Fadela Amara: "Pourquoi je veux rester"

Publié le par Association Grand Paris

PRESSE I LEXPRESS 30/09/09 I Par Marie Huret

Au nom de la mixité sociale, la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville défend son maintien dans le logement HLM que lui loue la ville de Paris.

Par lettre recommandée du 10 septembre, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) a demandé à Fadela Amara de résilier le bail de l'appartement de 55 mètres carrés qu'elle loue dans le XIIIe arrondissement. Sa qualité de ministre serait incompatible avec l'occupation d'un logement social. La secrétaire d'Etat à la Politique de la ville réplique dans L'Express.

La Régie immobilière de la Ville de Paris a demandé à Fadela Amara de résilier le bail de l'appartement de 55 mètres carrés qu'elle loue dans le XIIIe arrondissement.

Vous occupez un deux-pièces qui pourrait revenir à une famille modeste, pourquoi restez-vous?

Je n'ai pas honte de mon quartier ni de mes voisins. J'ai grandi dans un quartier populaire. Parce que je suis ministre, je devrais renier mes racines ? Dans l'immeuble, il y a un écrivain, une policière, des retraités, des Asiatiques, la France que j'aime, la République métissée. C'est justement parce que je défends la mixité sociale que je me dois de rester. Sur le principe, on peut en discuter, mais ce que je trouve fou dans cette histoire, c'est qu'on organise, de fait, des quartiers de riches et des quartiers de pauvres.

Vous avez les moyens de déménager...

Il m'a fallu trois ans pour obtenir ce logement HLM à l'époque où j'étais présidente de Ni putes ni soumises. En 2007, dès mon entrée au gouvernement, j'ai tenu à régulariser ma situation. Mes services ont envoyé un courrier à la RIVP dans lequel je proposais de payer un surloyer. Or, l'appartement étant à loyer libre, la loi ne le permet pas.

Que comptez-vous faire ?

J'ai répondu le 23 septembre au président de la RIVP. Cela ne sert à rien de jeter des noms en pâture. Mon exemple doit servir à engager un débat de fond sur la mixité dans le parc social. Il faut que le politique s'en saisisse : doit-on faire de la ségrégation sociale un principe dans l'attribution des logements ? Casser les ghettos, cela signifie les changer, non les fuir. 

Publié dans Logement - Immobilier

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