[Régionales] Cécile Duflot, l’«écolo populo» turbo

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LIBERATION 28/09/09 I Par MATTHIEU ECOIFFIER

La jeune secrétaire nationale des Verts a fait une rapide ascension.

«Je n’ai pas de plan de carrière, je fais tout l’air de rien»,confie Cécile Duflot dans un café de Villeneuve-Saint-Georges, commune du Val-de-Marne dont elle est élue. Devant la gare du RER D, aucun passage piéton mais une file ininterrompue de voitures «avec un seul automobiliste dedans», regrette-t-elle. En mars prochain Duflot se verrait bien devenir, à 34 ans, la première présidente d’une «éco-région». La Ségolène verte de la région capitale. Dans l’ombre de Dany Cohn-Bendit, José Bové et Eva Joly, pendant la campagne des européennes, la secrétaire nationale des Verts est aujourd’hui en première ligne. La voilà même estampillée nouvelle star de la rentrée politique, avec baptême du feu chez Ruquier le samedi soir. «Elle se voit comme trop banale», note un proche. Qui ajoute : «Mais elle a un certain culot.»

En 2006, venue de l’aile gauche des Verts, elle était inconnue et déjà candidate aux primaires de son parti pour la présidentielle. Résultat : 23 % face aux duos d’anciens, Dominique Voynet et Yves Cochet. Elle s’est ensuite faufilée à la tête du parti écologiste «par un accord d’appareil», rappelle son complice Jean-Vincent Placé, patron des Verts au conseil régional d’Ile-de-France. Derrière la nouvelle coqueluche des médias se cache une subtile apparatchik. La seule à connaître par cœur les statuts tortueux des Verts, qu’elle a d’ailleurs réussi à simplifier.

Ces deux dernières années, «Cécile est passée du statut de gentille animatrice des Verts à celui de leader écolo», martèle son entourage. Et se découvre une âme de leader, «maîtresse d’école quand il le faut», observe un élu francilien. Invitée à l’université d’été du PS de La Rochelle fin août, elle adjure les socialistes d’abandonner leurs «fétiches hérités de la révolution industrielle». Reçue début septembre à l’Elysée par Nicolas Sarkozy, elle négocie «pied à pied le montant de la tonne de carbone», raconte-t-elle. «Il ne faut pas que vous soyez intégristes», finit par s’énerver le Président. «On n’est pas intégristes, on est écologistes», réplique-t-elle.

Quand Emile, son fils de 12 ans a aperçu la table à repasser dans le salon du pavillon qu’elle partage avec ses quatre enfants et son compagnon, il s’est gondolé : «Maman t’as repassé ta gabardine pour voir Sarko !» De quoi, dit-elle, rester les pieds sur ses terres de banlieue.

Elevée à la cité de Montereau (Seine-et-Marne), Duflot se présente comme «la fille de banlieue», qui, adolescente, «portait des chaussures à talons plateformes». Une «écolo populo» face à Huchon le «socialo techno» ? N’empêche, avant de briguer la tête de liste aux régionales, Duflot (cadre dans un organisme de 1% logement) s’est longtemps tâtée : «Je prends un risque personnel. Cela montre que je crois au projet écolo.» Elle a beaucoup échangé notamment avec Voynet. «En tant que chef de parti, c’est logique qu’elle affronte le suffrage universel», confirme la maire de Montreuil. Malgré quelques interrogations de Cohn-Bendit - «fera-t-elle le poids?» - la tribu Europe-Ecologie l’a adoubée : «Cécile représente le rassemblement écolo, elle avait des réticences au départ mais elle a joué le jeu», dit l’eurodéputé Yannick Jadot.

«Elle est extrêmement intelligente, dirige un parti politique depuis trois ans. Elle a fait l’Essec, bosse depuis dix ans: qu’on ne nous dise pas qu’elle n’est pas capable de gérer une région», s’énerve un proche. «Depuis que ma candidature est publique, personne ne m’a dit : ça va pas la tête !», observe l’intéressée. Qui souligne à propos de son jeune âge : «Faut arrêter, Elisabeth II a été reine à 22 ans !» 

Publié dans Régionales 2010 IDF

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