[Régionales] Pollution : Pécresse tape dur et vise mal

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LIBERATION 29/09/09 I Par CÉDRIC MATHIOT

«Le plan de transport a aggravé la pollution de manière considérable à Paris.»

Valérie Pécresse le 7 septembre sur Radio Classique

INTOX La campagne des régionales est partie. Lancée dans la quête de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (UMP) cogne à bras raccourcis sur l’immobilisme du président socialiste sortant, Jean-Paul Huchon. Au passage, la ministre de l’Enseignement supérieur glissait même, le 7 septembre, sur Radio Classique, une petite baffe au maire de la capitale, Bertrand Delanoë : «Le plan de transport a aggravé la pollution de manière considérable à Paris.»

DESINTOX Axe majeur de la majorité PS-Verts de la ville de Paris, l’environnement est-il un échec de l’équipe municipale ? Les attaques de Valérie Pécresse font écho à celles de Françoise de Panafieu (UMP), qui avait largement cogné sur le bilan vert de l’équipe Delanoë lors de la dernière campagne des municipales. A en croire la candidate déclarée, la pollution a Paris a donc«considérablement cru» du fait de la politique municipale. Interrogée par Libération, l’équipe de Pécresse justifie les déclarations de la candidate par la multiplication des deux roues et des camions de livraison dans la capitale. De quoi générer une «aggravation considérable de la pollution» ? La ministre est démentie par Airparif. L’organisme en charge de la surveillance de la qualité de l’air francilien avait publié en 2007 une étude précisément dédiée à l’impact de la politique municipale sur la qualité de l’air entre 2002 et 2007. On y lit effectivement que le trafic des deux roues motorisées et des véhicules de livraison a progressé (+ 25%, alors que le trafic de voitures particulières a chuté de 15%), mais pour le reste, l’enquête livre un verdict plutôt positif. Premier enseignement : les émissions (quantité d’oxyde d’azote rejeté par le trafic routier) dans Paris et sur le boulevard périphérique ont baissé entre 2002 et 2007 de 32%. Une chute due, en majorité, à l’amélioration des véhicules et au renouvellement du parc (26% sur les 32%), le reste (6%) étant«attribuables aux évolutions de circulation, essentiellement à la diminution du trafic». L’étude concluait aussi à une amélioration des concentrations de dioxyde d’azote, indicateur de pollution atmosphérique, produit par les véhicules. Alors que 900 kilomètres de voies ont été pris en compte, 140 kilomètres ont enregistré «une baisse très importante» des concentrations, 640 kilomètres «une baisse moyenne». Une centaine de kilomètres ont vu l’indicateur stagner, alors qu’une augmentation des niveaux de dioxyde d’azote a été constatée sur 20 kilomètres. En 2007, 440 kilomètres de voies respectaient la valeur limite (46 microgrammes par m3), contre 160 en 2002. On est loin d’une «aggravation considérable», même si cette baisse, qui s’est ralentie en 2008, demeure insuffisante au regard des normes qui entreront en vigueur en 2010 (40 microgrammes/m3).


 

Publié dans Régionales 2010 IDF

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