Le grand écart entre les villes vertueuses et les autres

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE FIGARO 28/09/09 I C. C. 

A Paris, 2009 sera une année noire.

La hausse moyenne de 6,1% des impôts locaux cache en fait de grandes disparités entre les villes. L'observatoire du Forum pour la gestion des villes a estimé le montant des impôts locaux payés par un ménage de deux enfants avec un revenu moyen. Cette facture prend en compte à la fois la hausse des taux décidée par les élus locaux et l'augmentation, fixée par le gouvernement, des bases locatives (elles représentent la valeur théorique du logement retenue dans le calcul des impôts locaux). Verdict : à Paris, 2009 sera une année noire. Le ménage type verra sa facture de taxe d'habitation grimper de 11,7%. Mais ce n'est rien comparé au matraquage que vont subir les propriétaires, avec une envolée de la taxe foncière de 47% ! Il faut dire que cette année, le département de Paris, qui recoupe les limites de la ville, a eu la bonne idée d'instaurer pour la première fois une taxe foncière… Seul bémol, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui est incluse dans la même facture, progresse moins. Mais au total, la note est salée. « Pour mon appartement de 123 mètres carrés à Paris. Mes taxes vont passer de 802 euros en 2008 à 1 029 euros en 2009 », s'insurge un contribuable parisien.

 

Les habitants d'Aix, Toulon et Reims épargnés

 

Les impôts locaux restent malgré tout plus faibles dans la capitale que dans les autres villes françaises. Pour un ménage de deux enfants de revenu moyen, la taxe d'habitation sera de 395 euros cette année et la taxe foncière de 552 euros. Le même foyer payera 1 164 euros de taxe d'habitation dans la ville de Nîmes, record des communes françaises de plus de 100 000 habitants. Par ailleurs, ce sont les Niçois qui cette année subiront la plus forte hausse de la taxe d'habitation (+ 17,7%).

Quant aux propriétaires, ils verront leur taxe foncière augmenter de 16,5%. Une hausse que l'actuelle municipalité, dirigée par l'UMP Christian Estrosi, justifie par les charges laissées par l'équipe précédente. Deux autres villes suivent ensuite dans le palmarès des plus fortes hausses des impôts locaux : Argenteuil et Grenoble. À Nantes, la municipalité socialiste a décidé de privilégier les locataires : la taxe d'habitation d'un ménage de deux enfants va baisser de 5% cette année, tandis que la taxe foncière augmentera de 14,3%.

Le plus frappant est finalement le faible nombre de municipalités qui ont décidé d'épargner leurs administrés. Parmi les villes de plus de 100 000 habitants, seuls Aix-en-Provence, Toulon et Reims ne relèveront leur taux ni sur la taxe foncière ni sur la taxe d'habitation. Les deux premières sont de droite et la troisième, socialiste. 

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