Une étude montre la discrimination à l'embauche de serveurs en Ile-de-France

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I AFP 29/09/09

Les candidats à des postes de serveurs en Ile-de-France ont moins de chances d'obtenir un entretien d'embauche s'ils ont un nom à consonance marocaine et s'ils viennent d'une commune défavorisée, montre une étude de la Dares, réalisée fin 2006 et rendue publique mardi. "Ce testing confirme l'existence d'une discrimination à l'embauche à l'encontre des candidats d'origine marocaine; plus que la nationalité, la consonance marocaine du prénom et du nom sont des facteurs de discrimination, en particulier pour les serveurs qualifiés", indique l'étude des services du ministère de l'Emploi. Les candidats de nationalité française ayant un nom et un prénom français ont ainsi 2,8 fois plus de chances d'être reçus en entretien que des candidats de nationalité française ayant un nom et un prénom d'origine marocaine, ont établi les chercheurs à partir de huit profils fictifs de candidats répondant à 119 offres d'emplois de différents postes de serveurs. Les chances d'être convoqué à un entretien sont même 3,5 fois plus élevées face à un candidat au patronyme marocain ayant aussi la nationalité marocaine. L'étude souligne également que "les effets liés au nom et au prénom dépendent toutefois du niveau de qualification du candidat et du poste visé": la discrimination est marqué pour un candidat ayant un baccalauréat professionnel, mais non significatif s'il n'a qu'un BEP. "Résider dans une commune réputée défavorisée est un facteur de discrimination", poursuivent les chercheurs, en soulignant que "cet effet est plus important lorsque les candidats sont qualifiés". L'étude a intégré des communes de Seine-Saint-Denis (Bobigny, Stains, Bondy, Epinay-sur-Seine) et du Val-de-Marne (La Varenne-Saint-Hilaire, Nogent-sur-Marne, Champigny-sur-Marne). Enfin, les chercheurs de la Dares soulignent que "les candidats d'origine marocaine sont davantage convoqués à des entretiens en moyenne lorsqu'ils postulent à des offres d'emploi diffusées par l'ANPE" (devenue Pôle Emploi). Ils expliquent que les entreprises tendant à discriminer recourent moins fréquemment à l'opérateur du service public de l'emploi, qui affiche une politique de non-discrimination. 

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