Fortes tensions au sein du gouvernement à propos du Grand Paris

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LE MONDE AVEC AFP 30/09/09

Le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, Christian Blanc, a manifesté, mercredi 30 septembre, au premier ministre, François Fillon, son profond désaccord sur le projet de loi final du Grand Paris, dossier dont il est en charge.

Récemment repris en main par le premier ministre, qui l'a modifié, le texte a fait l'objet d'un projet de loi transmis au Conseil d'Etat. Dans une lettre au chef du gouvernement datant de lundi, le secrétaire d'Etat, directement rattaché à François Fillon, estime avoir transmis à ce dernier, dimanche, "un produit fini" issu de la "consultation" qu'il a menée et d'une ultime réunion interministérielle qui a eu lieu vendredi 25 septembre. "Ma surprise fut donc grande, ce matin, de lire un texte transmis au Conseil d'Etat s'écartant de façon très substantielle des conclusions de la réunion interministérielle du 25 septembre et introduisant même dans le texte des dispositions – jamais discutées – portant atteinte à l'économie générale du projet de loi, au point de risquer de le rendre incohérent avec toute l'action que j'ai conduite depuis dix-huit mois", écrit M. Blanc.

"J'estime que le document transmis à votre cabinet (...) est le seul document qui puisse être transmis au Conseil d'Etat", poursuit M. Blanc, usant d'un ton rarement observé entre un secrétaire d'Etat et un premier ministre. "Je vous demanderai de surseoir à la transmission au Conseil du document amendé par votre cabinet sous sa seule responsabilité", conclut-il sèchement en ajoutant un "fidèlement" à la main, sous les formules de salutation d'usage.

TROIS POINTS DE DISCORDE

Christian Blanc, qui a transmis une copie de cette missive au secrétaire général de l'Elysée,Claude Guéant, liste "trois exemples concrets" de ce qu'il qualifie d'"écarts" par rapport à sa version. Le premier concerne "le champ de la loi", qui porte, selon lui, "atteinte à la décentralisation dans le domaine des transports". Ensuite, sur "les procédures de consultation du public", il fait valoir que la rédaction finale "n'a fait l'objet d'aucune discussion préalable"Enfin, le secrétaire d'Etat regrette que ne figure pas dans le texte "la clarification de l'articulation du rôle de la société du Grand Paris et des compétences du préfet de région".

Selon des proches de François Fillon, le premier ministre a immédiatement appelé son secrétaire d'Etat. Sans donner plus de précision sur la teneur de leur entretien, l'entourage de François Fillon a réaffirmé la position de celui-ci dans ce dossier. "Le texte qui a été transmis au Conseil d'Etat est celui qui a été arbitré par le premier ministre. C'est la règle."

Selon le directeur de cabinet de Christian Blanc, il n'y a "aucun désaccord entre François Fillon et Christian Blanc". Selon lui, le courrier envoyé au premier ministre "participe du jeu normal d'explications à l'intérieur d'un gouvernement"

Publié dans Actualité Grand Paris

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