller de Paris (UMP)

Cela ne peut plus continuer : des transports urbains saturés, une circulation automobile congestionnée. Et comme recettes éventuelles : faire payer plus ceux qui utilisent les transports en commun, augmenter la charge des entreprises déjà surtaxées en Ile-de-France, faire contribuer l’automobiliste non pas en tant qu’il crée des coûts externes pour la population (congestion, pollution) mais en majorant ses amendes de stationnement ! Paris ne peut ignorer plus longtemps la solution à laquelle de plus en plus de villes européennes (Oslo, Londres, Stockholm, Milan, Dublin…) recourent dans le sillage de Singapour. Des villes qui, après des réticences préalables, plébiscitent aujourd’hui un système qui a fait chuter la circulation automobile d’au moins 20 % et supprime les embouteillages.

La ville moderne ne saurait échapper à une remise en cause du rôle central de la voiture en son sein. Le péage urbain est un moyen civilisé, à l’heure du développement durable, pour responsabiliser l’automobiliste dans l’usage de son véhicule (arbitrage entre le coût, vitesse, confort). A défaut, à terme, d’autres moyens plus drastiques (interdiction dans les centres-ville) risquent de poindre, la politique actuelle du maire de Paris étant sans doute ce qu’il y a de pire en termes d’iniquité et de pollution : la limitation de l’usage de la voiture par la congestion organisée sans offre de transports collectifs alternatifs.

Le péage urbain présente le double avantage de financer des transports alternatifs, mais aussi de réguler l’usage de la voiture. Les moyens électroniques auxquels il recourt permettent d’éviter la barrière d’un octroi, de taxer la circulation en fonction des zones parcourues, des heures ou jours de pointe, de la nature des véhicules (exonération des véhicules électriques, surtaxe des quatre - quatre). Ils permettent également une véritable stratégie d’aménagement du territoire : densifier Paris et la première couronne pour éviter la consommation à perte de vue d’espaces verts par des lotissements, construire sur le pourtour de Paris des tours écologiques mêlant bureaux, logements, commerces et services de proximité, édifier de grands parkings aux portes de Paris.

Un tarif élevé dissuade et rapporte peu ; un tarif faible est peu dissuasif mais très rentable. Etendre le péage urbain à toute l’Ile-de-France lui permettra de jouer sur la capitale un rôle de dissuasion et ailleurs de contribuer au financement des transports alternatifs : infrastructures de contournement de Paris et jonction des futurs centres névralgiques, automatisation des métros, augmentation des cadences de bus, création de vraies voies cyclables.

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