Grand Paris : plus de 40 000 policiers mobilisés

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 14/09/09 I Christophe Cornevin

Placée sous l'autorité du préfet Michel Gaudin, une nouvelle direction opérationnelle va traquer la délinquance sur Paris et la petite couronne.

Au terme de longs mois de gestation, le policier parisien nouveau format voit le jour ce lundi. À la différence de son prédécesseur, il pourra s'émanciper de ses vieux carcans territoriaux pour élargir son champ d'action à l'échelle d'un bassin englobant Paris, mais aussi les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

Sa mission ? Combattre à la racine une délinquance de plus en plus rugueuse, mouvante, qui se joue des frontières du périphérique. «Nous avons remarqué des similitudes de délinquance entre le XIIIe arrondissement et la commune limitrophe de Vitry ; entre le XIVe arrondissement et sa voisine d'Issy-les-Moulineaux ; le XVIIe et Levallois-Perret ou encore les XIXe ou XXe et Aubervilliers, Bagnolet ou Saint-Ouen, confie au Figaro Alain Gardère, le patron de la nouvelle Direction de sécurité de proximité de Paris qui, avec 26 000 hommes, est la plus impressionnante unité territoriale jamais mise à la disposition d'une agglomération européenne. Dans ces secteurs, les voyous se connaissent, fréquentent les mêmes halls de cités, les mêmes lycées, volent et cassent de chaque bord du périphérique.» Mutualiser les forces de police au niveau de l'agglomération devrait optimiser les résultats. Ainsi, les gangs de pickpockets et de cambrioleurs dont les déplacements épousent les lignes de banlieue ou encore les voleurs à l'arraché qui traversent les départements pour piocher dans les sacs à main des quartiers chics de la capitale vont faire l'objet d'un traitement de choc.

 

Mutualiser les forces

Au cours des sept premiers mois de l'année, seules 43 % des personnes mises en cause dans les vingt arrondissements sont originaires de la capitale. Environ 20 % d'entre eux proviennent de la proche banlieue - et en particulier de Seine-Saint-Denis dans un cas sur deux - et 10 % de la grande couronne. Le reste étant composé d'individus débarquant de province, de l'étranger ou sans domicile connu. Autant dire que Paris importe donc plus de la moitié de ses délinquants ! La volonté de mutualiser l'action policière sur une zone urbaine aussi dense, abritant 6,4 millions d'habitants, est impérieuse. D'une portée historique, elle s'inscrit dans le droit-fil de la création d'un Service régional de la police des transports (SRPT) en 2004. Inaugurée lundi par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, la police du futur Grand Paris sera forte de 45 870 hommes ventilés dans 87 commissariats.

Appelée de ses vœux par Nicolas Sarkozy et placée sous l'autorité unique du préfet Michel Gaudin, la réforme va notamment permettre à la PJ parisienne d'implanter des groupes spécialisés dans les cités sensibles où se retranchent les caïds. Et à la nouvelle Direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP) de déployer ses antennes en banlieue pour affiner sa connaissance des bandes et ses prévisions en matière d'ordre public, sachant que 60 % des manifestants à Paris d'origine francilienne sont issus de la petite et grande couronne. Mais cette police grand format va se manifester par une répression sans précédent contre la petite et moyenne délinquance qui empoisonne le quotidien. C'est le rôle fixé à la Direction de sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) du nouvel homme fort Alain Gardère. Elle regroupe l'ex-Police urbaine de proximité de Paris ainsi que les Sécurités publiques des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

 

Géolocaliser les patrouilles

Au deuxième étage de la Préfecture de police sur l'île de la Cité, une salle d'état-major interdépartemental ultramoderne centralise déjà les flux de délinquance en temps réel. Des murs d'écrans plats diffusent des images de quais, de stations et de rames envoyées par quelque 13 000 caméras de vidéosurveillance de la RATP et de la SNCF. Devant des bureaux encombrés d'ordinateurs, une vingtaine d'officiers peuvent repérer le moindre incident à distance, «filer» une bande suspecte et géolocaliser les patrouilles les plus proches en un simple clic pour organiser un comité d'accueil dans Paris. Pas moins d'une douzaine de fréquences radios complètent l'information de ce central nerveux.

Enfin, la nouvelle Direction de sécurité de proximité aura un redoutable atout : disposer, pour la première fois, d'une «réserve de protection» forte de 1 200 policiers spécialisés en anticriminalité, intervention et sécurisation pour les projeter en un temps record dans n'importe quel quartier en proie aux bandes et aux trafics. Ils seront prépositionnés jour et nuit dans les bassins de délinquance à problème, aux horaires d'activités les plus critiques. «Nous voulons que la population bénéficie du même niveau de protection, où qu'elle se trouve, sans jamais dégarnir Paris», précise-t-on à la Préfecture de police. Une façon de décliner sur le terrain le mot d'ordre de Brice Hortefeux : «La sécurité partout et pour tous».

Publié dans Banlieues - Sécurité

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