Le Grand Paris devra-t-il passer au péage?

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LEXPRESS 15/09/09

Sur les 35 milliards que devrait coûter le plan transports pour l'Ile-de-France, il en manque toujours une dizaine selon Gilles Carrez, chargé de collecter la monnaie. Une des pistes consiste à faire payer les automobilistes franciliens aux portes de Paris.

La rentrée des classes est à peine sifflée que les devoirs commencent déjà à pleuvoir sur les élus franciliens. Au programme: des maths, des maths, et encore des maths. Le problème est le suivant: "Nicolas veut bâtir un système ambitieux de transports en Ile-de-France. Celui-ci coûte 35 milliards d'euros. 25 sont assurés. Comment trouver les 10 restants?"

A l'UMP, on a sorti le grand tableau noir et tout le monde y va de sa proposition: taxation des plus-values foncières générées par la présence de nouvelles infrastructures de transport, partenariat public-privé, augmentation du versement transport des entreprises et hausse du prix du billet,...

Bientôt de nouveaux péages en Ile-de-France?

Pour l'heure, ces pistes n'ont pas enregistré d'adhésion massive, et les idées continuent d'affluer. Il y en a une qui, encore l'année dernière, suscitait une opposition épidermique à droite, et qui, aujourd'hui, est débattu: le péage urbain.

L'idée défendue par les Verts parisiens depuis plusieurs années a trouvé écho côté UMP. Le conseiller de Paris Thierry Coudert a jugé dans les Echos que "sur l'espace du Grand Paris, on pourrait imaginer un péage de dissuasion pour l'hypercentre et un péage de financement des infrastructures sur le reste du territoire". Soit, de quoi résoudre deux problèmes d'un coup: les embouteillages intra-muros, et le financement des transports en Ile-de-France.

"Oui, le péage est une mesure équitable" - Yves Jégo

A LEXPRESS.fr, Yves Jégo explique que ce système "permettrait de limiter le nombre de voitures tout en dégageant des moyens financiers". Dans son livre Dictionnaire impertinent de l'Ile-de-France (éditions l'Archipel), l'élu attribue trois qualités au péage, dont "l'affectation d'une part des ressources au financement de la carte orange à 1 euro par jour sur tout le territoire de l'Ile-de-France". Avant de conclure: "Oui, le péage urbain est une mesure équitable au service du développement durable".

Cette idée a trouvé un autre soutien de poids. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, chargée de préparer le programme de Valérie Pécresse, tête de liste UMP en Ile-de-France pour les régionales, a dit travailler "sans tabou y compris sur des sujets comme le péage urbain", dans un entretien au Figaro.fr

A l'UMP, on semble aussi avancer sur l'idée. Sauf qu'à quelques mois d'un scrutin, on imagine mal se mettre à dos les automobilistes en leur réclamant de payer pour entrer dans la capitale. Du coup, tout est dans la nuance. David-Xavier Weiss, le M. Transports de l'UMP, est ainsi favorable au péage, mais, uniquement sur les futurs axes autoroutiers franciliens. Sachant que le Grenelle de l'environnement préconisait en 2007 le gel de la construction de nouvelles autoroutes, on se demande bien où s'installeront les futurs péagistes.

"Ne revenons pas au Moyen-age !"

David-Xavier Weïss ne voit pas le problème: "L'Ile-de-France a beau être une région gérée, en partie, par les Verts, on ne va pas revenir aux chemins en terre." Contrairement à la proposition de Thierry Coudert, l'élu UMP insiste sur le fait qu'il ne réclame pas un péage "à la Londonienne". En installant des guérites sur les futures autoroutes, il s'agit de faire payer les automobilistes pour les nouveaux équipements "et d'éviter de le faire pour ceux qui prennent le périph'. Je ne suis pas pour le rétablissement de l'octroi. Ne revenons pas au Moyen-Age !"

Le conducteur francilien n'est pas prêt de mettre la main à la poche pour entrer dans Paris. L'idée d'un péage urbain trace pourtant lentement son chemin, et qu'elle soit, ne serait-ce que débattue, par la droite, constitue déjà une avancée. Lors de la campagne des municipales, en 2008, Roger Karoutchi s'était violemment opposé à Denis Baupin, élu Verts à la mairie de Paris: "Il veut matraquer les Franciliens qui n'ont pas d'autres choix que d'emprunter les routes et autoroutes pour se rendre à leur travail." 


 

Publié dans Transports

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