"Une culture nouvelle à acquérir"

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE MONDE | 09.09.09

Yves Jego, député (UMP) de Seine-et-Marne

Vous avez créé en 2005 une association de maires pour promouvoir l'accession sociale à la propriété. Est-ce réalisable alors que les prix ont plus que doublé entre 1997 et la mi-2008 ?

C'est une difficulté, en effet, qui a d'ailleurs contribué à freiner la diffusion de la "maison à 100 000 euros". Mais avec un peu d'imagination et du volontarisme, l'objectif est tenable, pour peu qu'il soit poursuivi durant deux quinquennats. Il faudrait par exemple appliquer le taux de TVA réduit à tous les logements acquis par des familles modestes - et non pas restreindre cet avantage à certaines opérations d'accession sociale.

Des allégements fiscaux sont-ils envisageables au moment où le déficit budgétaire dérape ?

Ce que l'Etat perdra d'un côté, il le regagnera de l'autre, car en soutenant l'accession à la propriété, il stimule la construction, ce qui crée de l'activité, des emplois et de nouvelles recettes fiscales. En outre, si les ménages à petits revenus sont plus nombreux à pouvoir acheter leur résidence principale, les besoins en logements sociaux seront moins importants.

Pourquoi mettre l'accent sur l'accession alors que la demande de logements locatifs est loin d'être satisfaite ?

Aujourd'hui, il est possible de devenir propriétaire en payant l'équivalent d'un loyer. Des dispositifs existent déjà, comme le prêt social location-accession. Reste à leur donner plus d'ampleur. C'est une culture nouvelle à acquérir. Il n'y a pas d'un côté les HLM pour les pauvres et de l'autre l'accession pour les riches. La question n'est pas seulement d'imposer aux communes 20 % de logements sociaux sur leur territoire. Elle est aussi de faire en sorte que chaque municipalité accueille des populations ayant de faibles ressources.

Ne favorise-t-on pas ainsi le développement de la maison individuelle et l'étalement urbain ?

L'écueil peut être évité si l'on autorise des politiques de densification urbaine. Le fait d'avoir étendu le "Pass foncier" aux logements collectifs constitue également une piste intéressante. Tout cela montre que l'accession ne rime pas forcément avec pavillon.

En cas de chômage, il est plus difficile de changer de région pour trouver un emploi si l'on est propriétaire...

En cas de licenciement ou d'accident de la vie, le logement pourrait être repris par un organisme sans que cela fasse perdre de l'argent à la personne concernée. Le bien pourrait ensuite être reloué. Des solutions offrant la même souplesse que le statut de locataire ne sont pas une utopie.

Propos recueillis par Bertrand Bissuel
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