Impôts locaux : l'UMP tonne contre le PS.

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 23/09/09 I Guillaume Perrault

Le parti présidentiel dénonce la gestion des régions par la gauche.

Les impôts locaux ont flambé depuis 2004 : à qui la faute ? L'UMP, qui présentait mercredi le «livre noir des régions socialistes», en impute la responsabilité à la gauche, qui gère 20 des 22 régions françaises. Les présidents de régions PS et leurs adjoints Verts et communistes ripostent en mettant en cause les «transferts de charges de l'État non compensés» et relativisent l'aggravation de la pression fiscale. Le sujet promet des belles empoignades d'ici aux élections régionales de mars, où la droite espère reconquérir sept présidences.

«Les présidents de régions PS ont augmenté leurs impôts de plus de 35 % en moyenne depuis 2004, accuse Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil d'Ile-de-France. Les contribuables leur doivent un prélèvement supplémentaire de 2 milliards d'euros par an !» Des hausses très fortes ont été décidées par les conseils régionaux après les élections de 2004 (+21 % en moyenne en 2005). L'escalade s'est poursuivie en 2006, mais dans une moindre mesure (+7,5 % en moyenne). Les années suivantes, à mesure que l'échéance des régionales de mars 2010 se rapprochait, les impôts régionaux ont augmenté plus légèrement ou sont restés stables.

L'ampleur de la flambée fiscale varie beaucoup d'une région à l'autre. Selon l'UMP, en six ans, Languedoc-Roussillon a augmenté sa taxe foncière et sa taxe professionnelle - respectivement payées par les propriétaires d'un logement et par les entreprises- de 91 % et 90 %. L'Auvergne aurait augmenté de 71 % tant la taxe foncière que la taxe professionnelle. Et le contribuable bourguignon aurait vu ces deux impôts faire un bond respectif de 60 % et 86 %.

Les automobilistes ne sont pas épargnés. La taxe sur les cartes grises aurait grimpé de 59 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur en six ans. Selon le parti présidentiel, pour la seule année 2006, les automobilistes d'Ile-de-France ont dû payer de 50 à 150 euros de plus pour acheter leur carte grise. Quelques régions gérées par la gauche, en revanche, ont connu des augmentations plus modérées. Les propriétaires de logement de Haute-Normandie n'auraient vu leur taxe foncière croître que de 10 % en six ans. Et, en Poitou-Charentes, Ségolène Royal a pris soin de n'augmenter les deux principaux impôts régionaux que de 12 % et 16 %.

L'UMP se plaît à épingler certains exemples de clientélisme ou de dépenses contestables. On apprend ainsi que le conseil régional d'Ile-de-France a cru devoir consacrer 15 000 € au financement d'un emploi tremplin d'un «phonothécaire» à l'Institut CGT d'histoire sociale et 6 480 € au financement d'une thèse sur «La nécrophilie au XIXe siècle : réalités et fantasmes». L'auteur d'un projet de recherche sur «Les plantes médicinales et les savoirs ancestraux au Chili» s'est vu octroyer 10 000 €. Et les budgets de communication flambent souvent, tel celui de la Lorraine, qui aurait crû de plus de 56 % depuis 2004.

Autant d'arguments «démagogiques et scandaleux», à en croire Alain Rousset, président PS de l'Association des régions de France. «Les régions n'existent que depuis vingt-trois ans et la fiscalité régionale ne représente que 5 % des impôts locaux, argumente le président de la région Aquitaine. Pour obtenir la même somme, une commune peut se contenter de relever ses taux de 2 % et un département de 4 %, alors qu'une région doit les accroître de 20 %.» Georges Frêche, président PS de Languedoc-Roussillon, se plaît pour sa part à souligner que ses «hausses d'impôts restent faibles en valeur absolue. Elles représentent l'équivalent de quelques paquets de cigarettes» .

Tous les présidents de régions PS mettent en cause le «désengagement de l'État». Et l'UMP rétorque que l'État paye une partie des impôts décidés par les régions en raison des exonérations et dégrèvements accordés à de nombreux contribuables… Une campagne régionale animée en perspective.

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