Pécresse part à l'assaut de l'Ile-de-France

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 14/09/09 I Sophie de Ravinel

La ministre de l'Enseignement supérieur a officiellement lancé, dimanche, sa campagne électorale.

Longue tunique et pantalon court en lin blanc, Valérie Pécresse embrasse du geste les quelque trois mille militants présents. Sous les fines voûtes de béton de la halle Freyssinet, lieu parisien branché, prisé des couturiers pour leurs défilés, la candidate UMP aux régionales en Ile-de-France est acclamée au rythme de la musique du DJ David Vendetta. Ambiance Ibiza pour le premier grand discours de campagne.

Avant elle, dans ce vaisseau du XIIIe arrondissement, chef-d'œuvre du patrimoine industriel et ferroviaire, Xavier Bertrand a souligné combien «cette région n'est pas une région comme une autre, cette candidate n'est pas une candidate comme une autre». Valérie Pécresse «incarne la modernité», elle est aussi la ministre de l'Enseignement supérieur «qui sait ne pas céder devant les agitateurs» et qui a «mis en place l'autonomie des universités».

Jean-François Copé, patron des députés UMP, président de son comité de soutien, a vanté sa «détermination», sa «solidité» et sa «créativité». Dimanche, l'objectif, plus que de discourir, était de montrer «la famille» de la majorité présidentielle «totalement rassemblée». Un point souligné par Xavier Bertrand, patron de l'UMP, exceptionnellement présent aux côtés de Copé. Et pourtant, le Nouveau Centre francilien était ostensiblement absent. Le parti centriste voudrait en effet conduire une liste autonome. Jusqu'à nouvel ordre. Responsable de la campagne Internet de Valérie Pécresse, l'ancien porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, le promet : «On va trouver un accord dans les prochaines semaines, il y aura des surprises.»

 

«Écologie positive»

Devant son auditoire, Pécresse est partie vent debout contre le président sortant PS, Jean-Paul Huchon, candidat pour un troisième mandat. «Mes amis, leur a-t-elle confié, ceux qui protègent les Franciliens contre la crise, c'est nous ! Pas la région. Elle se contente au mieux d'en parler. Et au pire de freiner.» S'attaquant aux transports, première préoccupation des habitants, la candidate a égrené les doléances : «trop vieux, trop lents, trop sales…». Elle a promis «des rames dignes de ce nom (…) la régularité» mais aussi «la sécurité, première des libertés».

Prônant une politique du logement ambitieuse, elle a lancé : «Libérons Tanguy !» en référence au film d'Étienne Chatiliez dans lequel un jeune ne parvient pas à quitter le domicile familial. Au cœur de son long discours, la ministre a placé «l'écologie positive, la vraie, celle qui nous fait avancer» et «non pas celle qui prêche la décroissance et le retour en arrière». Une préoccupation du gouvernement Fillon dont la ministre compte bénéficier. En marge, Pécresse l'a précisé, elle ne veut pas que l'écologie se transforme «en stratégie politique». Elle veut fonder le débat «sur les idées». Certaines ont été débattues, dimanche, dans un des quatre ateliers de campagne. Le plus fréquenté étant celui sur la crise, présidé par la ministre des Sports et porte-parole de la campagne, Rama Yade. Un autre, sur le Grand Paris, projet porté par le président Sarkozy, a lui aussi attiré les militants alors que le projet de loi est dénoncé par la gauche francilienne..

Sur scène, Jean-François Copé, candidat en 2004, lui a lancé ce conseil : «Il faut que tu fonces. Dès maintenant, sans te retourner. N'écoute pas ceux qui te disent d'attendre la dernière heure.» Des conseils ne reflétant pas forcément ceux de Sarkozy, soucieux de voir ses ministres ne pas partir trop tôt en campagne. Pendant ce temps, dimanche, Jean-Paul Huchon débattait lui aussi sur les transports, mais à la Fête de l'Huma. Lui aussi soigne sa campagne.


Publié dans Régionales 2010 IDF

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