En lle-de-France, la candidature de Cécile Duflot trouble le match Huchon-Pécresse

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE MONDE | 12.09.09

Lcampagne sera rock'n roll !", foi de Jean-Paul Huchon. En Ile-de-France, on s'attendait, pour les élections régionales de mars 2010, à un affrontement classique entre deux chefs de guerre : face au président socialiste sortant du conseil régional, M. Huchon, Valérie Pécresse, la ministre de l'enseignement supérieur. C'eût été un simple décalque des régionales de 2004. Il y a six ans, le candidat UMP, Jean-François Copé, était membre du gouvernement, et M. Huchon, président sortant, briguait un deuxième mandat. Mais depuis quelques semaines, une petite tornade verte menace de tout bouleverser : Cécile Duflot, la patronne des Verts va conduire la campagne des écologistes, qui ont choisi de se présenter de façon autonome. M. Huchon est embarrassé, car la chef de file des Verts symbolise l'excellent score d'Europe-Ecologie aux européennes (16,3 %). Elle pourrait donner envie aux électeurs de transformer l'essai en lui confiant, comme elle le souhaite, "les clés" de l'Ile-de-France. De son côté Mme Pécresse ne peut plus se prévaloir d'incarner, à elle seule, la jeunesse, la féminité et le renouveau. "Il est probable qu'on aura un combat de femmes Duflot, Pécresse et Anne Hidalgo (tête de liste PS à Paris) ",pronostique M. Copé, président du comité de soutien de Mme Pécresse, qui lance sa campagne dimanche 13 septembre.

Pourtant, qui connaît la jeune conseillère municipale (Verts) de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) ? "J'ai dîné une fois pendant les municipales de 2008 avec elle et son bébé, qu'elle allaitait à table", se souvient M. Huchon. Il ajoute : "Le soir des européennes, elle m'a appelé - ce que j'ai trouvé très convenable - pour me prévenir que les Verts ne mèneraient pas une campagne mutilante pour le PS aux régionales." M. Huchon se veut "cool" : "Je ne vois vraiment pas pourquoi je serais gêné d'avoir des femmes en face de moi. On s'est battus pendant des années pour qu'elles aient les mêmes chances que les hommes en politique."

Sur son bilan, M. Huchon nous confie qu'il "ne se sent pas pris en faute" à l'égard des Verts : "Nous avons gouverné pendant dix ans sans désaccord. J'ai des relations de convivialité avec eux. Ils ne se présentent pas contre moi. Mais pour infléchir encore davantage si c'est possible le projet de société de la gauche."

Parmi les proches de Mme Pécresse, on perçoit Mme Duflot comme une "candidate sérieuse"dont on salue la "spontanéité". Mais c'est pour mieux la railler : "Elle est jeune, certes, mais elle a aussi tous les stéréotypes du passé", grincePatrick Dray, directeur de campagne de la ministre qui reproche aux Verts de défendre une thématique "anti-croissance" alors qu'à l'UMP"l'écologie se conjugue avec croissance". "La nouveauté, de cette campagne, renchérit M. Copé, ce n'est pas Duflot, c'est que la droite aux niveaux national et régional porte enfin un discours et une politique écologiste."

L'UMP régionale veut s'en convaincre : "Lacandidature Duflot est un problème pour Huchon, pas pour nous." N'étant pas conseillère régionale sortante, "Duflot sera encore moins comptable du bilan commun de la majorité Verts-PS, et pourra se permettre de se montrer plus critique vis-à-vis d'Huchon", analyseFrédéric Valletoux, porte-parole de MmePécresse.

La réponse des Verts tient en deux phrases avancées par Jean-Vincent Placé, patron du groupe écologiste à la Région : "Travailler avec le PS, c'est difficile ; avec l'UMP on ne peut rien faire !"

Béatrice Jérôme 

 DÉJÀ CINQ CANDIDATS POTENTIELS

Six mois avant le scrutin de mars, les candidats à la présidence de la région Ile-de-France se bousculent. Face à Valérie Pécresse, désignée en mars par l'UMP, Jean-Paul Huchon (PS) a annoncé, le 7 septembre, son intention de briguer un troisième mandat à la tête de l'exécutif régional. Il devrait être adoubé par les militants PS le 1er octobre. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a pris la tête des écologistes qui présenteront pour la première fois des listes autonomes. Le député (PCF) de Seine-Saint-Denis, Patrick Braouezec, se dit "prêt" à conduire une liste du Front de gauche. A droite, André Santini, tête de liste UDF en 2004, prépare sa campagne sous l'étiquette du Nouveau Centre. Le MoDem pourrait aussi concourir sous ses propres couleurs.

Publié dans Régionales 2010 IDF

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