[93] A Saint-Denis, le quartier de la gare veut oublier le crack

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE PARISIEN 27/09/09 I Nathalie Perrier

Après la venue du ministre de l’Intérieur, le 15 septembre, et l’arrivée de renforts policiers, les dealers ont déserté ce quartier. Les habitants, qui faisaient la fête ce week-end, sont soulagés.

Accoudés aux barrières des berges du canal, là où il y a seulement quinze jours les dealers vendaient du crack, les habitants de la gare dégustent un thé à la menthe à l’occasion de la fête de quartier, en rêvant enfin d’un avenir meilleur. Douze jours seulement après la visite du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux—qui s’était rendu à Saint-Denis le soir du 15 septembre à la suite de la parution dans nos colonnes d’un reportage intitulé « Plongée au cœur du  de la drogue » —, le supermarché de la drogue qui minait depuis un an et demi la vie des habitants n’existe plus.

« Pour la première fois, ce quartier est à nouveau à nous. Enfin on respire », commente, soulagée, Samira, de l’association de riverains Sans crier gare.

La police a investi les lieux

Dès le lendemain de la visite du ministre, les forces de l’ordre ont investi en nombre le quartier. Conformément aux annonces du préfet de police du Grand , les effectifs parisiens sont venus prêter main-forte aux effectifs locaux, ce qui a permis de nombreuses arrestations et un véritable « nettoyage ». « On n’avait jamais vu autant d’uniformes ici, confirme Eric, un habitant. Sur le parvis, les premiers soirs, il y avait au moins une dizaine de voitures ! Maintenant, quand on fait le 17, on ne s’entend plus répondre : Désolé, nous n’avons plus de voitures disponibles. Ils viennent tout de suite. » L’antenne de police quant à elle sera ouverte sept jours sur sept dès le 1er octobre, et elle comptera cinquante policiers supplémentaires.
De fait, en quelques jours, le quartier a changé de visage. Les « pousse debout », comme les surnommaient les habitants, ne tiennent plus les murs. Les berges, jusque-là squattées par les prostituées et les toxicomanes, sont désertes. Seuls quelques consommateurs errent encore dans les rues, l’air plus perdu que jamais.

Le trafic s’est déplacé

Car c’est là l’effet pervers de cette vaste politique de répression : le trafic a essaimé ailleurs, à Saint-Denis, mais aussi dans des communes voisines, à Pierrefitte ou Villeneuve-la- Garenne (Hauts-de-Seine). S’il n’y a plus de trafic à ciel ouvert, on assiste désormais à des « ventes flash » :une vingtaine de toxicomanes, accompagnés de deux ou trois dealers, investissent un site où ils effectuent la transaction avant de se disperser.
Conscientes des limites de la répression, les autorités souhaitent désormais lamise enœuvre d’une politique de suivi des toxicomanes. Vendredi, la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) a annoncé la création d’ici à janvier d’un  d’accueil des toxicomanes.   

Publié dans 93 - Seine Saint Denis

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