Londres, terrain de chasse des PME françaises

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 28/09/09 I Charles Gautier, à Londres 

La capitale britannique joue la carte de l'en­tente cordiale, notamment avec les entreprises françaises. Crédits photo : Le Figaro

En 2008-2009, 101 projets français ont vu le jour à Londres, créant 2.765 emplois outre-Manche.

Capitale de la finance européenne, affectée par la crise, Londres joue la carte de l'en­tente cordiale. Elle s'efforce dé­sormais d'attirer les entrepreneurs, notamment français. En 2008-2009, ils ont développé 101 projets créant du même coup 2.765 emplois. Loin derrière les Américains (621 projets) mais proche des Indiens à l'origine de 108 projets. «Les dé­parts des Français issus de la finance ont été compensés par les nouveaux arrivants, dont beaucoup d'entrepreneurs», explique Henri Baïssas, di­recteur de la mission économique de l'ambassade de France. D'ailleurs, avec 250.000 ressortissants «tricolores», Londres est aujourd'hui la septième ville française. Sorte de Californie urbaine à por­tée d'Eu­rostar, Londres exerce un fort pouvoir d'attraction. Marché à part entière pour le high-tech, la mode ou la gastronomie, Londres est aussi un passage obligé pour d'au­tres horizons.

«Sa culture est à mi-chemin des États-Unis et de l'Europe», explique Benoît Gourdon, fondateur et responsable Europe de Neolane, éditeur de logiciels sophistiqués pour le marketing. En Grande-Bretagne depuis 2005, le groupe s'y épanouit. «L'entreprise est devenue plus perméable aux autres cultures, poursuit Benoît Gourdon, et contrairement à la France, en Angleterre, on a le droit de se tromper et de recommencer».

Récemment débarqué à Londres avec l'aide d'UK Trade & Investment, émanation de l'ambassade de Grande-Bretagne en France, le loueur pour traiteurs Options veut s'imposer dans l'univers londonien des services. «La chute de la livre a diminué le coût de notre implantation», explique Christophe Dessaigne, directeur de la filiale de l'entreprise fondée par Jacques Poinsot. «Les coûts de l'immobilier dans la banlieue de Londres ont un peu baissé, rappelle-t-il. Autre avantage: ici on peut créer une entreprise en quelques jours seulement».

 

Jeux olympiques en vue

Si des sociétés telles que le partenariat public privé Think London facilitent l'arrivée à Londres en procurant l'assistance nécessaire, la situation peut toutefois se compliquer subitement. «Nous avons attendu neuf mois l'ouverture de notre compte en banque, explique Olivier Gentil, directeur financier du groupe, il faut notamment s'entourer d'avocats pour les baux locatifs et éviter les ennuis lors de leurs renouvellements».

Autre obligation: embaucher des locaux ! «Au début, nous avons commis l'erreur d'être 100 % français, explique François Bergerault, patron de l'Atelier des Chefs (cours de cuisine), des salariés britanniques permettent de mieux aborder la culture et d'éviter les approximations en anglais qui peuvent être fâcheuses». Les entreprises comptent enfin profiter de la dynamique qui sera créée par un événement de portée mondiale: les Jeux olympiques qui devraient déverser en 2012 des milliards sur l'économie de la ville.

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